Le santé et la médecine
à Castelbajac


(© Madame Marthe Delas)



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SANTÉ - MÉDECINE :
Dans l'ensemble, les gens ne devaient pas être trop souffreteux. Une sélection naturelle s'opérait dès la petite enfance. Ceux qui réussissaient à passer le cap des vingt ans, ayant développé suffisamment d'anti-corps, résistaient ensuite à beaucoup d'agressions. Le grand air, beaucoup d'exercice physique, peu de stress, une nourriture riche mais saine - tout cela devait faire des hommes et des femmes solides.

Un tiers environ des enfants mouraient en bas-âge. Les décès groupés à certaines périodes de l'année donnent à penser qu'il était payé un lourd tribut aux maladies infantiles : variole, rougeole, diphtérie, méningites.

Les complications pulmonaires de la grippe devaient être presque toujours fatales. Il n'est pas rare de trouver de véritables hécatombes dans une même famille, du grand-père au petit-fils. La tuberculose devait aussi être assez répandue. Certaines familles étaient marquées par la syphilis ou l'épilepsie. Elles étaient montrées du doigt et leurs membres trouvaient difficilement à se marier à une époque où les parents imposaient leur choix à leurs enfants.

Les "praticiens", "officiers de santé" et autres "chirurgiens" étaient assez nombreux mais leurs connaissances devaient être relativement sommaires. Pour lutter contre les affections graves, ils avaient peu de moyens. Par ailleurs, la Sécurité Sociale n'existait pas et on ne les appelait qu'après avoir épuisé divers remèdes de "bonne femme" - et il était souvent trop tard.

Chaque mère de famille cueillait, suivant la saison, violettes ou centaurées, reine des près ou bouillon blanc... Ces plantes médicinales, soigneusement séchées et conservées, étaient utilisées, suivant les cas, en infusions, cataplasmes, compresses, inhalations etc... En cas de bronchite, révulsifs ou ventouses faisaient merveille ! - Chaque mère de famille connaissait les vertus du miel, de la guimauve ou de la bourrache. Ces "recettes" transmises de mère en fille, furent utilisées jusqu'à l'instauration de la "Sécurité Sociale". Ce ne fut qu'en 1961 que les paysans eurent accès au remboursement des soins.

Chaque village de la région avait sa (ou ses) source minérale. L'eau était fort utilisée dans les cas de troubles rénaux, digestifs, hépatiques...

A Houeydets, la source dite de "Mourras", un griffon, était réputée pour faciliter la digestion après des repas trop copieux, surtout en période de "pèle-porc".

Sur le territoire de Bégole - rive gauche de "Rieupeyrous", non loin de "Pas mulet" jaillissait une source remarquable contre toutes les affections de l'arbre urinaire (calculs, custites etc...). Elle était appelée : "Fontaine du curé de Bégole".

Lagrange et Campistrous ont eu des "cabines de bains". Les personnes les plus aisées faisaient des cures thermales à Capvern, Bagnères ou Cauterets. Elles y allaient hors saison et emportaient leurs provisions. Ces curistes n'apportaient guère de profits au commerce local. On les appelait "les couyès". Peut-être parce qu'ils arrivaient à la saison des citrouilles ?

D'après la tradition, à une époque indéterminée, une épidémie de peste anéantit la population du quartier des "Sabathès". Les rescapés brûlèrent les maisons "couvertes en chaume" et s'installèrent près de l'église. Or, il y a quelques maisons construites dans le lit du fossé, au levant de l'église qui pourraient justifier ce récit. Cette période pourrait remonter à la fin du XVII e siècle ou au début du XVIII e. En effet, il est fait état en 1633, d'un cas de peste à Lagrange. A Trie, la peste sévit jusqu'en 1721.

Les pestiférés furent ensevelis dans un champ, en bordure du "chemin de barba". Il y eut là une chapelle dédiée à Saint-Exupère. Sa construction était-elle antérieure ou postérieure, ou contemporaine de cet évênement ? - Le mystère reste entier. On peut voir encore des vestiges de dallage et un chandelier en bronze a été trouvé récemment sur les lieux par Monsieur Quinon de Bonrepos.

D'après le témoignage des grand-mères, il arrivait que dans des familles apparamment saines, un petit dernier - dixième ou douzième grossesse - soit rachitique, handicapé moteur ou mental.

Un certain nombre de femmes mouraient en couches, mais compte tenu du nombre d'enfants qu'elles mettaient au monde, le pourcentage n'est pas très élevé.

Pas plus les Anciens, que nos Savants contemporains, personne n'a encore pu déterminer à quel instant précis, un embryon devient un être humain. En cas de "fausse couche", l'Église recommandait donc de baptiser le foetus avec la formule suivante :

"Créature, je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit".

Un enfant mort sans baptême ne pouvait être enterré en terre "bénite", c'est à dire au cimetière. On l'inhumait sous le sol de la maison, généralement dans un couloir ou une entrée.

