Les vents
De Châtillon-en-Bigorre
(© Madame Marthe Delas)



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CLIMAT :
Dire que le Plateau de Lannemezan a un climat rude est simplifié à l'extrême d'une réalité beaucoup plus complexe. L'influence océanique y est très forte et le touriste est frappé en été, par l'aspect verdoyant de la région.

La pluviomètrie : est assez importante et répartie tout au long de l'année. Il est rare de dépasser plus de trois semaines entre deux averses. Donner des moyennes ne peut que refléter très imparfaitement la réalité.

La pluviosité moyenne de l'année est de 1.300 millimètres. Les fortes précipitations se produisent surtout lors de très violents orages d'été, parfois accompagnés de grêle et de foudre qui causent de graves dégâts aux récoltes, aux lignes électriques ou téléphoniques.

Les printemps sont généralement maussades et les automnes doux et ensoleillés.

La principale caractéristique de ce climat est une excessive variabilité.

En Juillet par exemple, on a pu relever de 4 mm. à 22 cm de pluie.


LES VENTS :

Ils soufflent pratiquement tous les jours de l'année. Dominants d'Ouest, ils apportent pluie en été et neige en hiver, favorisant la formation de congères. Lorsqu'ils sont très forts on les appelle "Ben-Plouy".

Nos grands-pères parlaient de "l'année des grandes neiges". C'était en Février 1888. Il se forma des congères d'une telle importance que certaines personnes furent bloquées chez elles, surtout dans les maisons situées à l'Est de la route. L'amas de neige obstruait les portes d'entrées et les habitants durent attendre que leurs voisins moins éprouvés viennent pelleter la neige pour leur permettre de sortir de chez eux. Les vents du Sud sont assez importants. D'après une étude du Centre de Recherches Atmosphériques de Campistrous, si en durée on compte 37 % de vents d'Ouest, il y a 24,7 % de vents de Sud. Ils sévissent surtout la nuit. En été, ces vents très chauds sont souvent chargés de sable qui se dépose lors de la moindre averse. Si la pluie n'est pas assez abondante pour bien rincer la végétation, les animaux refusent de manger ces plantes car le sable agace leurs dents. Ces vents très fatigants en été sont par contre fort agréables en hiver où l'effet de Foehn réchauffe sensiblement la température.


L'AUTAN : est ici à l'extrémité de sa zone d'influence. Il rend les animaux nerveux, les gens irascibles et fatigue beaucoup les malades en raison de sa charge d'ions positifs. Par les vents du Nord et du Nord-Est, arrive le froid parfois sévère. Les vents d'Ouest ont parfois, au printemps, un effet très spectaculaire : ils apportent le pollen des pins des Landes qui forme un dépôt jaune d'or très particulier.


LES TEMPERATURES : moyennes assez bien équilibrées entre les mois d'hiver (-4º) et l'été (+17) cachent des extrêmes assez prononcées : de -17 º à +37 º (soit 54 º d'écart). En été, les maxima sont souvent atteints en Août, mais les températures supérieures à 30 º se répartissent entre Juillet, Août et quelquefois la première semaine de Septembre. Les journées très chaudes sont peu nombreuses.

Entre les perturbations de l'équinoxe et avant celles de la Toussaint, il y a généralement " l'été de la Saint-Michel". Puis vient " l'été de la Saint-Martin" - Cela donne, non pas " l'été indien" mais ce que l'on pourrait appeler " l'été bigourdan".

L'AUTOMNE est la plus belle saison de l'année. Les températures sont agréables (on a connu +30 º fin octobre 1996) très supportables car les journées sont moins longues qu'en été. Ce beau temps dure souvent jusqu'à la mi-décembre. Les automnes sont splendides : le ciel d'un bleu intense, les feuillages flamboyants, les Pyrénées à peine couronnés de neige, qui prennent une teinte "améthyste", les couchers de soleil qui atteignent une rare splendeur sont une profonde jouissance pour les yeux. Champignons, châtaignes, figues, pommes, poires, raisins, dernières "pêches de vigne" parviennent à un degré de saveur d'une rare subtilité.

EN HIVER, on rencontre encore de belles journées : +24 º en Janvier 1966, + 23 º en Décembre 1965 et Février 1966. Les minima, sans atteindre les records de France (-41 º dans le Doubs) peuvent causer quelques gênes. Des pointes furent notées en 1985 avec -17 º, en 1986 -14 º, mais sur très peu de jours. La seule exception fut Février 1956 où le thermomètre descendit à -19 º et cela pendant un mois. Le bruit des arbres qui éclataient sur toute leur longueur ressemblait à des salves de grosse artillerie. Les glaces obstruaient les rivières gènant considérablement meuniers et boulangers. L'épaisseur de la couche de verglas rendait les déplacements très difficiles. Au dégel, le bilan des dégâts fut très lourd. Les routes étaient défoncées, beaucoup de récoltes furent détruites, les vignes et les arbres moururent ou furent très abîmés. Il y a eu d'autres hivers très froids. Les anciens parlaient de vin gelé qui avait fait éclater les tonneaux, mais sans préciser de dates. Cela a dû arriver il y a fort longtemps et très rarement.

De temps en temps se sont produits des phénomènes météorologiques aussi violents que spectaculaires ; les étés 1935 et 1936 virent, l'un une tornade qui enleva les toitures et sectiona de gros arbres à mi-hauteur, et l'autre une chute de blocs de glace atteignant un kilogramme.

Toutefois, même en hiver, le ciel reste d'un bleu très intense entre les nuages.


Le 28 Juin 1849 :

Trois personnes de Castelbajac :
Monsieur PIQUE Jean (AMBROSY), 75 ans, maire de la commune,
Monsieur GAYRIMOND Jean (PAROUAT), 66 ans, conseiller municipal,
Madame FONTAN Dominiquette, veuve DUBOSC BARTHET, 45 ans,
se rendirent à Tarbes en voiture à cheval. Dans la journée survint un très violent orage. Nos voyageurs arrivèrent à Burg dans la soirée et on leur dit qu'il était impossible de rentrer à Castelbajac par la route habituelle car Baïse et Bégole avaient débordé et la vallée était inondée. Ils bravèrent les conseils qui leur étaient donnés. Le lendemain, ne les voyant pas rentrer, leurs familles entreprirent des recherches. Le cheval paissait dans un pré. Il avait pu se libérer de la carriole disloquée et les cadavres des trois personnes étaient accrochés aux branches des arbres. Un moulin avait été emporté.

Cette triple noyade impressionna fortement l'opinion car le maire était allé à la Préfecture pour présenter sa démission en raison du conflit qui l'opposait au curé de la paroisse : l'abbé CONTRE.

En résumé, on peut qualifier ce climat de très capricieux : les températures peuvent chuter de 15 et même 20 degrés en 24 heures. Les vents peuvent également tourner très rapidement et il est bon d'avoir toujours un lainage à portée de main.




          



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Entraide apportée par :
- Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET






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