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Église Saint Jean-Baptiste à Tarbes
Hautes-Pyrénées
département 65
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Sceau
00036426
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Désignation de l'église
Église Saint Jean-Baptiste

Structure du Fin XV e siècle.


Les origines de l'église saint-Jean de Tarbes.[1]

[1]Comment la paroisse Saint-Jean de Tarbes a-t-elle commencé et quel a dû être le premier édifice affecté au culte en ce quartier ? Essayer de répondre à ces questions oblige à rappeler brièvement ce que l'on sait sur l'origine et les progrès du peuplement de Tarbes.

Il est bien acquis par l'histoire que c'est autour de la Sède que se forma le noyau primitif de la cité ; et que vers le milieu du Ve siècle il y avait là un groupe de chrétiens, car un représentant de l'évêque de Bigorre signe, en 506, les actes du concile d'Agde, ce qui suppose une structure antérieurement établie depuis plusieurs dizaine d'années.

Dans la suite, la formation et la progression de la ville se sont faites par extension vers l'est, de part et d'autre d'une unique rue, les maisons étant en quelque sorte enserrées dans le moule (et les limites) que formaient les canaux et les fortifications.

Le premier bourg, après celui de la Sède, a été celui que délimitaient les Petits-Fossés (au nord), les Grands-Fossés (au sud), la place de la Portète (à l'est) devenue place Jean-Jaurès aujourd'hui, ce qui deviendra le Maubourguet (à l'ouest) ou place Verdun à l'heure actuelle.

Ce bourg sera appelé le Bourg-Vieux, lorsque seront créés des bourgs plus récents, le Bourg-Neuf, le Bourg-Crabé, le Maubourguet.

Ce Bourg-Vieux semble avoir existé déjà au moins au XIe siècle ; c'est ce que pense notamment l'historien Maurice Berthe, après avoir étudié nos deux plus anciens terriers tarbais, qui sont de 1313 et de 1429.

Deux bourgs, le Bourg-neuf et le Maubourguet ayant été rasés durant les guerres de religion, en 1571, par le capitaine catholique Bonasse pour une plus facile défense de la ville contre les protestants, voici comment l'excellent chroniqueur qu'est Guillaume Mauran, dans sa " Sommaire Description du païs et comté de Bigorre ", présente, en 1614, le Bourg-Vieux de Tarbes :

" Le second corps de ville, qui succède après les ruines du Maubourguet comprend le Bourg-Vieux et le Bourg-Neuf. Dans le Bourg-Vieux est l'église paroissiale de Saint-Jean à laquelle est jointe la maison de ville. Là est aussi le château du comte, qui sert pour les audiences de la sénéchaussée et pour les prisons. "

Mais à quelle date un lieu de culte fut-il édifié dans le Bourg-Vieux ?

Première mention de l'église Saint-Jean.


La première mention certaine de l'église Saint-Jean est du XIIIe siècle, exactement du 23 juin 1268. Il s'agit de la confirmation faite, à cette date, des privilèges appelés "fors" de Tarbes, concédés cent ans plus tôt à la ville par le comte de Bigorre Centulle III. On n'en possède pas l'original, et ils ne sont connus que par une copie du célèbre érudit basque Oïhénart, conservée à la Bibliothèque nationale.[...]


Construction de l'église actuelle.


De style gothique rayonnant, l'édifice actuel n'est pourtant que de la fin du XVe siècle, ce qui s'explique par le fait du retard qu'accuse toujours le midi pour l'architecture, comme pour tout autre création.

Orienté, mais le chevet formé par un large mur droit, percé de larges fenêtre ogivales, il ne possède qu'une nef, garnie de chapelles latérales logées entre les pilliers des arcs doubleaux.

Une caractéristique notable, qui aide à dater le monument, est la présence de dix chapiteaux qui couronnent les piliers des murs et reçoivent les travées de la voûte, ou plus exactement de la charpente du toit. L'église, en effet, est divisée en six travées, deux correspondant au sanctuaire, trois à la nef, la sixième à la tribune.

