La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




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Renseignements sur la liste des consuls et autres

On peut d'après les renseignements ci-dessus émanant des documents Chanchou, compléter comme suit la liste des consuls et autres délégués, fonctionnaires, ouvriers et employés de la communauté.


CONSULS

1714 - Depierris Chanchou (voir reçu d'ustensile de cette date).

1749 - 1750 - Nous avons cité comme consuls en cette année 1749 : Moulonguet-Moureu, Larrouze-Hourtic, Navères-Baron et Laterrade-Sedze. Un procès-verbal de transport de Justice du 29 Juillet 1749 cite d'autres noms : Jean Depierris, Joseph Larrouze, Joseph Latapie-Gendrou et Pinan. La contradiction n'est qu'apparente. Ces derniers étaient en exercice en Juillet 1749 et sont les consuls de l'année ; les premiers ont dû être désignés en Septembre 1749 pour exercer leurs fonctions en 1750. D'autres anomalies du même genre peuvent exister dans la nomenclature que nous avons établie.

1770 - (d'après une déclaration de Jean Bourdenou, collecteur d'impôt du 21 Février 1791) : Jean Latapie-Gendrou.

1773 - (d'après un reçu signé du curé de Vidouze du 18 Juillet) : Jean Depierris, premier consul.

1778 - (d'après un procès-verbal d'Assemblée Générale du 18 Février) : Jean Depierris-Flouquet, Jean Navères-Perdigue, Antoine Lafon-Jendoulet, Jean Navères-Labesque.

1780 - (d'après un reçu du 11 Mai signé par lui-même) : Depierris-Lareu, premier consul.


BERGERS :
(Chargée de convoquer les habitants pour les Assemblées et les corvées).

1779 - (d'après un procès-verbal dressé le 25 Novembre contre Mieudonnet et sa sœur) : Laporte Tarride pour le quartier Moulonguet et Mieudonnet dit Péré pour le quartier de Lacoume.


GARDE DE LA COMMUNAUTÉ :

1778 pour 1779 (Procès-verbal de l'élection consulaire du 2 Septembre 1778) : Gabriel Clément Larfanche.


OUVRIERS OU EMPLOYÉS :

1778 - (d'après le procès-verbal de l'Assemblée Générale du 18 Février) : Dominique Pélanne.

1781 - (d'après une quittance signée de lui) ; le même. Il recevait chaque année 15 livres pour l'horloge, l'huile et balayer l'église.

Le dernier document Chanchou relatif à la police administrative relate un incident grave qui s'est produit le 25 Novembre 1778 entre les Consuls, d'une part, un habitant de la commune. Mieudonnet dit Péré et sa sœur, d'autre part. Nous publions ci-dessous intégralement les deux pièces qui en précisent tous les détails ; la première est une supplique adressée par le Consul à Monseigneur l'Intendant de la Généralité d'Auch. Elle est ainsi conçue :

"Les consuls modernes du lieu de Vidouze ont l'honneur de présenter à votre Grandeur le procès-verbal qu'ils ont dressé le 25 Novembre mois courant contre le nommé Mieudonnet dit Pér&é et sa sœur ; il résulte de ce procès-verbal une vérité exacte et constante des faits y mentionnés savoir que non seulement ils ont été grièvement et atrocement outragés et insultés dans leur dignité de consul, mais encore battus et excédés par les dits Mieudonnet frère et sœur.

"La résistance et la rébellion de ces réfractaires attirèrent la rumeur et la risée d'une grande partie de la paroisse qui est assez considérable. Si les dits Mieudonnet, frère de sœur, ne sont pas punis dans cette occasion, l'autorité des Consuls de Vidouze n'est plus rien ; ils ne seront pour rien dans aucune occasion, les autres habitants voyant la désobéissance, l'outrage et l'insulte impunis, suivront, sans histoire, l'exemple des dits Mieudonnet ; de là cette conséquence que les intérêts du Roy et du public en souffriront nécessairement. Il est donc, sans difficultés, de l'intérêt et de la dignité du Consulat et pour le bien et avantage public, d'interposer l'autorité de votre Grandeur dans cette occasion.

A ces causes, il plaira, de vos grâces, Monseigneur, vu le susdit procès-verbal, condammer les dits Mieudonnet frère et sœur à une réparation publique envers les suppliants et à telle aumône envers les pauvres du lieu qu'il vous plaira d'arbritrer qui sont distribuées aussi publiquement, lui faire défense de récidiver, leur enjoindre d'obéir aux ordres qui leur seront liquidés et taxés par M. votre subdélégué du département. Et les suppliants continueront leurs vœux ou pour la santé et la prospérité de votre grandeur : Depierris, Duffau, Danguin, Larrouzé, consuls signés
".

