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Les mendiants
à Castelbajac



(© Madame Marthe Delas)


Sceau
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LES MENDIANTS

Avant l'invention du "R.M.I" - "Fond National de Solidarité" et autres "Allocations chômage", les gens sans ressources parcouraient la campagne en toute saison mais surtout en hiver.

Par très mauvais temps, la famille étant bien regroupée autour d'un bon feu de cheminée, il n'était pas rare d'entendre marmonner à l'extérieur. Ouvrant la porte, on voyait quelqu'un qui "priait pour les défunts de la maison". On le faisait entrer, on lui faisait une place près de l'âtre ; selon l'heure et la température, on lui donnait un morceau de pain, une assiettée de soupe ou une piécette. Après leur départ, on mettait une poignée de paille ou de sarment dans la cheminée pour obtenir une grande flamme et on y passait rapidement la chaise car ces pauvres gens étaient généralement couverts de vermine.

Il est une anecdote racontée par ma mère qui donne une idée des sentiments qu'inspiraient autrefois, les pauvres. Un mendiant entre dans la cour et mon grand-père dit à maman :

"Lorsque tu verras un pauvre, tu lui donneras dix sous.
(C'était le salaire journalier d'un apprenti).

Maman prend une pièce et la tend à l'homme par la fenêtre. Mon grand-père, indigné, lui dit :

"Lorsque un pauvre se présente dans une maison, c'est le Christ qui nous visite ; si tu voyais arriver le Christ, tu irais le recevoir à la porte".

La leçon fut comprise - et, beaucoup plus tard, me fut transmise. Beaucoup de gens leur donnaient du pain. Comme ils étaient souvent édentés, ils revendaient ces croûtons rassis à mon grand-père qui les donnait aux chevaux.

Le soir venu, colporteurs et mendiants étaient hébergés pour la nuit. On préparait une bonne litière de paille dans un coin de l'étable. On prenait soin de leur confisquer briquette et allumettes qu'on leur rendait le lendemain et ils passaient une bonne nuit à la chaleur des animaux. C'était plus confortable que les ponts et les cartons auxquels sont condamnés nos S.D.F modernes.

Il était considéré comme tout-à-fait normal d'offrir à manger ou à boire à tout voyageur qui circulait à pied et avait parfois une longue route à parcourir. C'était par exemple le cas de certains voyageurs descendus du train à la gare de Lannemezan et se rendant à pied dans la région de Trie. Cela rappelle le sens de l'hospitalité si répandu encore dans des régions où les conditions climatiques sont rudes : Afrique, Arctique etc ...

Le facteur se rendait à pied de Galan à Bausolle. Il avait parfois du courrier pour des gens illettrés. C'était donc lui qui lisait les lettres et rédigeait les réponses. Dans la plupart des familles, on lui proposait un verre de vin, un café ou un casse-croûte.




           



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET






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