Préhistoire
De Châtillon-en-Bigorre
(© Madame Marthe Delas)



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PRÉHISTOIRE
Pour la période préhistorique, nous étudierons l'ensemble de ce territoire sous le nom de Castelbajac.

Les nombreux vestiges que l'on trouve sont semblables à ceux que l'on rencontre sur tout le Plateau de Lannemezan : tumuli ; tombelles, mottes plus ou moins fortifiées.

La population des âges du bronze et du fer devait être relativement dense si l'on se réfère au nombre très important de tumuli. La mise en cultures en a arrasé la quasi-totalité. Aujourd'hui, très peu sont encore visibles. Les archéologues qui en ont dressé l'inventaire sont restés très en deça de la réalité.

Parmi ces archéologues citons :
Lartet et Chaplain-Duparc vers 1874.
Laverdure vers 1961
Gabriel Puyau (1967 - 1968)

Pour ce qui est de la partie située actuellement sur la commune de Campistrous, signalons que trois tertres : "las Tres Puyos" et deux autres ; "Arioulés de Chourrine" ont été classés en date du 1 er Juillet 1965.

Sur le territoire de Houeydets, lors de la dernière tranche de mise en culture des landes communales (1967 - 1968), Gabriel PUYAU, aidé de quelques bénévoles fit des fouilles au lieu-dit HAN (du latin fanum : sanctuaires consacrés aux dieux pyrénéens).

Il mit au jour cinquante et une tombelles. Des cônes de terre recouvraient des cercles tangents, délimitées par des galets de quarzite (cromlechs), dont le diamètre variait d'environ 1 m 50 à 20 mètres.

Sur la terre noire qui constitue ce sol, avait été déposée une mince couche d'argile, évoquant le sol en "terre battue" des habitations locales, telles qu'on a pu en voir jusqu'au milieu du XX e siècle, dans nos villages.

Cendres et charbons attestaient le présence d'un bûcher élevé sur cette argile. A l'intérieur du cromlech se trouvait une urne, rarement plusieurs. Un galet d'une hauteur de 20 à 30 centimètres était planté verticalement sur le bord intérieur du cromlech. Le diamètre passant par ces galets indiquait la direction N-E - S-W, alors que les urnes n'avaient pas d'emplacement fixe à l'intérieur du cercle. Il était très curieux de voir toutes ces petites bornes orientées dans la même direction. Était-ce la Voie Lactée, guide des grandes migrations ou l'influence des courants telluriques auxquels les hommes préhistoriques semblaient être très sensibles qui les a motivés ? De récentes études faites en Bretagne semblent justifier cette dernière hypothèse.

Appien décrit ainsi des funérailles dont il avait été témoin :

"Le corps fut brûlé sur un bûcher très élevé. Des sacrifices funéraires furent offerts... Les assistants tournaient autour du bûcher en célébrant la louange du défunt... Lorsque le feu fut complètement éteint, un tumulus fut élevé sur les cendres du bûcher".

Ce texte paraît tout à fait approprié à la nécropole qui nous intéresse.

Les monuments, armes, victuailles qui accompagnent la sépulture impliquent une croyance à une survie - à l'immortalité de l'âme. Les cimetière étaient peut-être des lieux de réunions. A certaines époques de l'année, amis, parents, descendants devaient offrir des libations, des offrandes, des sacrifices funèbres sur le tumuli.

Les urnes découvertes par Gabriel PUYAU sont de dimensions variées : l'une d'elles (incomplète) mesure environ cinquante centimètres de diamètre, alors que les autres sont beaucoup plus petites. Elles sont presque toutes en argile rouge. Une seule, assez petite, est en poterie noire finement décorée. Les unes semblent appartenir à l'âge de Bronze et les autres à l'Âge de Fer. La plupart sont visibles à Tarbes (musée Massey).

Au siècle dernier, des archéologues s'intéressèrent aux plus grands des tertres situés à Houeydets. Les "Anciens" racontaient que des "étrangers" embauchaient des gens du village pour piocher. Ils trouvaient des urnes et des armes tordues par le feu (lances ou javelots). Il s'agit probablement de CHAPLAIN-DUPARD. Le produit de ses fouilles est conservé au Musée du Mans (avenue de Paderborn). Des étiquettes indiquent que les urnes ont été trouvées au voisinage de débris métalliques : bronze ou fer et qu'elles contenaient des débris d'os calcinés.

Les urnes en argile cuite se sont très bien conservées. Celles en argile crue se délitaient dès qu'elles étaient au contact de l'air.

Vers 1843, Jean MARQUE, dit "Jean de la Lande" voulut construire sa maison (qui appartient aujourd'hui (en 1995) à son petit-fils, André B. Il arasa un tertre et découvrit des urnes qui devaient être dans un bon état de conservation, puisque les gamins qui gardaient leurs troupeaux dans la lande voisine en firent un jeu de quilles et les cassèrent à coups de cailloux.

Ce tumuli en terre étaient de beaucoup les plus nombreux. Il en reste d'ailleurs un nombre important dans les quartiers dénommés : "Cuyéla, Puyolles, ou grabarole". Ils sont peu visibles car, situés dans les champs, les labours les ont érodés.

Sur le territoire de Houeydets, on trouvait jusque dans les années 1950, dans le quartier " Poutge-Pla" un très grand nombre de très grand tas de pierres sèches. Lorsque, la mé,canisation en a permis l'exploitation, ces pierres ont été utilisées pour paver routes et chemins. Était-ce là des tertres funéraire ? - Si urnes il y eut, le poids des pierres ne peut que les avoir écrasées et enfoncées dans le sol et il est quasi impossible de trouver quelque chose. Il reste peu de ces "Peyrets" intacts.

Enfin, au lieu-dit "Le puyo", un troisième type de tumuli fouillé peut-être par Chalain-Duparc se composait de terre entourant un mégalithe certical. Ceux de ces menhirs qui subsistent mesurent entre 1 m 40 et 2 m 20 de long. D'après la tradition, on aurait mis à jour des "vases, des armes et des médailles".

La datation de ces vestiges ne peut être qu'approximative, aucune analyse au carbone 14 n'ayant été effectuée. Les archéologues font remonter les mégalithes du "Puyo" au néolithique, soit entre 3.000 et 5.000 ans avant notre ère. Les tumuli avec urnes seraient beaucoup plus récents : de l'âge du Bronze ou du Fer, soit de 3.000 ans avant J.C. jusqu'au début de l'évangélisation.

Sur l'actuel territoire de Castelbajac, très peu de tumuli ont été signalés. Mais à l'Ouest du village on peut remarquer le "Tuco de la Mauto". Sur un éperon dominant la vallée de "Rieupeyrous", un poste de guet portant des traces de fortifications (fossé) "couvrait" le CASTERA.





          



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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET






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