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L'habitat de Castelbajac



(© Madame Marthe Delas)


Sceau
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HABITAT :

Les caractéristiques du relief et du climat ont généré un habitat spécifique.

Dè l'origine, les hommes se fixèrent autour d'un point d'eau, dans des combes ou des vallées ensoleillées, bien abritées des vents dominants. C'est ainsi que naquirent les quartiers Herrets, Poucourats, Courtala, Riou-det-Thou, Sabathès etc...

Chacun de ces quartiers formant une entité relativement autonome. Ces groupes d'individus étaient très solidaires et faisaient bloc lorsque l'un d'entre eux était agressé par un individu d'un autre quartier. Il régnait une vie sociale intense dont le caractère tribal a perduré jusqu'au milieu du XX e siècle.

Dans cette société qui vivait en autarcie, le troc et l'entraide étaient des pratiques courantes. Beaucoup de travaux se faisaient en commun "à titre de réciprocité" : semailles du maïs ou des pommes-de-terre, battages, vendanges, récoltes diverses, lessives, plumaison des oies ou des canards gras, pèle-porc, corvées de bois etc...

Ces dures journées de travail se terminaient par un copieux repas suivi de chants, danses, jeux divers...

Chaque fête de famille : baptême, mariage, et même obsèques réusissaient non seulement les parents jusqu'à la énième génération, mais aussi les voisins.


HABITATION:

Les bâtiments, maisons d'habitation et granges furent construits avec les matériaux trouvés sur place. Le bois était abondant (chêne, châtaignier), l'argile était de très bonne qualité en particulier dans la carrière de la "Lasserre" (Houeydets). Le sable des Baïses ou du ruisseau de l'Alia, bien lavé, était de qualité correcte. Les galets étaient (et sont toujours ) très abondants. Les schistes calcaires des "marnières" fournissaient les encadrements des portes et des fenêtres.

Les maisons anciennes sont toutes construites sur le même plan : un L dont la branche adossée au Nord comprend les pièces d'habitation, ouvrant largement leurs fenêtres au Sud ; l'autre branche du L adossée à l'Ouest est abritée du vent dominant et comprend granges et étables. Les deux bâtiments forment un angle légèrement aigu, non parce que les constructions ignoraient l'usage de l'équerre, mais afin que le vent glissant sur le bâtiment se dirige vers l'extérieur, évitant ainsi la formation de tourbillons dans la cour.

Les "laboureurs", construisaient généralement sur les quatre côtés d'une cour intérieure fermée par un grand portail. Ce portail plus ou moins monumental, abrité par un auvent était "un signe extérieur de richesse" : Manautou, Mounet, Hilhougros, Moudenat (Riou det Thou), Bernadoulet, Cazat, Arrancou, Bidaou, Peyré, Jouanicou, Sabathès etc...

Les murs exposés à l'Ouest étaient abrités par une épaisse haie de "lauriers-cerises" soigneusement taillée. Aujourd'hui, la plupart de ces haies ont disparu et il a fallu pallier leur absence par de sérieux bardage sous peine de voir les murs les mieux crépis, transpercés par les pluies d'Ouest.

Les familles les plus modestes, les plus nombreuses, logeaient dans une grande pièce, au sol en terre battue, aux murs blanchis à la chaux. Les lits étaient surmontés d'un baldaquin en bois, plus ou moins ouvragé duquel pendaient des rideaux très épais dont la chaîne était en gros fils de lin (étoupe) et la trame en laine bleue, rouge ou grise formant des rayures ou des damiers. A partir du XIX e siècle apparurent des rideaux en cotonnade imprimée. Les derniers de ces rideaux disparurent durant la dernière guerre mondiale.

Les lits étaient garnis d'une "paillasse", sorte de grand sac rempli de cosses de haricots et de spathes de maïs, soigneusement séchés. Sur cette paillasse, était posé un matelas en laine, puis une couette (couchno ou boulassèro) : enveloppe de forte toile, garnie de plumes de volailles. Sur les draps, habituellement en lin, parfois en métis, une couverture en laine tissée, une courtepointe (couvre-pieds) garnie de laine cardée et nappée et enfin un édredon en duvet ou plumes d'oies.

Au milieu de la pièce, une table dont le plateau amovible était posé sur le pétrin dans lequel on conservait un peu de levain, entre deux fournées, car chaque ménagère avait son four à pain et "hourneyait" tous les quinze jours ou trois semaines. En conséquence, les maisons étaient imprégnées d'une légère odeur de levain caractéristique...

Des bancs et des escabeaux en bois, quelques chaises au siège en paille complétaient le mobilier.

Ces maisons n'avaient pas d'étage. Le "plafond" de la salle commune était en bois. On déposait aau dessus, du foin ou des céréales qui formaient une isolation très efficace. Une grande cheminée suffisait à chauffer convenablement cette pièce.

