L'escarmouche d'Auglure.

(Archives départementales des hautes-pyrénées.)




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(Extrait du Lieutenant Grasset)


Le Duc de Belford qui dirigeait les opérations des Anglais en Normandie, apprenant que les Français assiégeaient Anglure, chargea le Comte d'Arundel et le Maréchal de l'Isle d'Adam d'aller dégager ce poste important. Ceux-ci constituèrent un corps de 1.600 hommes d'élite, parmi lesquels figuraient, pour y faire ses premières armes, le jeune Warwick que l'histoire connaît sous le nom de "Faiseur des Rois" et qui devint, plus tard, l'un des meilleurs capitaines de son temps.

Barbazan qui n'avait plus avec lui que 3.500 hommes ne jugea pas prudent d'engager un combat contre ce corps redoutable qui lui était supérieur en nombre. Il se retira donc sur les hauteurs de Bellevue où il construisit un camp retranché inexpugnable et de là, il expédia des hérauts dans toutes les directions pour appeler à lui toutes les communes qui voudraient s'armer. Celle de Châlons, forte de 600 hommes le rejoingnit la première, puis d'autres vinrent successivement qui portèrent à environ 1.500 hommes la force de son corpps d'armée, mais c'était là une troupe composée d'éléments hétérogènes et sur la valeur de laquelle le chevalier ne s'illusionnait pas. Il eut donc grand soin de deumeurer dans ses lignes sans répondre aux nombreux défis que les chevaliers anglais ne cessaient de lui adresser. Sa patience fut couronnée de succès. Le Comte d'Arundel cédant aux propos fougueux de ses chevaliers se décida à attaquer la position française. Mal lui en prit, car il fut repoussé avec des pertes considérables avec lesquelles il lui devint impossible de demeurer sans danger à proximité du corps de Barbazan. Il se résigna donc à la retraite et avant de partir mit le feu à la citadelle ; il amenait avec lui toute la garnison ainsi que la Dame d'Auglure qui, coupable devant le roi de France, ne se souciait nullement de tomber en son pouvoir.

Barbazan laissa prudemment s'éloigner toutes ces troupes et l'escarmouche d'Auglure eut pour lui le résultat d'une grande victoire, puisqu'elle lui donnait la porte de la Champagne. Il plaça dans sa ville une importante garnison de bourgeois puis il revint à Troyes prendre paisiblement possession de son gouvernement. Il avait définitivement chassé les Anglais de la Champagne et assuré à la couronne la possession de cette belle province.

Cette magnifique campagne de 1430, telle qu'elle se dégage des textes plus ou moins obscurs ou contradictoires des "Chroniques" est intéressante à plus d'un titre. En la lisant, on se sent invinciblement transporté à quatre siècles plus tard, et on pense à l'immortelle épopée dont cette même région fut le théâtre, quand le plus grand capitaine des temps modernes disputait le sol national à l'invasion de 1814.



Extrait écrit par
le lieutenant Grasset,
le 27 octobre 1905.



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© Marie-Pierre MANET








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