La monographie locale

de Vidouze.
De R.ANCELY

(© ADHP - A 303)


(Monographie offerte par M. Alain Eymard)




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Analyse de quelques affaires criminelles :


1. Registre B. nº 2222 :

22 Mars 1779 : Sentence du Juge de Parabère entre Baptiste Pélanne Touya de Vidouze et Jean Lhérété-Mieudonnet dudit lieu pour violences exercées par le défendeur contre la fille Pélanne, mineure. Lhérété se défend en prétendant que la fille Pélanne a pénétré dans son enclos avec ses cochons, qu'elle a enlevé du bois mort servant de barrière et a emporté des fruits de toute espèce. Après enquête, le Juge rejette les allégations de Lhérété et le condamne à 10 livres de dommages intérêts au profit de la fille Pélanne.

Nota : Ce Jean Lhérété-Mieudonnet paraît être le même que celui dont nous avons parlé précédemment et qui avait, avec sa sœur, exercé des violences sur les Consuls de Vidouze la même année. On trouve souvent son nom soit comme demandeur, soit comme défendeur. Il gagne rarement ses procès, saut peut-être les deux qui suivent.


28 Janvier 1771 - Jean Lhérété contre Jean et Bertrand Depierris. Affaire d'excès et injures. Le Juge met hors de cause Jean Depierris parce qu'il a reconnu que Lhérété était un honnête homme. Bertrand Depierris est condamné à 60 livres de dommages intérêts.


16 Mai 1782 - Entre Jean et Marie Lhérété-Mieudonnet et les époux Jean-Baptiste Pélanne. Ces derniers sont inculpés de délit grave sans autre précision. Ils sont condamnés à 40 livres de dommages intérêts.


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2. Registre B. nº 2223 :

1770 - Plainte de Jean Darbus Lafontaine et Bernard Navères-Labesque, Consuls de Vidouze contre Labat de Haut, Labat-Laverdure et Rolle. Faits : d'après les status et coutumes de la communauté, il était enjoint aux habitants de tenir leurs chiens en laisse depuis le 15 Août jusqu'à la fin des vendanges ; et de même il leur est défendu de prendre des raisins et autres fruits, le tout à peine de "pignobe" (sorte de saisie). Instruits de ce que les Labat et Rolle ont contrevenu à ces dispositions, lesdits Consuls se sont transportés en chaperon à leur domicile pour leur faire des injonctions et procéder à la pignore. Labat les injurie et les menace du poing ; Laverdure frappe Navères d'un coup de poing ; Rolle s'empare d'un volant et poursuit Darbus Lafontaine qui est obligé de prendre la fuite. Une enquête a lieu le 2 Novembre ; elle confirme les accusations des Consuls. La sentence du Juge n'a pas été retrouvée.


1779 - Plainte de Jean Gurs-Pébole contre Antoine Depierris-Archambaud pour excès et sévices, accompagnée d'un certificat médical. Enquête du 27 Juillet confirmant les accusations. Le procureur fiscal requiert l'assignation de l'inculpé pour interrogatoire. La suite n'a pas été trouvée.


1782 - Plainte de Pierre Sacé cadet de Vidouze qui, travaillant dans "un atelier de charité", à Lahitte-Toupière subit les voies de fait de trois individus de cette commune. L'enquête, effectuée le 17 Juin, confirme ; mais la suite n'est pas connue.


1771 - 1775 - Plainte de Charles de Navères-Bousquet contre Pélanne-Touya et sa femme qui ont arrraché des vignes et emporté des fagots de la propriété du plaignant. Après trois enquêtes successives effectuées au cours de ces quatre années et production par Navères de son titre de propriété, le Procureur Fiscal conclut à la condamnation des Pélanne en 10 livres de dommages intérêts. Le jugement définitif n'a pas été retrouvé.


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3. Registre B. nº 2224 :

29 Juillet 1749 - Transport de justice effectué par le Juge de Parabère à Vidouze au sujet d'un assassinat. En présence des Consuls le magistrat se rend au quartier déus Pesquès où se trouve, sur la voie publique, le cadavre d'un sieur Jean Francès, originaire de Bénéjacq-en-Béarn et régent du lieu de Lahitte. La victime est couchée sur le dos et porte "un grand trou dans l'estomac". Deux chirurgiens de Vidouze, requis par le Juge : Jacques Salles et Dabadie précisent qu'elle a été tuée d'un coup de feu dans la région du cœur. Aucune suite n'a été trouvée.


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4. Registre B. nº 2226 :

Mai 1767 - Plainte de Jean Larrouzé de Vidouze et de sa mère contre le sieur Jean Lhérété-Mieudonnet dudit lieu. Il y expose que le 14 Mai, Lhérété a voulu traverser un de ses labours avec un char de fumier. Sur son opposition Lhérété a dit qu'il passerait quand même. Larrouzé se met alors devant les bœufs pour les empêcher d'avancer. Alors Lhérété lui donne un fort coup d'aiguillon sur la tête, le prend aux cheveux et le traîne jusqu'aux bords du canal du moulin ; l'enquête confirme les faits et le Juge ordonne de citer Lhérété. L'affaire s'arrête là.


Septembre 1764 - Plainte du Consul contre certains habitants de Vidouze qui commettent des vols de thuys et de bois dans la lande communale. L'enquête est effectuée le 11. Neuf témoins sont entendus qui désignent des coupables du quartier. Sur conclusion du Procureur fiscal le juge ordonne de les ajourner devant lui aux fins d'interrogatoire. Aucune suite n'a été trouvée.


Janvier 1784 - Plainte de Jean Carchan dit Boulogne de Vidouze contre les sieurs Talabot et Bernard Saquet accusés de l'avoir frappé à l'occasion d'un charivari. A la suite de l'enquête, le Procureur fiscal conclut le 15 Janvier 1785 à 50 livres d'amende contre Talabot et à la relaxe de Saquet. Le jugement définitif n'est pas au dossier ; mais un reçu remis par le greffier au plaignant constate qu'il a reçu ses pièces pour les déposer au greffe criminel de la Cour souveraine du Parlement de Toulouse. Il est donc vraisemblable qu'une sentence a été rendue dont il a été fait appel.


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4. Registre B. nº 2227 :

Octobre 1788 - Instance contre J. N.... de Vidouze accusé d'avoir eu des relations coupables avec demoiselle M. D... G... d'où il est né un enfant. Aprè enquête N.... est condamné à se charger de l'enfant et à payer à la mère la somme de 100 livres pour frais de couches et 6 livres par mois depuis la naissance pour entretien et nourriture.

Nota : Sous l'ancien régime et notamment en Béarn, les relations hors mariage étaient interdites et constituaient un délit judiciable des tribunaux criminels ; en général les amants coupables étaient condamnés à l'amende, l'homme payant à la fois pour lui et sa complice. Il était en outre obligé de prendre l'enfant, de l'élever suivant la religion catholique, apostolique et romaine ; et s'il n'y avait séduction de payer des dommages intérêts.




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Entraide apportée par :
- M. Alain Eymard
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© Marie-Pierre MANET







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