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Le canal de la Neste
à Castelbajac



(© Madame Marthe Delas)


Sceau
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LE CANAL DE LA NESTE : Le problème de l'eau connut bien des étapes avant de trouver une solution qui est loin de satisfaire tout le monde. Au départ, sources et ruisseaux avaient comblé les besoins des hommes et des animaux. Ensuite, près de chaque maison fut creusée une mare, réceptacle des eaux de pluie, servant à tous les usages ne nécessitant pas une eau "potable". Plus tard encore, furent creusés quelques puits. Houeydets était pourvu en sources et ruisseaux, mais, sur le territoire de Castelbajac, il y avait peu de sources. Elles étaient souvent taries en été et relativement éloignées des habitations.

Au milieu du XIX e siècle, l'implantation d'un Camp militaire sur le Plateau de Lannemezan, ayant été envisagée pour l'entraînement de la cavalerie du Maréchal Niel, d'importants besoins en eau furent mis en évidence. Les sources qui alimentent les rivières issues du Plateau (Save, Gers, Baïse, Gimone).

Il fut donc décidé de construire le "Canal de la Neste". Un barrage à Sarrancolin permit d'amener sur le Plateau, l'eau nécessaire aux hommes et aux chevaux, le trop-plein rejoignant le lit des rivières, presque à sec en été. Construit entre 1848 et 1842, pour un débit de 7 mètres cubes-seconde, il atteint maintenant 14 mètres cubes-seconde, soit 250 millions de mètres cubes par an.

Très vite, les agriculteurs de la région comprirent tout le profit qu'ils pouvaient tirer de cet ouvrage pour l'irrigation des prairies naturelles. Ils purent alors envisager plusieurs coupes de fourrage chaque année sur une même parcelle.

Dès 1869, le conseil municipal de Houeydets se préoccupe des modalités de raccordement d'un réseau de rigoles destinées à acheminer l'eau de la Neste. La commune de Lagrange accorda au Syndicat d'irrigation de Houeydets l'autorisation de profiter de la prise d'eau et d'une partie des rigoles situées sur son territoire à la condition que "la commune de Houeydets accordera aux habitants de Lagrange la permission d'extraire, sans aucune indemnité, des carrières de Baïsolle, la marne dont ils auront besoin".

La commune de Castelbajac étant elle-même dans l'intention d'utiliser la même prise d'eau, renonça à ses droits sur les carrières.

Les fossés furent creusés par les habitants à la pelle et à la pioche. En 1882, il fut décrété que les habitants de Houeydets auraient le droit d'irriguer leurs prairies naturelles 57 heures par semaine, pour un débit de 100 litres seconde. On comptait une heure à l'hectare. Un garde était chargé de surveiller le bon déroulement de l'irrigation du Lundi 15 heures au Mardi 20 heures et du Jeudi 7 heures au Vendredi 11 heures. Ce garde était rétribué par les usagers. Baïsolle et Baïse-Darré bénéficièrent d'un sérieux apport d'eau. Elles ne furent plus complètement à sec en été. La nappe phréatique, et par conséquent les sources profitèrent aussi des eaux de la Neste.

Les habitants de Castelbajac prolongèrent la rigole de Houeydets au prix de durs efforts. Vingt hommes travaillèrent tous les jours pendant un mois. En outre, le syndicat de Castelbajac donna une somme de 800 francs à la commune de Houeydets à titre d'indemnité pour la faculté de passage dans la rigole de Houeydets.

Castelbajac disposa donc de 100 litres seconde pendant 54 heures, du Samedi 9 heures, au Lundi 15 heures, à partir de 1897.

Les périodes d'arrrosage se situaient de la Saint-Jean au 15 Août et parfois début Septembre. En 1925, la municipalité de Castelbajac demanda et obtint un filet permanent de 30 litres/seconde pendant toute l'année, en dehors des périodes d'arrosage. Cette dernière disposition n'a jamais connu une application stricte, certains individus plaçant un petit barrage en travers de la rigole pour confisquer la totalité de l'eau à leur usage exclusif. Un garde-canal assermenté aurait pu sanctionner les contrevenants mais personne de postula cet emploi.

Pour dédommager Facan, dont le propriété été coupée par la rigole destinée à acheminer l'eau pour Castelbajac, cette dernière commune lui donna la parcelle nº 262 en bordure du chemin de Cascar.

Dans les années 50, fut créée la "Compagnie d'aménagement des Coteaux de Gascogne", le canal de la Neste demandait de très importantes réparations. Tout le "Système Neste" fut donc revu et les contrats des syndicats d'irrigation modifiés. Il fut demandé une contribution financière aux adhérents. Les habitants de Castelbajac la trouvèrent trop élevée. Les méthodes de culture avaient changé. Il y avait beaucoup moins de prairies naturelles, par contre, le maïs, le tabac, les cultures maraîchères demandent beaucoup d'eau. Seul, un habitant de Castelbajac : Jean-Louis DELAS-PUYO adhéra au nouveau contrat. A Houeydets, il y eut une quarantaine de propriétaires qui furent intéressés, les uns arrosant seulement leur pelouse ou leur jardin, les autres abreuvant leurs troupeaux de bovins, mais tous sensibles à l'agrément d'un filet d'eau courante de 50 litres seconde. L'influence en est sensible sur la nappe phréatique. Le trop-plein doit rejoindre la Baïsolle par le ruisseau de "Maou", ou le Baïse-Darré, la Baïsolle alimente le lac de Puydarrieux et la Baïse-Darré emmène les eaux de la Neste jusqu'à la Garonne par Nérac. Vers 1962 - 1963 fut construit un barrage sur la Baïsolle. Il alimente le canal dit "de Bonrepos" et assure l'irrigation des communes de Bonrepos, Galan, Libaros avec un débit de 70 litres seconde.




           



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET







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