Monseigneur Pierre-Marie Théas
Hautes-Pyrénées
département 65
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(© Yad Vashem)


DE JUSTE DE FRANCE PARMI LES NATIONS : MONSEIGNEUR THEAS EXEMPLE D’HUMANITE ENVERS LE PEUPLE JUIF.

" En honorant ceux qui ont refusé de se plier, à la fatalité de la volonté exterminatrice de l’idéologie nazie, la médaille des justes contribue à rétablir l’Histoire dans sa vérité . "

Issu d’une famille de notable béarnais en 1894, Pierre-Marie Théas fit ses études à Nay puis au grand séminaire de Bayonne. Après une mobilisation dans les combats de la Grande Guerre, le sergent Théas est démobilisé et est ordonné prêtre en 1920. Il part pour Rome au séminaire français et obtient un doctorat en droit canonique. A son retour en 1922, il est nommé vicaire à Pau et prend ensuite la direction du grand séminaire de Bayonne, et devient titulaire de la chaire de théologie morale.

Durant la drôle de guerre il est à nouveau mobilisé sur la frontière pyrénéenne et accède en juillet 1940 à l’épiscopat dans le diocèse de Montauban. Bien que faisant confiance aux décisions du Maréchal Pétain, il se singularise très vite au sein de l’épiscopat français et bascule dans une opposition de plus en plus ouverte au régime. Reçu à l’Académie de Montauban il fait l’éloge du philosophe Bergson décédé trois jours plus tôt en soulignant notamment sa judéité. Théas s’émeut des mesures antisémites, en particulier après la rafle du Vel’ d’Hiv. de juillet 1942. En relation avec le cardinal Saliège de Toulouse, fait lire dans son diocèse une lettre épiscopale " Et clamor Jérusalem ascendit " demande aux prêtres et fidèles de ne pas s’engager dans la collaboration et refuse de participer à l’inauguration d’un buste en l’honneur du Maréchal Pétain. Le 26 août, le gouvernement de Vichy lance des rafles à Montauban et dans le Tarn-et-Garonne. Monseigneur Théas publie une lettre " sur le respect de la personne humaine " qu’il fait lire à la messe du 30 août et portée dans toutes les églises par sa secrétaire Marie-Rose Gineste. La teneur sans ambiguïté est " une protestation indignée de la conscience chrétienne contre le traitement infligé aux juifs " : " Des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France, sans que la France en soit responsable. A Paris des dizaines de milliers de juifs ont été traités avec la plus barbare sauvagerie... Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne et je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères parce que créés par le même Dieu... Les mesures antisémitiques actuelles sont un mépris de la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés de la personne et de la famille ". Comme l’écrit Limor Yagil : " la fermeté doctrinale et la précision du vocabulaire... ne se retrouve pas dans d’autres textes épiscopaux ". Monseigneur Théas non seulement s’insurge mais organise le camouflage d’enfants et d’adultes juifs dans les couvents de son diocèse et dans une ferme montalbanaise, Juliette Gréco, la famille Cohn-Bendit. Il signe des faux certificats de baptême aidé par des laïcs, le préfet Martin du Tarn-et-Garonne, et sa fidèle collaboratrice Marie-Rose Gineste. Après avoir adressé une lettre de protestation au commandant de la Kommandantur pour les exactions commises par les SS de la Das Reich, il est arrêté en juin 1944, tout comme Monseigneur Saliège et sont enfermés à Toulouse. Interné au Fronststalag 122 de Compiègne en compagnie de Jean Baylet, maire de Valence d’Agen, il est libéré le 25 août par la Division Leclerc.

A la Libération, il joue un rôle national, en faisant le lien entre le Général de Gaulle et le Pape Pie XII se rend à Rome avec Charles Flory, chargés par Bidault d’obtenir le départ du nonce, Mgr Valerio Valeri, à cause de son accréditation auprès du Maréchal. Chaleureusement reçu par Mgr Montini, substitut à la secrétairerie d’État, Pie XII accepte de reconnaître le gouvernement provisoire et remplace Mgr Valerie par Mgr Roncalli. Fort du soutien de Mgr Montini et de Jacques Maritain ambassadeur de France près le Vatican, Mgr Roncalli obtient du Pape " qu’il accepte le principe de départ de quelques évêques. " Liste déduite à sept sous le prétexte avancé " l’odium plebis " : haine des fidèles rendant impossible l’exercice du ministère. De fait le gouvernement exige nomination au cardinalat des prélats gaullistes en particulier Mgr Saliège archevêque de Toulouse. De par ses fréquentes actions en internement Mgr Théas est à l’initiative, avec Marthe Dortel-Claudot, du Mouvement de Réconciliation franco-allemand qui devient Pax Christi. Pionnier du dialogue social et de l’oecuménisme, " l’évêque social " Mgr Théas reste totalement opposé au marxisme. De février 1947 à février 1970 il devient évêque de Tarbes et Lourdes et oeuvre à " adapter Lourdes aux temps nouveaux ". Son projet audacieux et plein de témérité, construction de la basilique souterraine St Pie X lui vaut l’humiliation de se voir accompagné par un évêque coadjuteur gestionnaire, Mgr Maury, l’inauguration de la basilique par Mgr Roncalli qui devient Jean XXIII, lui permet de redevenir le seul évêque du diocèse en 1959. La fin de son épiscopat est décrite comme " un difficile aggiornamento ". Monseigneur Théas reste et restera un grande figure de Juste parmi les Justes.


Guy DALBERNY



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de la Bigorre devenue Hautes-Pyrénées
département 65.
© Marie-Pierre MANET







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