Le siège de Melun s'éternise.

(Archives départementales des hautes-pyrénées.)




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(Extrait du Lieutenant Grasset)


Un pareil emploi des mines et des contre-mines ne pouvait procurer des résultats bien décisifs et le siège s'éternisa. Il durait déjà depuis deux mois quand Henri V imagina de faire venir auprès de lui le roi Charles VI qui était sur le point de mourir. Il pensait qu'ainsi il pourrait :

"plus sûrement sommer les assiégiés".


Mais ce procédé, déjà usé, n'eut aucun succès et Barbazan fit réponse :

" qu'à son état privé il ouvrirait volontiers, mais point n'obéirait au Roi Anglais, ancien ennemi mortel de la France".


Voyant qu'il n'obtenait rien, ni par la force, ni par la ruse, Henri V se décida à essayer de la famine. Les opérations du siège furent arrêtées et toutes les communications avec l'extérieur furent fermées, de manière qu'aucun convoi ne put plus pénétrer dans la ville. Comme on annonçait l'arrivée prochaine du Dauphin qui accourait, disait-on, avec une armée, au secours des assiégiés, les Anglais suivirent l'exemple de César devant Alésia : ils enfermèrent leur camp dans une ligne de fossés et de puissantes palissades, qui devait leur permettre de résister à un ennemi extérieur, si fort qu'il fut.

Le Dauphin arriva, effectivement, à Chinon le 08 juillet puis de là il se rendit à Bourges où il réunit une armée de 16.000 hommes. Il se mit ensuite en marche sur Melun dont il avait à cœur de sauver la vaillante garrnison ; mais des reconnaissances lui ayant été rendu de la force de l'ennemi et de sa solide position, il ne crut pas pouvoir triompher dans de pareilles conditions et il se retira :

"sans rien faire"


en envoyant à Barbazan l'autorisation écrite de capituler.

Abandonné par son prince, le vieux guerrier ne se laissa pas abattre, sachant qu'il défendait la cause de la France. Quand les vivres furent épuisés, on mangea les chevaux de l'armée et quant cette nourriture fit défaut, on vécut de "chiens, chats, rats, et autres vivres vomitables à nature"... et ce n'est que quant les ressources les plus infectes firent totalement défaut que Barbazan se résigna à entrer en pourparlers avec le Roi d'Angleterre : la garnison de Melun était réduite à 150 hommes.

Henri V accueillit avec empressement les propositions des assiégiés, car son armée souffrait elle-même, cruellement, de la faim et des maladies occasionnées par les pluies et par le mépris absolu des règles de l'hygiène. Il promit, formellement, que les défenseurs de Melun auraient sauvé leurs vies, sans être mis à aucune "rançon" et sur la foi de cette promesse, la garnison sortit : le siège avait duré 125 jours.



Extrait écrit par
le lieutenant Grasset,
le 27 octobre 1905.



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© Marie-Pierre MANET








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