De la célébration du mariage
dans le droit ancien des Pyrénées,
Comte de Bigorre.
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De Modestin jurisconsulte " Le mariage est l’union de l’homme et de la femme, le sort commun de la vie, de toute la vie, la communion du droit divin et du droit humain " à Tertullien théologien " Duo in carne una, ubi et urna caro, unus spiritus. " S’ensuivent formalités et cérémonies suivant les temps et lieux dans notre comté de Bigorre.


Issu de la coutume du for de Navarre dans son article 1er : " Avant la consommation du mariage, celui-ci sera bénit en l’église, après trois publications de bans par trois dimanches ou fêtes consécutifs, en la messe paroissiale du lieu du domicile des fiancés et, s’ils sont de diverses paroisses, le curé qui les épousera n’y procédera qu’auparavant il ne lui ait apparu, par certificat du curé de l’autre fiancé, que les dits bans ont été publiés, à peine contre les curés et fiancés d’être punis par le juge compétent, si ce n’est que pour cause juste et légitime, il y ait eu dispense de l’ordinaire ".


En Bigorre il en était de même. Les bans étaient publies à l’église paroissiale, et, s’il n’y avait aucun empêchement civil ni canonique, procès-verbal des épousailles en était dressé. Le futur et la future (lou nobi et la nobia) se rendaient à l’église chacun de leur côté musique en tête en compagnie des garçons d’honneur (donzelous) et des jeunes filles (donzelles). La mariée était vêtue d’une robe de couleur, à sa ceinture un bouquet de fleurs attaché par un ruban bleu. De retour de l’église chacun des époux, rentrait chez lui pour régaler ses amis avant de se réunir au domicile conjugal.


Dans nos vallées pyrénéennes l’usage voulait que si l’un des époux n’était pas de la même localité où il se mariait, on formait sur son passage une haie (sègue). Devant la porte des mariés une ceinture rouge était tendue, à leur arrivée on leur offrait un bouquet, et on leur présentait sur un plateau une bouteille de vin et des verres. Tous les voisins s’associaient à cette fête familiale pour leur souhaiter la bienvenue. L’étranger payait son droit d’entrée après avoir satisfait aux exigences de la sègue moyennant une somme proportionnelle à la fortune des nobis et pouvait franchir le seuil de la maison conjugale s’acquittant du prix de la relation de bon voisinage, s’ensuivait un repas avec les convives. Dans le cas ou l’étranger refusait de payer le tribut, un charivari le punissait pendant quinze jours, usage d’une tradition du Moyen-Âge. Les forains qui se mariaient dans une commune du Lavedan devaient jurer fidélité aux lois, payer un droit pour lettres de voisinage pour être reçus voisins. Dans un " grand nombre de communes, les jeunes gens ne laissaient pas sortir de la maison paternelle la fiancée lorsqu’elle se rendait à l’église sans lui barrer le passage avec un ruban, le ruban tombait lorsque le fiancé avait donné aux jeunes gens une certaine rétribution ". Cela ne se faisait que pour les " jeunes filles considérées ". S’ensuivait un usage peu décent vers le milieu de la première nuit. Les donzelous pénétraient dans la chambre nuptiale et présentaient aux époux une rôtie de pain (la roste). Dans nos campagnes la jeune mariée redoutait cette cérémonie qui blessait sa pudeur, et elle mettait toute son adresse à se cacher dans un lieu difficile à découvrir. Parmi les donzelous, l’un d’eux revêtait une soutane imitant le prêtre, et faisait une allocution grotesque et sans moralité.


Guy Dalberny



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