Monographie de la Bigorre
ou Hautes-Pyrénées
département 65

(© A.Hugo)


("La France pittoresque" - Tome III - 1835)
© "Édition CeJourd huy Maisons-Alfort"



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HISTOIRE :

L'histoire du département se rattache à celle de la Gascogne. - Le pays compris dans la province Narbonnaise par les Romains eut pour habitants primitifs des peuples que César nomme Tarbelli, Bigerriones et Flussates. - De la domination romaine il passa successivement à celle des Visigoths, des Francs, des Gascons. - Le Bigorre, ainsi que le pays des Quatre-Vallées, eut des comtes à l'époque du gouvernement féodal. - Ces diverses provinces, réunis au Béarn en 1252, en ont depuis suivi le sort, et faisaient partie du patrimoine de Henri IV. - Après avoir appartenu aux comtes de Bigorre, les vallées du Lavedan eurent, vers l'an 1000, des vicomtes particuliers ; elles furent plus tard réunies à la Gascogne.

Avant la Révolution, le Bigorre était un pays d'États ; il avait divers privilèges : ses députés, présidés par l'Évêque de Tarbes, se réunissaient tous les ans pour traiter de la répartition des impôts et des objets qui pouvaient intéresser le pays.


ANTIQUITÉS :

Les Monuments antiques autres que ceux du Moyen-Âge sont rares dans le département ; cependant, parmi les débris de l'époque romaine, on peut citer les établissements thermaux voisins de Cauterets, et que l'on nomme, l'un Bains des des Espagnols, l'autre Bains de César. - Dans le premier, on voit encore la voûte antique ; le reste des anciennes constructions est tout-à-fait en mauvais état. - Les Bains de César offraient autrefois une large piscine surmontée d'une voûte, éclairée par deux ouvertures de forme ovale ; aujourd'hui, cette distribution est changée et appropriée à l'usage que l'on fait de cette source. - Dans un pâturage, auprès de Laurès (arrondissement de Bagnères), on a découvert, il y a vingt ans, un beau pavé en mosaïque riche de couleurs diverses assez bien conservé, et plusieurs cuves en marbres. - La ville de Saint-Bertrand, ancienne capitale du Comminges, passe pour l'ancien Lugdunum Convenarum de Strabon et de Pline.

On trouve dans les environs de cette ville, qui, au moment de la révolution, était encore un évêché, beaucoup de débris antiques, tels que vases, statuettes, tronçons de colonnes, restes d'aqueducs, médailles, briques, poteries, etc. - Un grand nombre d'autels votifs découverts dans le département sont consacrés à des dieux locaux, inconnus mêmes aux plus habiles mythologues. Ainsi, dans les inscriptions, on lit les noms de Héliougmouni, Armaston, Bocchus, Astoïlunnus, Abellion, Arardus, Iscitus, etc. - Une voie romaine qui conduisait de Dax à Toulouse traversait le département, on en voit encore des traces ; et l'on trouve non loin de Saint-Martin d'Arcizac en Bigorre, l'Estelou de Vielle, espèce d'obélisque tel que les Romains en plaçaient le long de leurs grandes routes ; c'est une masse carrée de 309 pieds de haut sur 8 d'épaisseur, bâtie par assises de briques et de pierres presque cubiques ; les revêtements en sont encore conservés dans quelques parties. - Une pierre levée (celle des Créchets, près de Barousse) n'appartient pas à l'époque druidique, et ne paraît être qu'un accident naturel.


MŒURS, CARACTÈRE, ETC :

Les mœurs et le caractère des habitants de Tarbes et des principales villes du département où affluent les étrangers qui fréquentent les eaux thermales sont empreintes d'urbanité et de politesse. L'esprit de sociabilité y est répandu. On trouve chez les Bigordans une imagination vive, un esprit ardent, une sensibilité qui dégénère souvent en susceptibilité. Les Béarnais, leurs voisins, leur reprochent de manquer de franchise, et ceux qui citent avec orgueil le proverbe Bearnès "faus et courtès", ne manquent jamais d'ajouter "Bigordan pir que can". Mais ce n'est pas dans ce proverbe d'un jaloux voisinage qu'il faut chercher la véritable peinture des mœurs. Nous préférons citer l'opinion de M. La Boulinière, qui, ayant rempli des fonctions publiques dans le pays, a été, à portée de l'étudier.

"Le caractère des habitants de ce département est trop vif, trop léger, trop mobile, pour que la haine puisse s'enraciner dans les cœurs et y causer de grands ravages. Les habitants des Hautes-Pyrénées mettent plus de piquant que de méchanceté dans leurs offenses ; ils recherchent plutôt le triomphe de leur amour-propre que la vengeance ; et si cet amour-propre était bien dirigé et plus éclairé, la source la plus féconde de petites discussions domestiques serait tarie. Les femmes ont beaucoup contribué, dans cette contrée, à adoucir les mœurs".

"Quant aux habitants des campagnes, ils se divisent en trois classes : ceux des vallées et des montagnes, ceux des collines et ceux de la plaine. Les premiers sont en général vifs, laborieux, actifs, sobres et tempérants, mais tous fort ignorants et très superstitieux. Ils se nourrissent presque entièrement de légumes, de farine et de laitage, et ne boivent que très peu de vin. Leurs mœurs n'ont plus cette antique simplicité qui les caractérisait autrefois ; la fréquentation des eaux thermales les a modifiées ".

"Les habitants des collines mènent une vie moins frugale que les montagnards, et font un usage plus fréquent du vin. - Quant à ceux de la plaine, ils sont plus lents, paresseux et oisifs, aiment le vin, mais moins que ceux des collines. On rencontre plus de mendiants parmi eux ; ils sont ignorants et crédules. - On peut dire qu'en général les habitants des Hautes-Pyrénées sont simples, bons et généreux, un peu portés à l'ivrognerie ; ils aiment l'indépendance et ils ont du courage et de la fierté ; ils partagent la vive gaité des habitants du midi, et mettent dans leurs démonstrations cette chaleur, cet empressement qui caractérise la vivacité, et qu'anime un langage passionné, rapide et métaphorique".


COSTUMES :

Le costume des habitants des Hautes-Pyrénées est simple et commode : fait d'étoffes du pays, ce qu'il offre de plus remarquable chez les hommes comme chez les femmes est la coiffure. Pour les hommes, cette coiffure est, dans le pays de plaine, le berret aplati des Béarnais, et dans la montagne un haut bonnet de laine assez ferme pour rester droit sur la tête : les hommes portent pendant la mauvaise saison de larges capes à l'espagnole. La coiffure des femmes se compose d'une espèce de chaperon de drap rouge, bordé de noir, qui se pose sur la tête et qu'on nomme capulet. C'est une parure qui encadre d'une façon piquante le visage d'une jolie femme.





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© Marie-Pierre MANET






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