Des crimes contre la religion :
blasphème sacrilège dans le droit ancien des pyrénées,
Comte de Bigorre
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Du Code Justinien (535-540) aux décrets de l’époque carolingienne et capétienne, il faudra attendre à partir du XIIIe siècle l’intervention de Louis IX sur les promulgations successives et régulations pénales du blasphème, en particulier la " grande ordonnance " de 1254. S’ensuivent faits et condamnations dans le droit ancien des Pyrénées.


Dans le droit ancien le sacrilège, crime de lèse-majesté divine était considéré comme profanation des choses saintes, outrage fait à Dieu, commerce avec les démons, vols et usurpations de biens appartenant à l’Église. La novelle 77 de Justinien et les Capitulaires prononçaient peine de mort contre les blasphémateurs.

Un vieux for du Béarn condamnait ceux qui auront appelé la sainte Vierge mauvaise femme à peine de 20 sous morlaas et, à défaut, à un jour de pilori. Le Parlement de Paris se voulait plus ferme, le blasphémateur serait pendu après avoir eu la langue coupée. Ces châtiments se sont aggravés au moment où les idées de libertés religieuses faisaient " leurs entrées " à la cour de Marguerite reine de Navarre. Son époux Henri II pris des dispositions nouvelles contre les récidivistes. Les coupables pour la seconde fois devaient avoir la langue percée, recevoir le fouet, et pour la troisième et quatrième fois, punis de mort. Une délibération des jurats du Pau du 14 janvier 1456, ordonne à son de trompe par tous les carrefours, à toutes les portes de la ville, les lois du dit roi contre les blasphémateurs.

Un arrêt du Parlement de Bordeaux du 3 décembre 1546, condamne le dénommé Charretier, hérétique à être fustigé par l’exécuteur de la haute justice par les cantons et carrefours de la ville de Bayonne, et ensuite avoir la langue percée d’un fer chaud. La cour ordonne en outre que ledit Charretier, avant de subir cette peine, assistera à un sermon, qui se fera un jour de dimanche en l’église cathédrale de Bayonne, qu’il sera en chemise, tête nue, la corde au cou, un fagot sur les épaules, une torche allumée dans la main, et là déclarera qu’il entend vivre et mourir dans la religion catholique.

Les fors de Bigorre moins sévères stipulent dans les statuts de la faderne de Juncalas : " Quiconque jurera ou blasphèmera le nom de Dieu et de la Vierge Marie dans ladite faderne, pour pénitence à deux genoux demandera pardon à Dieu, en présence de toute assemblée, baissera la tête, et payera 2 sous tournois, qui seront déposés entre les mains des syndics fadernaux pour être distribués au pauvres de Dieu ". Les fors bigorrais dans leur application se voulaient moins rigoureux que ceux infligés dans le Midi aux blasphémateurs.

A Albi, en 1346, un coupable qui avait blasphémé Dieu et le roi fut attaché nu à un pilori, le bourreau lui perça la langue avec un fer chaud, puis on lui fit parcourir la ville tout nu, et après une longue promenade, on l’attacha à un pilier et on lui ôta l’oreille.

Guy DALBERNY



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© Marie-Pierre MANET







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