Barbazan sort de sa prison.

(Archives départementales des hautes-pyrénées.)




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(Extrait du Lieutenant Grasset)


Avec son insouciance bien connue, le Dauphin devenu Charles VII, roi du royaume d'un prince étranger détenait les provinces et la couronne, ne fit rien pour délivrer son loyal serviteur, ni pour adoucir les rigueurs de sa dure captivité. Le 21 Mars 1421, après la prise de Sommières, il se rendit à Carcassonne d'où il lui fit expédier, par l'intermédiaire de Charles de Bourbon, capitaine général ès-pays de Languedoc et duché de Guyenne, des lettres du lieutenant, sénéchal d'Agenais et de Gascogne. Puis, n'entendant plus parler de lui, et pensant qu'il était mort, il l'oublia...

Barbazan disparaît ainsi de l'histoire à l'âge de 60 ans et ne prend aucune part aux débuts de la lutte suprême engagée contre l'invasion anglaise. C'est seulement neuf ans après, en 1429, que La Hire, s'emparant du château Gaillard, trouva le vieillard grelottant dans sa cage de fer. Il fallut rompre les barreaux rouillés de cette cage dont la clef n'existait plus et quand les barreaux furent rompus, à la surprise générale, le Chevalier Sans Reproche refuse de sortir. Il avait promis à Kingston d'être son loyal prisonnier et il exigeait pour reprendre sa liberté que sa parole fut dégagée. On se mit donc à la recherche de l'anglais, que Barbazan n'avait d'ailleurs pas revu depuis neuf ans. Par hasard, il vivait encore et se fit un devoir d'accourir lui-même pour délivrer son prisonnier.

Barbazan reparaissait sur la scène du monde à un âge où d'habitude, l'homme n'aspire plus qu'au repos, d'autant que ce vieillard avait passé toute sa vie au milieu du fracas des champ de bataille, et neuf ans dans un lieu de torture ! Mais un caractère de sa tempe ne pouvait, en ce moment, songer au repos.

Jeanne d'Arc avait accompli la mission que lui avaient tracé "ses voix" et le cœur de toute la France battait désormais à l'unisson du sien ; il restait à parfaire l'œuvre commencée. Cette œuvre était en bonne voie : le Dauphin Charles avait enfin été sacré à Reims, Paris avait secoué la domination anglaise, Melun où Barbazan n'avait pu mourir venait de chasser sa garnison anglo-bourguignonne, Sens "de tournait français". Partout, les paysans s'armaient et venaient se joindre aux chevaliers pour lutter contre l'ennemi commun... Evidemment, la France s'était ressaisie ; elle faisait ferme enfin, comme une bête décidée à se défendre et qui d'un vigoureux effort, projette au loin les chiens accrochés à elle...

le héros va donc dans sa vieillesse assister à des triomphes que sa triste jeunesse n'a pas connu et à 70 ans, il retrouve pour se rendre digne de sa victoire, toute sa vigueur et tout son enthousiasme d'autrefois.



Extrait écrit par
le lieutenant Grasset,
le 27 octobre 1905.



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©Marie-Pierre MANET








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