La défaite du Comte d'Armagnac.

(Archives départementales des hautes-pyrénées.)




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(Extrait du Lieutenant Grasset)


Un événement imprévu vint enlever le pouvoir au Comte d'Armagnac.

Un jeune homme, nommé Perrinet Leclerc, fils du gardien de la porte St Germain, qui avait été injurié et battu par le prévôt Tannegui Duchâtel, entra en relation avec les Bourguignons et leur ouvrit dans la nuit du 20 au 30 Mai 1418 la porte dont le père détenait les clefs. Le Sire de Liste Adam qui attendait devant cette porte avec 800 chevaliers fit son entrée à 2 heures du matin et avec l'aide des bourgeois armés, s'assura la possession de la capitale et celle des principaux chefs d'Armagnacs. Le Comte réussit à s'enfuir sous un déguisement et se réfugia chez un de ses partisans ; Tannegui Duchâtel eut le temps d'envelopper dans une couverture le nouveau dauphin, un enfant de quinze ans et de l'expédier sous bonne garde à Melun. Puis il s'enferma dans la Bastille avec tout ce qu'il pût rassembler de guerriers et il appela Barbazan et le Maréchal de Rieu qui se trouvaient en ce moment dans les environs immédiats de la ville.

Barbazan lui amena ses Gascons, Rieu ses Bretons et ces auxiliaires pour pénétrer dans la forteresse et firent jour à travers la cohue bourguignonne. Il y avait ainsi dans la Bastille environ 2.000 Armagnacs, mais tout le peuple de Paris s'était soulevé aux cris de :

"Vive Bourgogne ! A mort Armagnac !"

Des renforts arrivèrent de tous côtés de Lisle Adam, et bientôt plus de 2.000 hommes bloquèrent les assiégés.

Menacés de mourir de faim, ceux-ci tentèrent une sortie dès le premier juin, pour ne pas donner le temps à leurs ennemis de rassembler toutes leurs ressources. Barbazan et Rieu réussirent avec 1.600 hommes à refouler les Bourguignons jusqu'à la porte St Antoine et croyant la victoire gagnée, les soldats commençaient déjà malgré les exhortations des chefs, à pénétrer dans les maisons pour piller aux cris de :

"Ville prise : Tuez tout !".

Des scènes les plus horribles allaient se passer quand des puissants renforts arrivèrent aux Bourguignons. Alors des fenêtres des maisons, on jeta sur les Armagnacs des briques, des meubles, de l'eau bouillante. Barbazan qui avait réussi à maintenir auprès de lui dans le devoir une centaine d'hommes d'élite put de nouveau se faire jour à travers l'ennemi et rentrer à la Bastille ; Rieu vint l'y rejoindre quelques heures plus tard et ils y furent encore bloqués. La partie était, cette fois, définitivement perdue pour le Comte d'Armagnac. Tannegui Duchâtel décida qu'on abandonnerait la forteresse de Paris et qu'on tâcherait de gagner les villes environnantes qui tenaient encore pour l'écharpe blanche. La mission de Barbazan fut de gagner Melun où le dauphin sans forces suffisantes, courait le danger d'être enlevé par les gens du Duc de Bourgogne ; il réussit à la remplir, après des prodiges de valeur et aussitôt arrivé dans Melun, il reçut le commandement de la place et s'occupa activement à en préparer la défense.

Sur ces entrefaites, le Comte d'Armagnac, découvert à Paris, avait été égorgé par la populace, mais le parti qu'il dirigeait n'en exista pas moins sous le nom de parti Dauphinois, et la lutte continua aussi âpre que par le passé.



Extrait écrit par
le lieutenant Grasset,
le 27 octobre 1905.



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© Marie-Pierre MANET








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