La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




00036426
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(Orthographe respecté)

Commanderie de Notre-Dame de Vidouze

L'an 1653 et le vingt-cinquième jour du mois de mars, de matin, au lieu de Vidouze en Rivière Basse, sénéchaussée d'Armagnac, et au devant de la chapelle de Notre-Dame des Landes, régnant Louis par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, par devant moy, notaire royal et témoins bas nommés, a comparu noble Jean de Laborde, disant que, en conséquence de lettres patentes de sa Majesté portant provision de la Commanderie hospitalière ou préceptoriale de Notre-Dame de Vidouze en faveur du dit sieur Bernard de Laborde à la présentation de M. le Grand Aumômier de France ou son vicaire, il se serait mis en possession dès le mois d'octobre dernier plus tôt que autre, et que, en conséquence de sa patente et de cette prise de possession antérieure à toute autre, il se seroit présenté de jourd'huy fête de Notre-Dame de mars à Aris prêtre pour y faire administrer le service divin, confesser et administrer les sacrements, ce qui estent sur le point d'ecéquter et d'entrer dans la dite église, il aurait trouvé sur l'entrée force de Missieurs armés qui oient (ont) donné empêchement au service et autre action et administration des Sacrements, ce que voyant pour empêcher et esviter grans escandale, se seronait retiré avec deux Missieurs de prêtres divin, duquel empêchement et refus le dit sieur Laborde a requis acte à moi notaire qui lui ai concédé ; auquel acte Maître Isaac de Vignau recepveur deu dixme en Viarm (Béarn) faisant pour M. de Caixion commandeur du prébendier de la dite prébande a répondu que le titre dudit sieur de Laborde dunt (dont) est révoqué comme obstructrice par le Roy comme il appert de telle révoquation datée du 16 Janvier 1653 laquelle le dit Vignau fit vouer (voir) le jour d'hier au dit sieur de Laborde et en fit retenir acte qu'il a devers soi et, partant, c'est inutilement qu'il se mit en devoir de vouloir faire faire aucun service ; laquelle revoquation, encore, le dit Vignau a exhibée et fait lecture d'icelle en présence de moi dit notaire et témoins bas nommés et, en conséquence d'icelle a fait commencer le service des masses ayant été dites jusqu'à présent et sur le point de faire continuer le dit service par le sermon qui va être fait, ainsi le dit service aurai été fait exactement, et quant à ce que le dit sieur Laborde dit qu'il se trouve des Missieurs armés sur la porte de l'église, le dit de Vignau répond que se sont de Missieurs du voisinage qui sont voulus venir à la dévotion, pourtant seulement leurs armes ordinaires ; bref le dit de Laborde n'a aucun intérêt dans la revoquation des titres de sont dit fruit (de sa dite prébende) ; à quoi le dit sieur de Laborde a répliqué qu'il doute fort de la vérité de la dite patente attendu qu'elle n'est point scellée ; dit de plus que quand elle serait véritable qu'elle ne peut avoir aucune valeur atttendu qu'elle est subreptice et donnée sans connaissance de cause et sans appeler l'intéressé qui est en possession avant tout autre et au préjudice de la nourriture de prébende et pain d'orphelins à quoy la commande de Vidouze et Saint-Loup sont affectés, l'intention de sa Majesté n'étant point de priver les nécessiteux de leur entretien et de ce qui leur est nécessaire pour vivre suivant et conformément l'intention du fondateur ni aussi de drustrer le droit de M. le Grand Aumônier de France à qui la présentation des dites commandes appartient ; dit, de plus, que les MM. qui ont donné empêchement sont la plus grande part de la religion prétendue réformée et d'(a)ucuns d'eux armés de mousquetons et fusils et autres armes et par ainsi estouaient employés pour le dit empêchement et ne vouant point à la dévotion ; de quoy et de tout ce qu'il douait protester et proteste contre les dits opposants et parties, a requis acte, requérant que la patente, ainsi qu'il a été requis dans l'acte sonait monstré audit sieur Bernard de Laborde pourvu des titres des dites soumandes ; le dit sieur de Vignau a répondu comme dessus, à quoy il persiste et ajoute que c'est erreur de dire que la revoquation est une patente, qu'elle n'est point celle (telle) d'autant que c'est un brevet qui commende ce jourd'huy 16 Janvier et ce qui s'ensuit ; dit qu'il est certain que le brevet ne suffit point ; tel brevet ne peut être reçu en doute pousqu'il est signé du Roy et contresigné de M. de Philipauk, secrétaire d'État en date comme dessus du 16 Janvier ; quant à ce qui le dit sieur de Laborde dit que telle révoquation est abreptice de ce défaut puisqu'il a suivi le même ordre par lequel le dit sieur son frère a tenu, s'estant fait pourvoir de la dite commanderie ; attendu qu'il n'appelle pas le dit sieur de Gassion lequel était pourvu du titre de telle commanderie plutôt que lui ; dit de plus que telles commanderies ne sont pas des maladreries qui puissent être possédées par des personnes layes (laïques) et sans aucun ordre ecclésiastique tels que le dit Laborde médecin ; mais bien des fonctions qui ont toujours été tenues par des clercs et prêtres et dont la nomination, collation et provision appartient au Roy de plein droit et non au dit seigneur Garnd Aumônier ; adjoute à tout ce que dessus que le dit sieur de Gassion est détenteur de son titre de plusieurs mois aux prétendus brevets du dit Laborde ; en conséquence duquel, il se trouve en possession du dit bénéfice, rente et revenu d'iceluy qu'il a perçu l'année passée et y ayant fait le service de la chapelle de la dite commanderie et réparations nécessaires jusqu'à présent ; pour la fin, il dit que ce n'est pas lui à s'informer ay ceux qui viennent aujourd'huy à la déversion (à l'adversaire) à la dite chapelle sont de la religion réformée ; non plus pourquoy ils portent des armes ; croyant néanmoins que la conjoncture du temps et d'affaires remarque a lieu il peut reprocher plus justement qu'il est venu ici avec ses parents et amis protester contre le dit sieur Laborde et ses adhérents au cas où il la trouble en la continuation du service qu'il a fait commencer en la dite chapelle. De tout ce qu'il peut et doit protester et particulier les prendre tous à partie et de les faire assigner au Conseil. Le dit sieur de Laborde a répliqué que la verté (vérité) de tout son dire s'exclissera (s'éclaircira) par enquête.

Présents : Jean Carde et Jean Desnabères, notaire royal.

(Archives Basses-Pyrénées - Fonds Dubarat - Clergé - Divers).



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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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