Castelbajac .


(© Madame Marthe Delas)



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PROBLÈMES RELIGIEUX PENDANT LA RÉVOLUTION :
L'Assemblée Nationale voulut aussi organiser l'Église de France dans un cadre correspondant aux départements. Le nombre des évêchés fut ramené de 135 à 83, chaque évêché correspondant à un département. Les évêques et les curés devant être considérés comme des fonctionnaires publics, élus par les citoyens actifs ou par leurs délégués.

Le 27 Novembre 1791, les prêtres furent invités à prêter serment à la "Constitution Civile du Clergé".

Un des prêtres du diocèse écrit ceci :

"Nous crûmes avec tous les hommes qui avaient été nos maîtres, que les principes de la Constitution Civile du Clergé ne blessait ni la Foi ni les mœurs".

Voici ce que nous pouvons lire dans le cahier des délibérations de Castelbajac :


L'An 1791, le 23 Janvier, jour de Dimanche, à l'issue de la messe paroissiale, dans l'église de Castelbajac, en présence du Conseil Général de la commune dudit lieu, et des fidèles, le sieur Alexis MONIE, curé de Castelbajac et Burg, a dit :

"J'ai déclaré jeudi dernier au greffe de la municipalité, par écrit, que j'étais dans l'intention de prêter le serment auquel je suis assujetti par l'article 30 du décret du 24 Juillet dernier, et réglé par les articles 21 et 38 de celui du 12 du même mois concernant la Constitution Civile du Clergé, et après m'être concerté avec le sieur Baptiste VIRE, maire de cette commune, nous avons fixé ce jour-ci pour la prestation de mon serment, ainsi qu'il vous en a donné lui-même connaissance.

En conséquence, je jure de veiller avec soin sur les fidèles des paroisses qui me sont confiées, d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale, et acceptée par le Roi".

De quoi a été ensuite dressé acte sur le registre de la municipalité par nous, Baptiste VIRE, maire, et Barthélémi IBOS, officier municipal qui avons signé avec ledit MONIE.

MONIE, curé de Castelbajac et Burg - IBOS, Officier - VIRE, maire.

La dérive anti-religieuse s'intensifia d'année en année. La formule du second serment ne fait plus référence au Roi :

L'An 1792 et le 30 Septembre, dans la maison commune, à l'heure de midi, le Conseil Général de la commune de Castelbajac, conformément à la loi de 15 Août dernier, a prêté son serment d'être fidèle à la Nation, de maintenir de tout son pouvoir la Liberté et l'Égalité ou de mourir à son poste. Le même jour, immédiatement après, en présence de la municipalité, le citoyen Alexis Monte, curé de Castelbajac a prêté le serment suivant :

"Je jure d'être fidèle à la Nation, et de maintenir la Liberté et l'Égalité ou de mourir en la défendant".

Le dit MONTE ainsi que les membres composant le Conseil Général de la commune, avaient 24 heures d'avance indiqué par affiches, le jour de la prestation de leur serment. Et a été dressé procès-verbal de tout ci-dessus, le susdit an et jour. Et ont signé ceux qui ont su.

MAZOE, maire - BARRERE - DUFAU - MONTE - BERTRAIS, secrétaire.



La formule du troisième serment est encore modifiée. Le 14 Brumaire, An IV de la République française, dans la maison commune de Castelbajac, est comparu Alexis MONTE, habitant à Castelbajac, lequel a fait la déclaration dont la teneur suit :

"Je reconnais que l'universalité des citoyens français est le Souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République".

Nous lui avons donné acte de cette déclaration et il a signé avec nous.

DUFAU officier - CLARENS officier - IBOS procureur
MONTE - ABADIE secrétaire d'office.



Les tracasseries ne firent que s'amplifier et les Biens du Clergé furent déclarés "Biens Nationaux". La maison presbytérale fut saisie puis mise en vente. Elle fut rachetée par trois copropriétaires qui y maintinrent le curé moyennant un loyer de quatre vingt francs par an payé par la commune, laquelle racheta l'immeuble le 8 Mai 1843.

Il fut interdit de sonner les cloches pour appeler les paroissiens aux offices. Le maire retira donc la chaîne que permettait de sonner, le 20 Pluviôse de l'An IV. - Curieusement, la cloche continuait à tinter. Le maire monta alors au clocher, détacha le battant et le porta à Galan où il devait rester jusqu'au jour de Pâques 1802.

En Mars 1794, il fut ordonné que soient fermées toutes les églises du département. Cette mesure fut-elle appliquée à Castelbajac ? Nous en doutons. D'ailleurs, cette mesure fut abrogée en juillet suivant.




           



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Chacun peut apporter son aide concernant les monographies de nos jours des communes de la Bigorre.

Entraide apportée par :
- © Mme Marthe Delas
.
© Marie-Pierre MANET






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