Malheureusement, ces chapiteaux sont presque inabordables et invisibles, même au moyen de jumelles. Situés à neuf mètres du sol et de petite dimension, ils décorent la face et les deux côtés du sommet des piliers, la quatrième côté étant engagé dans la maçonnerie.

Pour les étudier, l'abbé Dulac, historien original du siècle dernier, fit relever et dessiner les sujets par des ouvriers montés sur des échelles, le recours à la photographie ne lui ayant pas paru possible.

En partant de la sacristie et du sanctuaire et en allant jusqu'au fond de l'église par le côté sud, pour revenir ensuite jusqu'au sanctuaire le long du mur du nord, il a soigneusement numéroté, décrit et interprété les divers sujets se référant selon les cas à l'Évangile, à la symbolique chrétienne, à la flore et bestiaires du Moyen-Âge.

Voici le relevé des sujets représentés (historiés, symboliques et légendaires), avec indication, pour chaque numéro, d'abord du sujet de face, puis du latéral droit, enfin du latéral gauche.

1. Chasse au cerf, chasse au sanglier, agneau triomphateur.
2. Rosace gothique, feuille de vigne, fenêtre gothique.
3. Écu des Comtes de Foix qur la face et les deux côtés.
4. Crucifiement, Sirène femme-poisson sur les deux côtés.
5. Combat de Saint-Georges, Sirène femme-oiseau sur les deux côtés.
6. Deux lièvres affrontés, griffon, renard.
7. Deux centauresses dos à dos, Sirène femme-poisson sur les deux côtés.
8. Armoiries de la famille de Foix, autruche, armoiries (lion rampan).
9. Trèfle d'eau sur la face et les deux côtés.
10. Le Christ juge, un ange sonnant de la trompette sur chaque côté.

[...]On attribue à la même époque gothique les fenêtres du midi (aveuglées par les immeubles de la rue Maréchal-Foch) et les arcs doubleaux qui séparent les travées et soutiennent la charpente du toit.

De l'édifice du XVe siècle, il ne reste que des éléments : l'église actuelle est surtout le résultat de la restauration qui suivit les guerres religieuses.[...]


La restauration du XVIe siècle.


Après tant de ruines amoncelées, d'importantes réparations s'imposaient, dont parle, d'un cœur ému, le chroniqueur Mauran :

" Durant la belle et heureuse paix qui commença de paraître au dit an 1594 ... en 1598, les murailles et bâtiments publics de la ville de Tarbes croulèrent en divers endroits et ont donné grosses dépenses aux habitants pour les réparer ; lesquelles réparations ont été fort avancées au mois de may 1610, lorsque Dieu a fait aller de ce monde en l'autre le très grand, très auguste et très victorieux prince Henri IV e, roi de France et de Navarre, comte de Bigorre. "

[...]En 1615, trois travaux sont envisagés comme indispensables et urgents : relever les murs de l'église, refaire le toit effondré, construire une tour où puissent être logées six cloches.[...]


Le clocher de Saint-Jean.


La tour massive et carrée, percée seulement de lucarnes meurtrières dans ses cinq étages et qui flanquent l'église au nord-est, est bien le clocher que la fabrique de Saint-Jean et la municipalité tarbaise firent bâtir en 1615.

[...]La délibération du Conseil de la ville de Tarbes, à la date du 4 avril 1614 nous dit expressément que la décision fut prise par les consuls :

" Il a été arrêté que les marguilliers de l'église Saint-Jean feront faire le clocher d'icelle... au lieu et endroit où les sieurs Consuls et autres gens députés à ce faire leur indiqueront, et ce, en la forme et façon qu'ils aviseront.

Cette tour recevra, en 1764, l'horloge provenant du " portail de l'horloge du Maubourguet ", après que l'intendant d'Étigny eut jugéopportun de faire abattre les portes qui séparaient les bourgs.[...]

J.-B. LAFFON



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Notes

[1] Sources : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
Bulletin de la Société académique
des Hautes-Pyrénées
Archives départementales des H-P - 1975.



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Entraide apportée par :

- M. Daniel Mur - Collection personnelle.

© Marie-Pierre MANET








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