Du commerce avec les démons,
dans le droit ancien des Pyrénées,
Comté de Bigorre
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De Saint-Augustin : " Tout usage superstitieux suppose le commerce avec les démons. Toutes ces superstitions n’ont d’efficacité qu’autant que l’homme y met sa confiance, et que par ce langage muet il s’associe avec les démons. Et pourtant que renferment-elles, sinon des curiosités qui empoisonnent, des inquiétudes qui tourmentent, et une servitude qui conduit à la mort ? ". Des " pousoèras " et " loup garous ", s’ensuivent procès dans le droit ancien des Pyrénées.

Sortilèges et maléfices étaient considérés comme crime dans l’histoire des superstitions de nos montagnards en Bigorre.
Bien des villages avaient réputation d’abriter " pousoèras de Sarrancoli " (sorcières de Sarrancolin), " loup garous de Moumoulous ", " soucières de Lamarque ".

Ces inimitiés, ces dénominations entretenaient le mythe de l’hérédité des sorciers et justifiaient par avance les vagues de délations qui entraînaient à leur suite de grands procès.

Une formule conjuratoire évoquait les flammes des bûchers qui clôturaient ces sinistres procédures :

" Mau hoec te brune, mau hour t’allugue ".
(Qu’un mauvais feu te brûle, sorcière, qu’un mauvais four te consume !).

En vallée de Barèges en 1667, des individus sous le nom de Bendins châtiaient et maltraitaient toutes les personnes qui s’occupaient de sortilège. S’ensuivaient meurtres et désordres, tuerie à coups de bâtons de malheureux accusés de sorcellerie. Devant cet état de fait le Parlement de Toulouse manda le Conseiller de Mua de se transporter en vallée de Luz, pour procéder à information. Ladite procédure fut instruite contre les compromis : le peuple, les consuls, et les officiers de justice. Le marquis de Louvois, qui venait prendre les eaux à Barèges demanda évocation de la cause au grand conseil, avec obligation de remettre toutes les pièces entre les mains du dit Chateauneuf en date du 22 juillet 1668. En conséquence de quoi le roi accorda à la vallée une amnistie, et les détenus arrêtés, conduits par ordre de M. de Mua dans la prison de la conciergerie de Toulouse. Même si les gens du peuple continuait à croire aux sorciers, les juges y croyaient ou feignaient d’y croire, mais se voulaient plus éclairés.

Nous trouvons dans les archives de Vic-Bigorre au XVIIe siècle, une procédure quelque peu singulière. Les consuls ordonnèrent la recherche de tous les sorciers de la ville. Le chirurgien commis à constatation de ces malheureux en trouva trente-deux sur lesquelles il avait découvert la marque de Satan, le puntum diabolicum. Arrêtés et enfermés dans les prisons royales, une enquête du juge royal stipulait non existence de preuve en matière de maléfice contre les dits sorciers. En conséquence de quoi, les consuls ordonnèrent leur mise en liberté moyennant caution.

En 1850, à Pujo, les époux Subervie persuadés que leur voisine leur avait jeté un mauvais sort, la jetèrent dans un four pour la faire brûler vive. La cour d’assise des Hautes-Pyrénées les déclara coupable.

De cette croyance aux pousoèras a subsisté l’usage de formules pour se prémunir contre les maléfices : les nouveaux époux portaient du sel dans la poche gauche et autour d’un nouveau-né non baptisé on plaçait du pain, de l’ail et du sel.

" Nous aus lou coujureran dambe tres guetz de sau  "
(Nous autres le conjurerons avec trois grains de sel).



Guy DALBERNY
 



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© Marie-Pierre MANET







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