DE LA CELEBRATION DU BAPTEME
DANS LE DROIT ANCIEN DES PYRENEES,
COMTE DE BIGORRE
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Des coutumes orales qui tenaient lieu de droit, l’Ordonnance de Villers-Cotterêts a renforcé la juridiction ecclésiastique, rendu obligatoire la tenue des registres paroissiaux :

" Aussi sera faict registre en forme de preuve des baptesmes. "

S’ensuivent en Comté de Bigorre usage et droit : le fedexoos.

L’Ordonnance de Villers-Cotterêts " Ordonnance du roi su le faid de justice " du 10 août 1539 rédigée par le Chancelier Guillaume Poyet et dite Guilelmine, ordonna aux curés d’inscrire sur les registres réguliers les baptêmes, mariages et sépultures pour mettre un terme à la preuve par témoins préférée à la preuve par écrit.

Bien avant l’époque féodale le nouveau-né issu de païens était offert à la curie, les chrétiens le présentèrent à l’église. Le baptême était administré publiquement par l’évêque les prêtres ou les diacres, en présence du parrain, de la marraine, des parents et amis. Dans le cas de danger de mort, tout fidèle, même laïque, pouvait baptiser.

Le baptême était pratiqué, à l’origine, par immersion totale, mais, à partir du XVe siècle, l’affusion devint pratique générale. Au Moyen-Âge, en notre Comté de Bigorre, la naissance se voulait fête de famille et les témoins ne manquaient pas, voire grande foule pour visiter dames en couche et assister à la célébration du baptême. L’usage se voulait de leur faire bon accueil et bon régal. Ces manifestations devenaient trop onéreuses si bien que nécessité de remédier à ces démonstrations se fit sentir par la rédaction de règlements municipaux.

L’article 49 de Las Trobas ou règlements de la vésiau de Tarbes stipulait en son dit article qu’il était interdit de donner à boire ou à manger aux visiteurs, sous peine de 2 sous morlàas.

L’article 59 défendait à la marraine qui portait l’enfant sur les fonts baptismaux de se faire accompagner de plus de six femmes.

En son article 51, il était défendu de donner aux joueurs de violons et aux cousins, quand ils allaient au baptême, au delà de 2 deniers pour tous tant qu’ils étaient. Défenses sanctionnées par des amendes applicables au seigneur.

A Lourdes et en bien d’autres villes, un vieil usage voulait que les enfants, après s’être rassemblés en foule, accompagnaient les personnes qui se rendaient au baptême, en poussant des cris pour obtenir fruit et argent moyen qui permettait aux invités de se débarasser de ces intrus. Le serf ou le paysan non servile ne pouvait naître, vivre, mourir, sans produire quelque chose au seigneur.

Le cartulaire de Saint-Savin rapporte procés entre Jean de Furcata et l’abbé de Saint-Savin à propos de la seigneurie de Furcata. L’abbé prétendait avoir justice, le fedexoos, et autres devoirs sur le casal : le possesseur qui venait de naître, devait acquitter envers l’abbé un devoir nommé fedexoos :


" quod quando dominus seu possessor dicti casalis nascitur vel nati sunt vel fuerunt abbatia vel monasterio et istud deverium vocatur fedexoos. "


Sentence qui adjugeait au roi la justice sur le casal en l’An de Grâce 1349.

Le censier de Bénac, contenait une charte de fedexoos :


" Haec est carta de fedessos que lo senhor de Castedloboo deu aber. "


Charte qui énumérait les seigneurs qui jouissaient de ce droit et fixait le taux imposé à chaque maison. Une maison se devait de payer 2 sous tournois et une poule, toute autre plus ou moins.

Guy DALBERNY



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© Marie-Pierre MANET







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Guy DALBERNY