Le procès-verbal joint à la supplique était ainsi conçu :

"L'an 1778 et le 25 e jour du mois de Novembre, vers les deux heures de l'après-midi, nous jean Depierris-Lareu, Jean Duffau Gnan, Henri Danguin Bruhat et Jean Larrouzé Bartou, tous quatre consuls modernes du lieu de Vidouse, certifions que les nommés Laporte Tarride et Mieudonnet dit Pérè furent nommés Béguers de la communauté de Vidouze pour finir l'an 1779, à commencer du dimanche en Septembre dernier ; qu'ils furent nommés par le premier consul qui sortit de charge suivant l'usage et comme la paroisse est fort étendue, le dit Laporte devant servir pour la quartier appelé Moulonguet et le dit Mieudonné dit Péré pour le quartier appelé de Lacoume ; que la fonction de Béguer consiste à mander les assemblées et les corvées en allant avertir les habitants dans leurs maisons ; qu'ils reçoivent les ordres pour cet effet du garde qui est nommé par le seigneur ou ses représentants en même temps que les consuls ; que ceux-ci ayant reçu le mandatement de la taille il était question d'arrêter l'état des impositions dans une Assemblée Générale ; que d'autre part ils reçoivent des ordres pour convoquer les habitants pour faire et donner un état de tous les corvéables ; le dit Bartou, 4 e consul, fut chargé d'avertir le dit Gabriel Larfanche, garde, de faire commander les habitants du quartier de Lacoume par ledit Mieudonnet Péré à l'effet de se trouver à l'Assemblée Générale aujourd'hui ; que le garde s'étant acquitté de la commission via (?) avis le dit Mieudonnet. Celui-ci lui répondit qu'il ne lui plaisait pas d'obéir et le chargea d'injures ainsi qu'il a été rapporté par ledit Larfrange garde ; que les dits consuls s'étant rendus de matin à l'Assemblée vers les 9 heures, ils ont été fort surpris de voir qu'il n'y avait que le quartier Moulonguet assemblé par le dit Laporte, béguer dudit quartier.

Tous les habitants et les consuls, indignés du refus dudit Mieudonnet dit Péré d'obéir aux ordres de ces derniers, il a été verbalement différé qu'il serait puni de désobéissance qui était une récidive de sa part parce que il avait également désobéi dans une autre occasion et qu'il serait de suite pignoré par lesdits consuls ainsi qu'il est d'usage, n'ayant point de prison et qui est, par conséquent, la seule voye qu'ils pratiquaient pour se faire obéir. En conséquence, nous nous sommes transportés dans la maison et domicile dudit Mieudonnet dit péré et ayant trouvé les portes fermées, nous nous sommes retirés dans une maison voisine pour attendre son retour, et étant enfin arrivé avec la nommée Marie, sa sœur, nous lui avons demandé pourquoi il n'avait pas voulu mander l'assemblée ; il nous a répondu qu'il ne lui plaisait pas ; alors nous lui déclarâmes que nous allions le pignorer dans l'instant. Et de suite, donnâmes ordre au dit Larfranche dont nous étions accompagnés et devant témoins de prendre un foussoir nommé eschauda et une parie de câbles, lesdits Mieudonnet et sa sœur lui sautèrent dessus pour s'y opposer et le lui arrachèrent ; et nous dit Consuls, nous étant approchés pour en imposer aux dits Mieudonnet Péré et sa sœur, nous avons reçu plusieurs coups de leur part avec un râteau de fer sur les bras, sur les mains, des coups de sabots sur les jambes indépendamment de mille injures atroces qu'ils ont proféré contre nous en nous qualifiant de fripons, coquins, voleurs, le dit Mieudonnet criant toujours à sa soeur de nous donner sur les têtes et de nous tuer ce qui nous a forcés d'abandonner les dits effets pignorés et de nous retirer.

Tout ce dessus est exactement vrai ; nous espérons que Monseigneur l'Intendant voudra bien nous en venger et de punir les dits Mieudonnet frère et sœur suivant la riguer des peines qu'ils méritent. Cette punition doit être publique parce que nous avont été publiquement et grièvementoffensés. C'est dans cet objet que nous déférons cette plainte audit seigneur Intendant en le suppliant en même temps d'ordonner et d'enjoindre par provision, audit Mieudonnet Péré d'obéir aux ordres qui lui seront donnés en notre qualité de Consul ; et dont ledit seigneur Intendant sera plus amplement supplié par une requête qui lui sera présentée en notre nom ; de quoi et de tout nous avons dressé le présent procès-verbal que nous avons signé".

L'Intendant, après avoir pris l'avis de son subdélégué de Maubourguet informa les Consuls, à la date du 13 Janvier 1779 qu'il le renvoyait " à se pourvoir où et devant qui il appartiendra. Par cette décision, il s'estimait incompétent, les excès et injures relevant de la Justice et non de l'Administration.

La suite de cette affaire et son dé,nouement se trouvent dans les dossiers Parabère (Archives Hautes-Pyrénées, sée B nº: 2223 à 2227). L'Intendant s'étant déclaré incompétent, les Consuls adressent, en effet, une plainte au juge du Comté de Parabère.




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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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