La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




00036426
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Plainte au Juge de Comté de Parabère :

Sans reproduire in extenso ce document qui ferait double emploi avec la réclamation adressée à l'Intendant, nous en analysons les principales dispositions.

Après s'être rendus chez Mieudonnet pour le "pignorer" les consuls ordonnent au garde de la commune de procéder à la saisie ; à ce moment Mieudonnet et sa sœur tombent sur les suppliants et les assomment à coups de râteaux de fer et de sabots. Henri Denguin-Bruhat reçut un soufflet et Jean Dufau-Gnan un coup de râteau ; en outre, Mieudonnet et sa sœur traitent les Consuls d'injures les plus graves. En conséquence les plaignants sollicitent une enquête et demandent au Juge de décerner contre les inculpés tels décrets que de raison avec conclusions des condamnation.

Le 29 Janvier 1779 le Juge ordonne l'enquête et l'assignation des témoins. Le 31 Janvier, Pierre Dabadie, Maître chirurgien du lieu de Vidouze expose les blessures qu'il a constatées sur Denguin-Brubat et Dufau-Gnan. Huit témoins sont entendus et confirment les dires des plaignants. Le dossier est communiqué le 3 Février au Procureur Fiscal qui requiert qu'il soit décerné décret d'ajournement personnel contre Jean et Marie Mieudonnet. Ceux-ci sont interrogés le 10 Février et nient tous les faits qui leur sont reprochés ; de plus, et par requête spéciale Mieudonnet porte plainte à son tour contre les Consuls en excès et services. Une nouvelle enquête est ordonnée ; elle n'existe plus au sossier ; mais nous savons par de nouvelles conclusions du Consul qu'elle a eu lieu et que quatre témoins ont été entendus. Dans ces conclusions les dits consuls demandant au Juge à rejeter la plainte de Mieudonnet et ils demandent des réparations et des dommages intérêts. Le jargon judiciaire de l'époque est à noter. Pour justifier les dommages intérêts, l'avocat des Consuls n'hésite pas à affirmer avec une gravité qui frise le ridicule que le soufflet reçu par Denguin-Bruhat a affecté "la partie la plus noble du corps, le visage, qui est l'image de la beauté céleste ainsi qu'il dit dans les articles 17 du Code (?) facies ad similitudinem pulchridinis coelestis est figurata".

Le 9 Mars 1779, le Procureur fiscal établit ses conclusions définitives et le 22 Mars le Jugement est rendu. La plainte de Mieudonnet contre les consuls est rejetée. Jeah Lhérété Mieudonnet et sa sœur sont condamnés à se transporter à la maison du premier consul où en présence des quatre Consuls et de quatre témoins, ils retracteront toutes leurs injures et en demanderont pardon ; Marie Lhérété est condamnée, en outre, à cinq livres d'aumôme envers les pauvres de la commune ; enfin les 2 accusés sont également condamnés à 60 livres de dommages intérêts et à ne plus récidiver sous peine d'une plus sévère application des lois.




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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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