La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




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Administration de la voirie

La voirie ne relevait pas de l'Administration communale, même dans le village. Toutes les autorisations en ce qui concerne les constructions, les alignements, les empiétements étaient du ressort des grands voyers de domaines de la Généralité d'Auch. Toutes les contraventions étaient relevées par l'agent commissionné de la voirie qui résidait à Maubourguet. Dès que le procès-verbal était dressé le déliquant était assigné sous huitaine devant le juge de la voirie d'Auch. Dans les archives du Gers (Série C. 538) figurent quelques procès-verbaux dressés contre Jean Lafon-Prentigarde, Jean Jougla-Abédeille, Jean Sensamat et Bernard Larrouzé. La plupart de ces habitants adressent une supplique en décharge de l'amende et obtiennent satisfaction à condition de payer les frais de procès-verbal. Par contre Jean Moulonguet-Lantie qui demande l'autorisation préalable de construire une muraille "pour la fermeture de sa maison et basse-cour et aussi pour réparer sa maison, à charge d'observer le règlement rendu sur le fait de la voirie" obtient satisfaction. Tous ces dossiers datent de l'année 1725.

Un autre dossier recueilli dans le fond de l'Intendance (archives du Gers I. 3590) révèle en 1774 des dissenssions assez graves dans la commune. Il met en cause le premier consul dont le nom n'a pas été retrouvé et un officier public du lieu qui paraît exercer une influence néfaste dans la commune. Le cas est intéressant et mérite d'être exposé à raison de l'importance et de l'étendue des griefs qui y sont énumérés. Il s'agit d'une réclamation adressée au Comte de Parrabère par de nombreux habitants de la commune. Nous en reproduisons intégralement le préambule qui contient des détails intéressants sur l'Administration de la communauté.

"Monseigneur,

Vos soumis et fidèles vassaux de Vidouze formant la plus grande partie de la communauté, sont forcés de réclamer votre autorité, votre protection et votre justice pour arrêter et faire détruire les abus, les vexations et monopoles pratiqués dans cette communauté par l'esprit malin et impérieux du sieur Lamothe, cadet, originaire de Maubourguet.

Il y a environ 16 ans que ce Lamothe, cadet, vint gendre dans la maison de Pierris Gahot du dit Vidouze ; peu de temps après il acheta l'office de notaire dont feu Me Caredes avait été pourvu. Ce Lamothe se fait d'autre part recevoir avocat postulant au siège de Parabère. M. de Franclieu, haut justicier de Lascazères, y nomma pour juge le sieur Lamothe cadet son frère.

Depuis le moment de ces époques on n'a vu et on ne voit à Vidouze que discussions et procès fomentés et soutenus par Lamothe, avocat, postulant au dit Parabère qui exige même de ses clients jusqu'au double et au triple de ses droits. Il s'en fait, dans le dit lieu de Vidouze un parti de quelques particuliers à la tête desquels il s'est mis et par un abus représentatif, il fait passer tour à tour la charge de premier consul sur un de ces particuliers, ses favoris, qui en cette qualité fait la levée des deniers royaux et des revenus de la communauté qui ont été considérables".

Et la réclamation énumére ensuite les divers griefs qui sont élevés à la fois contre Lamothe cadet et le premier consul. Nous nous bornons à analyser sommairement : défaut par les consuls de rendre leurs comptes spécialement pour une somme de 1100 livres due par les habitants pour la contribution du clocher de l'église ; ordonnance obtenue de l'intendant pour la répartition de cette contribution dont l'assiette est injuste pour certains habitants. La communauté prend une délibération pour écarter Lamothe cadet de ses assemblées et lui interdire de se mêler de ses affaires ; mais grâce à l'influence de Lamothe aîné, cette démarche n'eut aucun effet. La requête continue en signalant que des ex-actions graves ont été commises à l'occasion de l'ouverture de deux nouvelles routes sur le territoire de Vidouze. Certains propriétaires dont les fonds avaient été pris pour cet objet ne reçurent en compensation que de vieux chemins sans aucun rapport. Le premier consul ne consulte pas la communauté et s'aboucha avec de mauvais experts pour l'évaluation des indemnités.

Nous passons sur des réclamations plus secondaires et la plainte se termine par la signature des habitants quie sont les suivants : Moune-Larrouzé - Labernadie - Faloy - Toulouse - Dujac - Jougla - Coustères- Cabidos - Dexpers - Pascau - Lacoste -è-Latton - Laporte et St-Germain.

Aucune autre pièce du dossier ne révèle qu'elle fut la suite donnée à cette plainte. Le fait qu'elle figure dans le fond de l'Intendance semble établir qu'elle a été communiquée à L'Intendant. Qu'advint-il du sieur Lamothe cadet ? Tout ce que nous pouvons en dire c'est qu'il a continué à exercer ses fonctions de notaire royal à Vidouze au moins jusqu'en 1807. Conserva-t-il ses fonctions de Greffier du Comté ? Nous l'ignorons.




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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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