Les Cazat de Castelbajac



(© Madame Marthe Delas)



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LES CAZAT :
Dans le cadre des épopées militaires, il est une famille de Houeydets qui mérite une mention spéciale : "Les Cazat".

L'étymologie de "CAZAR" nous fait remonter au latin : Casa, petite maison - avec toutes ses désinences : Casalère (ensemble des terrains qui jouxtent la maison d'habitation et permettent une auto-suffisance, casaou (jardin etc...

Les archives de la famille, conservées dans un coffre en bois, recouvert de peau de veau avec le poil (dixit une personne que nous avons bien connue et qui l'avait vu) - avaient été reléguées au grenier. Elles sont parties en fumée lors d'un incendie, vers 1890. Furent également détruits meubles Louis XV et tentures en "toile de Jouy".

On ne peut donc que se reférer à la tradition orale et à quelques traces retrouvées dans les minutiers des notaires ou les Archives Militaires de Vincennes.


TRADITION
Les Cazat avaeint une propriété d'un seul tenant, relativement importante par rapport aux petites propriétés morcelées de la région. Il y avait peut-être eu au départ un "esclave casé" chargé par les Romains de la collecte des impôts.

Les Cazat ne payaient pas la taille. En contrepartie, ils devaient "tenir table ouverte" tous les samedis. Ils devaient donc nourrir tous les pauvres qui se présentaient. Par ailleurs, lorsqu'il y avait une guerre, chaque homme valide devait partir équipé à ses frais et accompagné d'un homme du village dont il assurait aussi l'équipement.

C'est peut-être pour cela que vers 1750 on trouve un Cazat capitaine au régiment d'Eu et dans le même temps, un Bertrais Berthorat de Castelbajac, soldat dans ce même régiment.

A la suite de longues guerres, il ne resta dans la maison que des femmes et des enfants en bas-âge. Pour subsister, les femmes empruntèrent des denrées alimentaires (céréales, pommes de terre etc...) à des taux usuraires et hypothèquèrent ainsi que la propriété lopin après lopin. Les enfants devenus majeurs auraient pu récupérer leurs biens, mais ils dirent :

"La parole des femmes ne doit pas être contestée, ce qui est fait reste fait".


HISTOIRE :
Dans ce qui reste de la maison Cazat, si l'on regarde attentivement certains pans de murs ou certaines pierres taillées, on constate que l'on est sur des vestiges médiévaux. Il y a là très certainement, une villa gallo-romaine. Au nord de l'habitation actuelle, on a pu voir jusqu'au milieu du XX e siècle des traces de murs, témoignant de bâtiments assez étendus. La cour intérieure était fermée, au sud, par un mur élevé, percé d'une petite porte et d'une grande porte cochère. Au centre de la cour, il y avait un puits. Le mur du Levant était percé d'une porte qui ouvrait sur "le jardin des malades " où étaient cultivées des plantes médicinales ; il y avait des ruches et une treille de raisins de très longue conservation. Au milieu de ce jardin, il reste un rejet d'un poirier d'une variété totalement disparue : un "caillououa roudat". Ces poires donnaient un "poiré" délicieux et les fruits devenaient rouges à la cuisson. L'auteur de ces lignes en a gardé un merveilleux souvenir.

Les Cazat se situaient au tout premier échelon de la noblesse. Ils étaient "chevaliers". Ils s'appelaient "DEPOUZ DE BARBAZAN dits CAZAT". Les actes d'état civil de la paroisse les qualifient de "bourgeois" mais les actes notariés portent leur nom ; au complet leur titre de "chevalier".

Le dernier du nom, Jean-Baptiste, né en 1710 fut incorporé au régiment d'Eu. Nous le trouvons lieutement en second en Janvier 1734, lieutenant en Août de la même année et Capitaine en 1743. Mort en 1760, il était chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis. Pour se voir attribuer cette distinction, il fallait être catholique, noble, et justifier de dix années de service.

Ce fut le fils de sa sœur aînée : Marie-Eusèbe DELAS-CAZAT qui devint chef de famille.

Si le nom de Depoutz de Barbazan disparut avec la mort du Capitaine Jean-Baptiste, celui des DELAS-CAZAT s'éteignit avec la mort sur le champ de bataille de deux frères Jean-Pierre et Gaston en 1918.

Les Cazat étaient inhumés dans l'église de Castelbajac, "au tombeau de leurs ancêtres" dans la chapelle nord dédiée à Saint-Pierre, jusqu'en 1770.

Des actes officiels font état d'une maison appartenant aux Cazat dans laquelle étaient logés les métayers et dont les ruines furent visibles jusqu'aux environs de 1950, au couchant du chemin de l'Arriou deth Thou.


CROQUIS DE LA MAISON CAZAT : d'après le souvenir de l'auteur.



Une cour intérieure était fermée par :

1) - Au Sud, un mur élevé, percé d'une solide porte.

2 et 3) - Au Nord et à l'Ouest, deux corps de logis destinés :
- l'un à l'aîné lorsqu'il se mariait, l'autre aux "cadets" restés célibataires.

4) - à l'intérieur de la cour se trouve un puits.

5) - Le "four à pain", abrité à l'extérieur par un petit toit en chaume de seigle. La porte du four ouvre dans la cheminée de la cuisine.

6) - A l'Est, un mur est percé d'une petite porte ouvrant sur :
"le jardin des malades", souvenir probable de "Jean DEPOUTS Cazat, Bourgeois et Praticien" (1676 - 1770). On y cultivait des plantes médicinales. Au milieu de ce jardin se trouve encore un poirier d'une très ancienne variété appelée dans le pays "Caillaoua Roudat". De ces poires on faisait un excellent "Poiré". Cuites au four, elles prenaient une teinte rouge caractéristique. Contre le mur s'appuyait une treille donnant des raisins de très gros grains blancs qui, convenablement stockés, se conservaient jusqu'en février. Contre ce mur, il y avait aussi plusieurs ruches.

7) - Au Nord du bâtiment "3", on a pu voir affleurer jusque vers 1940 de nombreux vestiges de murs. La présence d'eau qui sort au Nord de ce bâtiment, mériterait des recherches quant à son origine. Au Nord du mur de façade (côté cour), de petits bâtiments abritaient moutons, porcs ou volailles.




          



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET






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