Quelques notions d'héraldique .



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L'écu :

C'est le support de votre blason. Il peut avoir plusieurs formes : la plus classique, qui découle de la forme du bouclier, est l'écu ancien en forme d'ogive renversée. On adoptera au XVIIe siècle l'écu dit moderne à base en forme d'accolade, plus facile à utiliser pour des compositions complexes. Un écu aux proportions harmonieuses doit avoir une hauteur équivalant à peu près aux 7/6 ou 8/7 de sa largeur. Il est très facile de construire un écu ancien avec seulement une règle graduée et un compas. Il suffit de partir de la largeur de l'écu et de suivre les indications
.


Les jeunes filles portaient souvent un écu en losange. Au XVIIIe siècle se répand la mode des écus ovales accolés pour figurer les armes d’un couple.

Les émaux :

On appelle ainsi les couleurs de l'écu. À partir de la fin du Moyen-Âge, les hérauts d’armes se sont plus à leur attribuer une valeur symbolique déterminée : par exemple, l'azur devient symbole de loyauté. Dans les faits, le choix des couleurs répond surtout à des critères de mode collective ou de goût individuel, voire de symbolique personnelle.

Les émaux sont, en France, au nombre de 9, répartis en :
* 5 couleurs : l'azur (1) (bleu), le gueules (2) (rouge), le sable (3) (noir), le sinople (4) (vert) et le pourpre (5)(violacé). (Pour représenter les parties visibles du corps humain, on utilise une couleur supplémentaire le carnation, couleur de la chair)

* 2 métaux : l'or (6) (jaune) et l'argent (7) (blanc).

* 2 fourrures : l'Hermine (8) formée de mouchetures de sable sur un fond d'argent, rappelant le pelage blanc avec le bout de la queue noir de ce mammifère (ce sont les armes de Bretagne) ; et le Vair (9), alternance de quot;clochettes" d'azur et de "pots" d'argent, stylisation de la fourrure du petit-gris, un écureuil de Russie à dos bleuâtre et ventre blanc. Couleurs
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Règle N° 1 : Les émaux ne s'emploient pas n'importe comment. On ne doit jamais superposer 2 métaux ou 2 couleurs ou 2 fourrures, car la visibilité des motifs en serait réduite. Toute erreur peut être fatale sur un champ de bataille ! Ainsi, il est bien plus facile de distinguer de loin, sur un champ de sinople, une croix d'or qu’une croix de sable. (On nomme "champ" le fond de l'écu sur lequel sont représentées les différentes figures du blason).

Les fourrures sont mises indifféremment sur les couleurs et les métaux.

Les armoiries qui dérogent à cette règle sont dites à enquerre, parce qu'il convient de s'enquérir des raisons de leur particularité : ainsi les armes de Godefroy de Bouillon, devenues celles de Jérusalem - d'argent à la croix potencée cantonnée de 4 croisettes, le tout d'or - vantent la prise de la ville sainte sur les musulmans en 1099.

On trouvera plus loin quelques exceptions à cette règle.



Les divisions de l'écu. Partitions et pièces.

* Les divisions. Pour permettre de "localiser" une figure sur un écu, on a divisé celui-ci en 9 parties appelées points. Il faut savoir en outre que le blason est décrit comme étant sur l'écu porté par son propriétaire : donc la droite (ou dextre) pour celui qui le regarde est en réalité la gauche (ou senestre) pour celui qui le porte.

* Les partitions. Pour augmenter les possibilités de composition ont été créées les partitions qui divisent le champ de l’écu. Les 4 principales sont le parti, le coupé, le tranché et le taillé. Leur nom rappelle les 4 coups d'épée donnés dans les combats. En combinant le parti et le coupé, on obtient l'écartelé. La combinaison du tranché et du taillé donne l'écartelé en sautoir et celle de l'écartelé et de l'écartelé en sautoir, le gironné.



Règle N° 2 : Le blason, ce n'est pas qu'un dessin. C'est, avant tout, une description. On doit à partir d'un blasonnement être capable de dessiner des armoiries. Une bonne description vaut mieux qu'un mauvais dessin. Dans le cas des partitions, on commence toujours par nommer l'émail le plus haut et le plus à dextre. Ainsi, on dira parti d'argent et de gueules,... écartelé aux 1 et 4 d'argent et aux 2 et 3 de gueules... (les chiffres sur les dessins indiquent l'ordre dans lequel les émaux doivent être décrits).