Au XIX e siècle, conséquence d'un sérieux accroissemnt de la population et d'un probable bien-être, il y eut des modifications dans les habitations. Des pièces supplémentaires, parfois un étage, furent ajoutés. La pièce principle se vida de quelques meubles, le foin ne couvrit plus la cuisine, et ces grandes maisons devinrent très inconfortables en hiver. On se contentait souvent de mettre au milieu de la chambre à coucher, un récipient contenant des braises, prises dans la cheminée de la cuisine et en période de grands froids, ce n'était pas très efficace.

Chez les "laboureurs", il y avait en général une cuisine, une ou deux chambres à coucher et la "hournero" appelée dans certaines régions "souillarde". On y trouvait une grande cheminée, le four à pain, des coffres et des étagères pour ranger les provisions.

Les valets de ferme couchaient souvent dans un hamac suspendu dans un coin de l'étable. La chaleur des animaux était très appréciée en hiver.

La cuisine était parfois pavée de "lavasses", pierres blondes (calcaires schisteux) extraites des carrières de marne. les chambres à coucher étaient généralement planchéiées.

Les meubles en bois massif : chêne, châtaignier, merisier, noyer, étaient sculptés de croisillons, croix de Malte ou pals. Peu ont résisté aux ouvrages du temps. Posés sur le sol en terre battue, l'humidité a eu raison des coffres les plus massifs.

Les toitures furent longtemps en chaume de seigle - probablement jusqu'au XVI e siècle. L'usage des tuiles semble s'être vulgarisé à partir de cette époque. Quant à l'ardoise, à partir du XIX e siècle, elle fut utilisée pour la plupart des pans de toitures exposés à l'Ouest, alors que le reste continuait à être couvert de tuiles dites "à canal" fabriquées dans les quelques villages de la région (Campuzan). Les édifices publics : églises, école de Houeydets, furent entièrement couverts en ardoises à la fin du XIX e siècle. Ce ne fut que dans la première moitié du XX e siècle que l'usage de ce matériau devint courant pour les maisons des particuliers. Ces ardoises provenaient des carrières de Pouchergues (Louron) et de Génos (vallée d'Aure). A partir des années 1950, le prix de l'ardoise étant devenu prohibitif, on reprit l'usage de la tuile.

Dans la première moitié du XX e siècle, il fut de bon ton d'ajouter un étage à la maison. "Crampos de Haout" (chambres d'en haut) témoignaient de la prospérité des familles.

En 1930 et 1931, l'électricité atteignit Houeydets et Castelbajac. Les magnifiques chênes qui bordaient la route furent abattus et remplacés par des poteaux électriques... Rançon du progrès ! - Le mouvement écologiste n'existait pas encore !... Les lampes à pétrole qui, à la fin du siècle dernier, avaient remplacé les chandelles de résine, de cire et de suif, furent à leur tour surplantées par l'ampoule électrique. Au début, la clarté d'une ampoule de 25 watts paraissait presque excessive, habitués que l'on était à la pénombre. Quelques petits moteurs électriques de faible puissance actionnaient des concasseurs minuscules, mais déjà on fréquente moins les meuniers pour l'alimentation des animaux.

Le gaz butane en bouteilles NR fit son apparition que vers 1935, dans nos villages, et son usage ne devint courant qu'à partir de 1950. Le téléphone et la radio arrivèrent vers 1940. Télévision et chauffage central finirent aussi par atteindre Houeydets et Castelbajac et nous voilà maintenant bien loin des conditions de vie de nos grands parents.

Les appareils électro-ménagers : réfrigérateur, lave-linge, congélateur etc... ne se répandirent vraiment que vers 1960. Simultanément, les hommes s'équipèrent de moteurs électriques plus puissants pour actionner postes à souder, scies, meuleuses, perceuses etc...

Vers 1960, à la faveur des "aides au logement" accordées par l'État, et aux facilités de crédit, des constructions neuves sortirent de terre, tout au long de la route départementale n° 17. Vers 1970, un lotissement d'une dizaine de maisons fut créé au Sud de Houeydets. Ces habitations modernes, coquettes, confortables abritent des gens qui, dans leur majorité, travaillent hors de la commune : Lannemezan, Tarbes, etc... Malheureusement, ces nouveaux habitants se sont très peu intégrés à la vie du village.

Certaines fermes ont été rénovées. On peut émettre quelques réserves sur les libertés prises avec le style primitif.

Des bâtiments d'exploitation modernes, vastes, aux structures métalliques, adaptés aux nouvelles méthodes d'élevage, ont été construits, modifiant totalement un paysage qui n'avait guère varié depuis plusieurs siècles.




          



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET









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