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Castéra
De Châtillon-en-Bigorre

(© Madame Marthe Delas)


Sceau
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LE CASTÉRA :

Dans des emplacements bien choisis pour l'observation et pour la défense, sur des éperons élevés, des promontoires entourés par des vallons ou des pentes abruptes, on voit encore (mais de moins en moins) des buttes artificielles connues sous le nom de mottes (mauto, puyo, tuco, tucol, tucoulet, turon...).

Elles sont le plus souvent comprises dans des enceintes plus ou moins vastes, entourées d'ouvrages fortifiés, tranchées ou fossés, remparts et remblais de terre et quelques fois de pierres sèches : talus cavaliers etc...

Dans le Sud-Ouest, ces curieux ouvrages sont généralement connus sous le nom de castels, castéra, castériou etc...

On les appelle parfois à tord "Camp de César" ou "Camp Romain". En réalité, ces ouvrages n'ont rien à voir avec la castramétation romaine.

Ils sont établis de façon à surveiller, soit une grande étendue de plaine, soit le débouché d'une vallée ou d'un défilé. Ces populations étaient arrivées à une grande habileté dans l'art de la fortification (Camps de Montmaurin, de Montoussé des Toureilles etc...)

Ce type d'ouvrages correspondant aux besoins des populations et aux ressources qu'elles avaient sous la main se retrouvent avec peu de variantes aussi bien en Anjou qu'en Normandie ou en Angleterre.

A Castelbajac, nous trouvons une des formes les plus simples : un terre-plein rectangulaire d'environ 500 mètres de long sur 150 mètres de large, entouré sur ses quatre faces par des fossés dont la profondeur ne peut-être évalué, mais dont la largeur est de 12 à 14 mètres.

Il est difficile de dater ces ouvrages. Certains doivent remonter à l'Âge de Bronze et peut-être à l'époque énéolithique. L'homme est naturellement belliqueux. Dès l'origine, il a éprouvé le désir d'attaquer son voisin et celui-ci a dû tenter de se protéger.

Au milieu du "Castéra", il y avait une motte castrale. Rasée vers 1970, elle mesurait encore de quatre à cinq mètres de haut pour une vingtaine de mètres de diamètre à la base et était entourée d'un fossé. Ces mottes, édifiées avec la terre retirée des fossés étaient surmontées d'un "château" : petite construction en bois servant d'abri aux guetteurs.

Sur l'escarpe des fossés, s'élevaient des palissades composées de pieux en bois. Des ponts-levis franchissaient ces fossés (L'escarpe est la bordure intérieure du fossé, la contrescarpe étant le bord extérieur).

Sur le terre-plein, quelques bâtiments devaient permettre, en cas de besoin, d'abriter bêtes et gens ainsi que des "provisions" et "munitions".

Beaucoup plus tard, furent construits, toujours à l'intérieur du Castéra, - dans l'angle Sud-Ouest, un château-fort médiévial classique, en pierres - et l'église.

L'importance stratégique de ce lieu est indiscutable. Du sommet de la motte, la vue s'étendait au Nord jusqu'aux confins de l'Armagnac, à l'Est vers Montastruc, le "Castet de la Garde de Hachan, à l'Ouest : " Tuco de la Mauto, le Castet de la Garde de Burg etc...Tous ces points stratégiques étaient vraisemblablement surmontés de "tours à signaux ", et pouvaient échanger des messages.

La tradition locale fait état d'un souterrain qui aurait relié les châteaux de Castelbajac et de Montastruc. Une étude récente, réalisée par un radiesthésiste permet de croire à l'existence d'un souterrain entre la motte castrale de Castelbajac et le château de Montastruc.

La motte castrale était désignée dans les dernières décennies de son existence sous le nom de "Tépè de Nibelo", du nom du plus proche habitant.

Le petit chemin qui traverse l'enceinte de l'ancien Castéra est dit "Chemin de Baradas"" (fossés).