* Les pièces. Ce sont des figures géométriques dont les principales ont une largeur occupant au maximum le tiers de la largeur de l'écu.



La fasce, le pal, la bande et la barre, le chevron peuvent être rebattus, i.e. répétés. (A noter que si le champ de l'écu est divisé en fasces, pals, bandes, barres, chevons... en nombre pair, on obtiendra un écu fascé, palé, bandé, barré, chevronné de X pièces.) Lorsque la largeur des pièces est nettement diminuée, elles portent des noms différents : la fasce devient une burèle ou divise, voire une trangle, le pal une vergette, la bande une cotice, un bâton, ou encore un filet, la barre une cotice en barre, un bâton en barre, une traverse (ou filet en barre).


(1) brochant : Se dit d'une figure qui couvre partiellement ou entièrement une ou plusieurs autres.

La croix peut revêtir divers aspects. Si elle ne touche pas les bords de l'écu, elle est dite alésée, épithète valable aussi pour les autres pièces. Voici quelques exemples parmi la multitude des croix.



(2) On remarquera dans le cas de la croix basque qu'il y a superposition de 2 couleurs, ce qui est contraire à la règle N°1. Le rouge et le vert étant les couleurs du Pays basque, il faut montrer dans le blasonnement qu'il ne s'agit pas ici d'une erreur, mais d’un choix volontaire. On décrira donc le blason ainsi : "de gueules à la croix basque cousue de sinople".

Ce terme de cousu est rare, sauf dans le cas d’un chef de couleur sur un champ de couleur (c’est le cas de nombreuses villes françaises, qui ont un champ de gueules sur lequel est cousu un chef aux armes royales d’azur aux fleurs de lys d’or). Le terme de "cousu" permet ainsi de contourner la règle... Attention, toutefois : seule une tradition bien établie peut autoriser de telles entorses !

Les lignes des partitions et des pièces peuvent être droites mais aussi ondées, bretessées, crénelées, bastillées, dentelées, engrêlées, cannelées...



Les meubles :

Ce sont les figures qui peuvent occuper différentes positions l'intérieur de l'écu, d'où leur nom. Ils sont d'une infinie variété, dans tous les domaines (surtout faune, flore, astres, mais aussi architecture, armes, vie quotidienne...)

* Les animaux . Les deux plus courants sont le lion et l'aigle, le premier, symbole du courage dont on retrouve une variante avec le léopard anglais, le second, qui deviendra au Moyen-Âge le symbole de l'Empire germanique.

Le lion est représenté rampant, i.e. debout, de profil, pattes en avant comme s'il grimpait, toutes griffes dehors. Si certaines parties de son corps sont d'un émail particulier, on utilise des épithètes bien précises(cf. dessin). Le léopard est en réalité un lion passant ; i.e. représenté comme s'il marchait, la tête de face, la patte avant droite levée.

L'aigle (au féminin en héraldique) est représentée de face, la tête de profil vers dextre, les ailes largement ouvertes, les pattes écartées.



On remarquera que les parties accessoires des figures (langue, griffes,...) font exception à la règle N°1 d'interdiction de superposer 2 métaux ou 2 couleurs.

En règle générale les autres animaux sont représentés passants, la tête de profil tournée vers dextre, sinon ils sont dits contournés. Toute modification dans leur position doit être précisée.



Les têtes peuvent être arrachées (la fourrure recouvre la coupure), coupées (coupure nette). Elles sont de profil sinon on les appelle rencontres.

Autres oiseaux : la canette, la merlette (oiseau sans bec ni pattes), l'alérion (aigle sans bec ni pattes).



Les poissons sont généralement représentés nageant, la tête vers dextre. Cependant le chabot (poisson-chat) est représenté en pal, vu de dos. Le dauphin (considéré comme un poisson !) et le bar sont aussi verticaux; incurvés. La coquille Saint-Jacques se dessine avec les oreilles vers le haut sinon elle est versée.

Parmi les animaux fabuleux, citons le dragon, le griffon et la licorne.



Jean-Paul Fernon



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de la Bigorre devenue Hautes-Pyrénées
département 65.

Entraide apportée par :

d'après le "Dictionnaire d'Héraldique"
de Jean-Paul Fernon
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© Marie-Pierre MANET









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