Castelbajac .


(© Madame Marthe Delas)



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Contrairement à beaucoup d'idées reçues, la fin du XVII ème et le début du XVIII ème siècles semblent avoir été pour notre village une période de relative aisance. Évidement, nous sommes défavorisés par rapport à d'autres régions, à cause du climat et de l'altitude. Encore que !...

Des retables de l'église de Castelbajac, il n'existe, à notre connaissance, ni devis ni factures. Toutefois, si on se réfère à des factures trouvées pour des travaux similaires, dans les paroisses voisines, force est de constater que les habitants de Castelbajac furent très généreux. Encore ne pouvaient-ils donner que ce qu'ils avaient.

La Bigorre était un "Pays d'États", administrée par "les États de Bigorre". Cette Assemblée était composée de représentants du Clergé, de la Noblesse et du Tiers-État, qui se réunissaient à Tarbes, sous la présidence du Comte de Bigorre et de l'Évêque de Tarbes. La différence essentielle entre les "Pays d'États" et les "Pays d'Élections", c'est que les impôts étaient répartis et levés sous la direction des États de Bigorre, alors qu'en "Pays l'Élections", c'étaient des officiers, fonctionnaires du Roi qui répartissaient et surveillaient la levée des impositions. Comme chacun de ces intermédiaires avait tendance à prélever son écot, les charges se trouvaient alourdies d'autant.

Sous l'Ancien Régime, la communauté de Castelbajac était administrée par des consuls, choisis dans chaque quartier par les "chefs de maison" réunis sur la "Place presbytérale", si le temps le permettait, sinon dans l'église (qui était la maison commune à tous les habitants).

Les registres d'État-Civil, appelés "Registres de Catholicité" étaient tenus par le curé de la paroisse.

Lorsqu'une affaire importante - un procès, par exemple, nécessitait le déplacement d'un représentant de la communauté, les consuls désignaient un "Syndic" qui les représentait.

L'Assemblée Nationale supprima les particularismes, réorganisa et unifia l'administration de la france. Les Provinces disparurent au profit des départements divisés en districts (arrondissements), cantons et communes. L'autorité administrative fut confiée à des agents élus.

Les privilèges de toutes sortes, abolis la nuit du 4 Août, virent les Bigourdans soumis aux mêmes charges fiscales que le reste des Français et ceci devint très lourd pour nos paysans. Beaucoup ne purent faire face à leurs obligations et quelques années plus tard, bon nombre ont vu leurs biens saisis par les huissiers, leurs champs rachetés par des "hommes d'affaires ou marchands de biens" de Galan, Montastruc ou Bonrepos qui s'enrichirent en les revendant à ceux qui purent les racheter.

Le dimanche 13 Novembre 1791, dans l'église de la paroisse de Castelbajac, deux heures après midi, sur convocation faite tant au prône de la messe paroissiale que par affiche à la porte de l'église suivant le décret de l'Assemblée Nationale, ont été assemblés les citoyens actifs de la commune de Castelbajac. Monsieur Monte, curé, expliqua, en français et en langue vulgaire, l'objet de la convocation et a dit que maire, officiers municipaux et notables doivent être élus.

Les bulletins furent remis dans un vase qui a été de suite enfermé dans un coffre à la sacristie.

Le 20 novembre dans l'église, à deux heures d'après-midi les trois plus anciens d'âge ont dépouillé le scrutin. Dominique Mazoe dit Belet ayant été élu maire a, devant le corps municipal prêté le serment de maintenir de tout son pouvoir la Constitution du Royaume, d'être fidèle à la loy et au Roy et de bien remplir ses fonctions.

Seuls avaient voté les "citoyens actifs". Ce terme désignait ceux qui payaient une contribution directe égale à trois journées de salaire. A Castelbajac, ils étaient 96. Les autres, dits citoyens passifs, n'avaient pas le droit de vote. Ce n'est qu'en 1848 que fut instauré le suffrage universel, lequel ne faisait pas référence aux revenus des individus.




           



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Entraide apportée par :
- Mme Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET






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