La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




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Les seigneurs de Lascazères, Sombrun et Vidouze

Dans les archives du Château de Lascazères (Hautes-Pyrénées), voisin de Vidouze, nous avons trouvé des documents fort importants, réunis au XVIII e siècle par le marquis de Franclieu et deux seigneurs, ses voisins, pour défendre leurs intérêts contre un arrêt de défaut du Conseil d'État du Roi qui, les considérant comme usurpateurs du divers de leurs domaines, en avait ordonné la revente aux enchères au profit de l'État. La contestation portait, notamment, sur Lascazères au Marquis de Franlieu, Sombrun au seigneur de ce lieu et Vidouze au Comte de Parrabère. Le mémoire déposé au conseil d'État pour demander annulation de l'arrêt de défaut, indiquait tous les titres de propriété sur lesquels se basaient les trois opposants pour établir leurs droits légitimes. Le mémoire débutait ainsi :


"Les terres de Lascazères, Sombrun et moitié de Vidouze sont des fiefs particuliers situés dans le pays de Rivière ; ils étaient possédés sous la mouvance des Comtes d'Armagnac, qui n'avaient concédé que la basse et moyenne justice et la directe".

Après avoir donné des précisions que les seigneuries de Lascaszères et de Sombrun, en 1319 et 1321, le mémoire ajoute :

"Dans le siècle suivant, il paraît que les terres de Lascazères, Sombrun et la moitié de Vidouze se trouvaient réunies dans la maison de Barbazan-Faudoas".

Les preuves données par le mémoire sont les suivantes :

1 º - Le 11 avril 1450 et par acte de Lahonne, notaire royal de Ladevèze, Gérard de Barbazan-Faudoas vend les dites terres à noble Pierre de Forgues avec la justice basse et moyenne, les fiefs, rentes, dimes, etc... moyennant 3.000 écus d'or ;

2 º - Par testament de noble Jean de Forgues, retenu le 1 er février 1575 par Lembège, notaire de Larreule, l'usufruit de ces terres est donné à Catherine de Forgues, sa sœur et à Arnaud-Guilhem de ST-Lanne, son neveu"
.

Au début du XVII e siècle, ce même domaine est en possession du Roi Henri IV sans que le mémoire ait pu déceler en vertu de quelles circonstances il en était devenu propriétaire. Mais les preuves authentiques de ce droit de propriété abondent. En effet, le 4 Novembre 1599, une lettre de cache du Roi, datée de St-Germain, ordonne à Bertrand de la Valade, Président le la Chambre des Comptes de Nérac et au Procureur Général du Comté d'Armagnac de vendre des biens aux enchères. Cette Commission est enregistrée à la Chambre des Comptes de Pau le 13 Juillet 1600. L'arrêté ne subsiste plus aux archives des Basses-Pyrénées, mais il est mentionné dans un autre arrêt, du Parlement de Navarrre, du 12 Juin 1728, à la suite du dénombrement de ses terres fait, à cette époque, par le Marquis de Franclieu (Archives Basses-Pyrénées -Série B.5734) En conséquence de la lettre de cachet d'Henri IV, les terres sont vendues et acquises pour la somme de 12.000 livres par noble Pierre de Caussade.

Le 18 Mars 1604, ce seigneur représente la quittance de versement des fonds aux Commissaires du Roi qui lui passent contrat de vente des terres de Lascazères, Sombrun et moitié de Vidouze sous réserve de l'hommage d'une paire de gants pour la moitié de Vidouze que le sieur de Caussade sera tenu de payer à sa Majesté comme Comte de Bigorre. Cette dernière qualification n'a rien d'étonnant puisque la maison de Barbazan-Faudoas, d'où provenait le domaine, était un fief particulier de ce Comté.

Il est donc établi par l'ensemble de cette documentation qu'une partie de la communauté de Vidouze passe du XV e au XVII e siècle de la maison de Barbazan-Faudoas aux seigneurs de Forgues ; ensuite à Henri IV et par voie d'enchères à noble Pierre de Caussade. Dans la suite et par alliance, le domaine tomba en mains de la famille de Busca, ce dernier en devint le légitime seigneur. Le mémoire indique que si la famille de Franclieu est restée propriétaire de la seigneurie de Lascazères, les auteurs de l'exposant ont revendu leurs droits que la moitié de Vidouze aux auteurs du Comte de Parrabère à une époque indéterminée. cette vente remonte à une époque antérieure à 1728 puisque, à cette date, nous avons déjà un arrêt du 12 Juin du Parlement de Navarre donnant acte au Marquis de Franclieu du dénombrement de ses terres, et Vidouze n'y figure plus. La Comte de Parrabère est donc resté le seigneur incontesté au moins de la moitié de Vidouze jusqu'à la Révolution de 1789. De nombreux documents d'archives l'établissement et notamment le rôle des vassaux d'Armagnac établi en 1773 où figure le Comte de Parrabère pour la terre et seigneurie de Vidouze (Archives Basses-Pyrénées - Série B.5591). Un des représentants de cette maison au XVIII e siècle paraît être :

"Haut et Puissant seigneur Louis de Barnabé de Beaudéan, chevalier, comte et seigneur de Parrabère et Pardeillan, seigneur de Borau et autres lieux, chevalier de l'Ordre de St-Louis, habitant à Paris, rue Louis le Grand, paroisse de Saint-Roch".

(Acte retenu par Me Lamothe, notaire de Vidouze du 30 Janvier 1768, aux minutes de Me Carrère, notaire à Maubourguet).

Son fils Alexandre, César, est né en 1766 et a été vraisemblablement le dernier seigneur de Vidouze avant la Révolution. L'origine des Comtes de Parrabère remonte au XV e siècle. A cette époque, Arnaud de Momas, cadet, reçoit en partage la terre de Parrabère et fonde la branche des Comtes (La Chesnaye-Desbois - Dictionnaire de la Noblesse).

Dans l'état des paroisses du diocèse de 1783 - Tome II L577 (Archives municipales de Tarbes), le curé de Vidouze, répondant au questionnaire de l'Évêque, écrit que le Comte de Parrabère est seigneur de Vidouze. Il possède dans sa contrée des moulins, des fiefs, des bois à haute futaie dans quatre paroisses toutes attenantes. Il est haut justicier ; de cette justice on va à Lestoure et de Lectoure au Parlement de Toulouse. Il est à remarquer que l'assertion du curé sur la haute justice est sujette à caution. Henri IV n'avait vendu les terres qu'en moyenne et basse justice et nous ne trouvons pas de document établissant que dans la suite les Comtes ont acquis la haute justice.




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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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