La commune de Castelbajac, cultivée depuis très longtemps a certainement effacé les traces de tumuli, mais il devait y en avoir quelques uns. Lorsque la région fut évangélisée, tous les lieux de culte païens furent "christianisés" par l'érection de croix ou de chapelles. A défaut d'autres signes, on peut supposer que quelques tumuli s'élevaient au quartier de Barba où s'est trouvée ensuite une chapelle dédiée à Saint-Exupère et au quartier de la Paguère où fut signalée une croix, but de processions.

D'après la tradition, un souterrain reliait le château de Castelbajac à l'actuelle maison "Chauvier", qui abritait les écuries du Baron. Or, dans un coin de la cour du château on voyait jusqu'à un passé très récent, ce qui pouvait être considéré comme l'entrée du boyau. Un cabaretier installé sur les lieux l'utilisait comme cave. Lors de travaux dans la maison Chauvier, il fut découvert sous la cuisine, ce qui pouvait être l'extrémité du dit souterrain.

Lorsque les Romains arrivèrent en Gaule, ils ne virent pas toujours de très bon œil, ces fortifications. Ils occupèrent celles qui pouvaient leur être utiles, et laissèrent les autres à l'abandon. Le Moyen-Âge devait relever la plupart de ces lieux qui connurent encore de beaux jours.

Des lieux-dits : Puyo, Turroum, Tourroumbeu, peut-être Manautou, Tuco etc... semblent désigner d'anciens postes d'observation plus ou moins fortifiés.

Il est à remarquer que l&pos;homme ne devait pas seulement se protéger de l'homme, mais aussi d'animaux prédateurs dont certains étaient de grande taille : ours, loups etc...

Châtillon-en-Bigorre ne devait pas être un lieu de passage très intense. Les pistes les plus fréquentées se trouvaient soit plus au Nord (au pied du Plateau), soit plus au Sud (au pied de la montagne : route du sel) ou encore à l'Ouest avec la " Ténarèze" qui passe au sommet de Bégole.

Il devait y avoir là un peuple de pasteurs, relativement sédentaires, pratiquant peut-être la transhumance en moyenne et haute montagne pendant l'été. La brebis devait constituer leur principale ressource. Les auteurs latins parlent de "la cape grossière" des Bigorrais, vêtement en usage chez les bergers jusqu'à un passé récent. Appien fait mention de l'élevage ovin et de l'exportation de "Vestes Bigerricae" (vêtement bigourdans).

Les relations avec le nord de l'Espagne devaient être relativement importantes par la Ténarèse et le col du Rieumajou. Il était assez facile de pratiquer ces voies avec des animaux de trait : chevaux ou ânes.

Strabon insiste sur les analogies entre Bigorrais et Ibères. Jusque dans les années 1930, on pouvait voir encore à Houeydets et à Castelbajac des personnes âgées enveloppées de grandes capes de deuil noires, doublée de rouge. Or le rouge était la couleur de deuil des Ibères.

La région dut être évangélisée entre les V e et VII e siècles. Il y a dans l'église de Castelbajac, une cuve baptismale estimée par d'éminents archéologues, du VII e ou VIII e siècle. Pour christianiser les lieux de culte païens, y furent érigées croix ou chapelles (une vingtaine sur l'ensemble du territoire de Châtillon-en-Bigorre.

L'occupation romaine a laissé assez peu de traces. Quelques mots dans la toponymie, mais aucun aqueduc, théâtre ou temple quelconque. Quelques pas de murs gallo-romains sont encore visibles dans certaines maisons : (Bidaou, Cazat etc...)

L'anecdote suivantes révèle-t-elle une référence à un lointain et célèbre romain ?

Dans la première moitié de ce XX e siècle, lorsqu'un paysan de Houeydets : Marcellin M.P. avait des démélés avec ses bœufs, il leur adressait une invective inattendue :

"Espèce de Marc-Antoine".

Cela peut nous laisser songeurs
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Entraide apportée par :
- © Madame Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET








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