Des cloches,
dans le droit ancien des Pyrénées,
Comté de Bigorre
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Du latin chrétien signum " signal " ou campana " cloche ", les cloches étaient omniprésentes dans le droit ancien des Pyrénées. S’ensuivaient signaux et obéissance aux ordres de la cloche du village.

La cloche de l’église ou du monastère dans le droit ancien, n’était pas seulement appel à la prière, mais signal de repos, du travail, des plaisirs et des dangers. En Pyrénées, ce mode de publication était utilisé pour porter connaissance aux habitants des ordres transmis par les cloches. La tradition veut que cet usage des cloches aurait été introduit par Paulin, évêque de Nole en Italie, au Ve siècle et que le pape Sabinien aurait ordonné, le premier, que les heures canoniales seraient sonnées. Saint Jérôme contemporain de Saint Paulin aurait parlé d’une cloche. Grégoire de Tours en parlait en ces termes " interea signum movetur... signo ad Matutinas commoto ". " Signal qu’on branlait pour venir aux heures de l’Office ". Le Concile d’Aix-la-Chapelle de 801 rendait obligatoire la sonnerie des cloches en lui donnant un caractère politique juridique et institutionnel dans la réglementation en milieu urbain et de travail. Vers 1370, Charles V, de par la sonnerie horaire, réglementait la vie quotidienne pour mieux rythmer le temps de travail de nos paysans. A la fin du IX siècle, Alfred le Grand ordonnait la sonnerie le soir à huit heures pour " couvrir le feu " et se coucher, et mettait fin à toutes activités de la journée, fermeture des boutiques, des cabarets. Dans les coutumes de Guizerix, il était interdit aux cabaretiers de recevoir les gens depuis l’ave maria sonné (despuch l’Ave Maria sera tocada), sous peine de 5 sous envers le seigneur et les consuls. Défense à tout habitant du lieu de s’arrêter ou de demeurer en la taverne pour y boire après l’heure de l’angélus, sous peine de 5 sous. A compter de cette heure, tout feu et lumière étaient interdits et le Concile de Lisieux de 1065 signalait retraite prière. Cette annonce du soir le " salve " de coutume monastique proclamait le " bonsoir ". Jean XXII, en 1318, instituait la prière de l’Angélus lors de la " sonnerie du pardon ", perpétuée par le Pape Calixte III en 1458. Louis XI, en 1472, ordonnait " qu’on s’agenouillât au son de midi pour réciter un Ave Maria, en plus des sonneries traditionnelles du matin et du soir " Les statuts de Luz statuaient " que, sur le tard et avant que les habitants se couchent, suivant la saison, le sacristain sonne la cloche durant un long espace, et que chaque chef de maison, ayant sonné la cloche, aille prendre garde au foyer de sa maison pour éviter qu’il puisse porter aucun dommage dans la ville, sous peine de 3 écus ".

Plusieurs coutumes en Bigorre édictaient des punitions graves à l’encontre de qui usurperait le droit de sonner les cloches. Dans lesdits statuts de Luz " il est ordonné que toute personne, grande ou petite, âgée de plus de douze ans, qui sonnera les cloches de l’église sans aucune nécessité, ou portera quelque dommage en aucune chose appartenant à l’église Saint-Pierre, payera 2 sous jacquès, applicables, les 9 liards aus messiers de la ville de Luz, et 3 liards au luminaire de Saint-Pierre, et soit que le délinquant ait été atteint sur le fait, ou non, pourvu qu’il apparaisse du délit, il payera icelle suivant la condamnation ou taxe qui en sera faite par la ville ".


Guy Dalberny



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© Marie-Pierre MANET







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