Lorsque la nouvelle accouchée présentait une lactation trop abondante et qu'il y avait risque de mammite ou d'abcès, soit parce que le bébé était mort, soit parce qu'il avait un trop faible appétit, on cherchait des chiots nouveau-nés pour vider les seins de la patiente, puis on tuait les chiots. Lorsqu'un nourisson était gravement malade, si sa mère n'avait pas asez de lait et s'il ne supportait pas le lait de vache, il y avait toujours une voisine prête à donner son lait au petit malade.

Lorsque survenait un décès dans une famille, il était d'usage que les voisins passent la nuit dans la maison du défunt afin de ne pas laisser ces gens seuls avec leur deuil.

Marie Martin-Matrassou (née le 26-3-1863) racontait une curieuse histoire :

"Chez Picagnou, mourut une jeune fille, (probablement Jeanne Dabarry Picagnou, née le 12-11-1863). - Pendant la veillée fumèbre, si on la regardait, on ne la voyait pas bouger, mais si on détournait les yeux quelques instants, on constatait que sa tête s'était légèrement déplacée sur l'oreiller. Par ailleurs, son corps ne s'est jamais refroidi. On l'a tout de même enterré".

A cette époque-là, le permis d'inhumer, délivré par un médecin n'était pas indispensable.

Si, aujourd'hui, on peut avoir recours à des infirmières ou à diverses aides à domicile, ce n'était pas le cas autrefois, mais la mentalité était telle que, lorsqu'il y avait dans une maison, un grand malade ou une femme en couches, la solidarité des voisines faisait merveille.

Si le malade exigeait des soins 24 heures sur 24, les gens de la maison assumaient généralement la journée, mais la nuit, des tours de garde s'organisaient afin de relayer les membres de la famille et de leur permettre de se reposer.

Fin XIX e siècle et début XX e siècle existait un système d'abonnement au médecin. Pour 5 francs par an et par famille, le docteur passait sur son cheval, rentrait dans la cour du client, demandait si tout le monde allait bien et si la réponse était affirmative, il repartait sans mettre pied à terre et revenait un mois plus tard.

Tels les médecins de Molière, ils ordonnaient clystères, saignées, sangsues, vésicatoires (à la poudre de cantharide) ou ventouses scarifiées etc... Tous procédés qui font sourire le corps médical de nos jours mais qui avaient le mérite de ne pas être coûteux.

Les femmes accouchaient à "la maison" - Une sage-femme venait de Lannemezan, Bonnefont ou Montastruc. Elles assistaient la parturiente et assuraient des visites quotidiennes pendant une douzaine de jours. Les naissances étaient si nombreuses (39 en 1865) qu'il y avait dans le village quelques femmes expérimentées qui pouvaient parer au plus pressé en cas de retard de la sage-femme.

Les salariés agricoles eurent accés au remboursement des soins en 1930. Mais pour les non-salariés, qui étaient ici la quasi-totalité de la population, il fallut attendre 1961 pour que soient remboursés visite du médecin et médicaments.

A partir de là, les plantes médicinales disparurent des jardins. Les femmes accouchèrent en clinique ou à l'hôpital. Les sages-femmes libérales disparurent. Le travail était moins pénible pour elles en milieu hospitalier où elles étaient soumises à des horaires précis, alors qu'auparavant elles devaient être disponibles 24 heures sur 24 avec des cadences démentielles en fonction des saisons, des conditions atmosphériques ou des phases de la lune.

Avant que la "Mutualité Sociale Agricole" assume la couverture des soins médicaux et chirurgicaux des agriculteurs, les plus défavorisés bénéficiaient d'une "assistance médicale" qui leur assurait la gratuité des soins médicaux et chirurgicaux. Ces cas étaient prévus dans le budjet de la commune, mais ils étaient très rare.

Comme nous l'avons vu plus haut, l'extrême endogamie et la consaguinité qui en résultait avaient de graves conséquences. Le groupe sanguin majoritaire était 0 Rhésus négatif. Il y avait souvent incompatibilité sanguine entre les époux et donc une mortalité néo-natale importante. Cette situation était aussi cause de troubles thyroïdiens, de troubles d'ovulation et d'hyper-androgénie. D'où : goîtres, fort déséquilibre hommes-femmes - on a compté jusqu'à près de quatre hommes pour une femme.

 

Dates
Historique de la protection sociale :
21 Mars 1884
Syndicats professionnels
1 er Avril 1898
Sociétés de secours mutuels
4 Juillet 1900
Assurances Mutuelles Agricoles
1930
Maladie "Salariés agricoles"
1936
Allocations familiales "Salariés agricoles"
1938
Allocations familiales "Non salariés agricoles"
1941
Vieillesse "Salariés agricoles"
1952
Vieillesse "Non salariés agricoles"
1961
Maladie "Non salariés agricoles"
1966
Accidents du travail "Non salariés agricoles"
1973
Accidents du travail "Salariés agricoles"



           



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Entraide apportée par :
- Madame Marthe Delas
.
© Marie-Pierre MANET





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