Castelbajac de l'An VIII à l'An IX .


(© Madame Marthe Delas)



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EN L'AN VIII ET EN L'AN IX :

En l'An VIII et en l'An IX, Ducasse avait donc obtenu du préfet qu'il y aurait une municipalité distincte de celle de Castelbajac. Ledit Dominique Ducasse-Guélindou en fut nommé le maire et Luc Abadie-Bernatas adjoint. La commune s'y opposa et, en l'An X, par des ordres supérieurs, le préfet Lannes rétracta sa nomination.

Castelbajac et Houeydets ne firent alors qu'une seule commune. Le citoyen Bernard Abadie maire, eut pour adjoint ledit Ducasse. Les registres furent remis au secrétariat de Castelbajac.

Houeydets ne se tint pas pour battue et reprit ses démarches. Les délibérations se succédèrent des deux côtés. Au vu des documents qu'il en reste, on peut deviner que les échanges verbaux ont été souvent fort vifs et que la bonne foi n'était pas toujours évidente.

La partie Sud du Village de Castelbajac était mieux pourvue par la nature que la partie Nord. Il y avait de belles forêts : Tauzis à l'Est, Havas et Cabiro à l'Ouest. Plusieurs carrières de marne et de pierres y étaient exploitées, assurant gratuitement l'amendement des terrains cultivés. Les landes du Sud étaient à peu près plates, facilement exploitables, alors que celles de la partie Nord ont un relief plus accidenté (les experts ont estimé la valeur de celles du Sud, le quintuple des autres).

Par ailleurs, la commune de Caselbajc était fort endettée. La gestion de son budget (par incompétence, négligence, ou pour des raisons moins avouables) était depuis toujours, des plus fantaisistes ; en 1848, certains impôts communaux n'avaient pas été payés depuis 14 années. Diverses autres dettes traînaient depuis très longtemps.

Houeydets adressa une nouvelle pétition au Préfet en 1847. Castelbajac, pour étayer son opposition à ce partage de son territoire objecta qu'elle arrivait difficilement à faire face aux dépenses municipales avec l'ensemble des revenus de la totalité de son territoire et que, par conséquent, il serait impossible à chacune des deux communes éventuelles d'équilibrer leur budget.

Houeydets rétorqua que les habitants de ce hameau avaient depuis longues années de lourdes charges locales à supporter pour l'entretien de bâtiments publics (église, presbytère, maison commune) dont ils ne pouvaient profiter en raison de l'éloignement et que Houeydets ainsi que Castelbajac peut couvrir sans difficulté toutes les dépenses locales au moyen de ses revenus.

Après d'innombrables palabres, le Préfet donna enfin son accord.

Un nom devait être choisi pour le nouveau territoire. On hésita entre "Courtala" et "Houeydets". Un vote donna la majorité à Houeydets. Il fallut ensuite délimiter chaque territoire. Les habitants du quartier des "Poucourats" souhaitaient rester de Castelbajac. La frontière à l'Ouest fut donc fixée au "chemin du Pich". A l'Est "le chemin du Cascar" foramait une frontière pratique, mais les habitants de la maison "Turroum" auraient souhaité faire partie de Houeydets. On transigea donc de la manière suivante :

" Vivants, ils étaient intégrés à Houeydets et morts, il étaient de Castelbajac".

Leurs tombes se trouvent donc au cimetière de Castelbajac, mais ils allaient à l'école et à l'église de Houeydets et c'était le facteur de Houeydets que assurait leur service.

La maison "Martinet" était accolée à la maison "Turroum" ; Ces gens qui souhaitaient être de Houeydets, construisirent une petite maison de l'autre côté du chemin. La construction n'était pas terminée lorsque survint une décès dans cette famille. Un messager partit donc pour la préfecture de Tarbes afin d'obtenir l'autorisation d'inhumer cette personne à Houeydets, tandis que les fossoyeurs attendaient des ordres pour œuvrer dans l'un ou l'autre cimetière.

Le 19 juillet 1865 M. Labroquère, juge du pays de Galan a procéder à l'installation de M. Dominique Pontail en tant que maire de la commune de Houeydets.

Houeydets et Castelbajac s'en remirent à des experts pour estimer la valeur des biens communs aux deux nouvelles communes. Les résultats des expertises contestées, de nouveaux experts furent nommés. Après de multiples querelles et la médiation du Préfet, ce ne fut qu'en 1874 que le contentieux entre les deux communes fut définitivement réglé. La valeur des biens communs étant répartie en fonction des feux allumants, Houeydets se trouva redevable d'une soulte de douze mille francs envers la commune de Castelbajac.

La jeune municipalité ayant à faire face à la construction d'une école, d'un presbytère, d'une mairie ne voulut pas payer cette soulte en numéraire mais donna à la commune de Castelbajac : 25 hectares de bois taillis au lieu-dit Havas, qui forme enclave dans le territoire de Houeydets. Cet arrangement fut accepté de justesse, une partie des conseillers municipaux de Castelbajc ayant refusé leur signature.




           



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Entraide apportée par :
- Mme Marthe Delas
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© Marie-Pierre MANET






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