Origine des monographies de 1887.




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Conformément au texte inséré au bulletin officiel de l'instruction publique des Hautes-Pyrénées (supplément du 11 janvier 1887), les instituteurs ont la charge de rédiger la monographie de leur commune. Le 15 Mai 1887, certaines monographies sont présentées à l'exposition scolaire de Toulouse.

L'instituteur est désigné par accomplir cette tâche car, en fait, il représente "l'homme du savoir". C'est également un homme de confiance puisque nous le retrouvons aisément accomplissant une besogne administrative au niveau de la mairie. S'il est natif de la commune, il mettra alors plus de cœur à la rédaction de la monographie car il connaît non seulement parfaitement sa commune, mais aussi les gens du village, leurs habitudes, leurs mœurs, leur dialectes sans oublier l'histoire locale. Certains font ce travail très consciencieusement, d'autres plus brièvement : l'instituteur de Hitte se distingue avec un chef-d'œuvre de laconisme, sa monographie se limitant à un quart de page.

Les archives départementales des Hautes-Pyrénées détiennent 382 monographies. Il est à noter que 84 % des villages de moins de mille habitants disposent d'une monographie. Le pourcentage tombe à 68 % pour les petites villes dont la population est comprise entre 1001 et 3000 habitants. Les quatre villes dépassant 3000 habitants font totalement défaut ; seule subsiste la monographie de l'école du Bout du pont (quartier commune à Tarbes, Aureilhan et Séméac).

L'inspecteur de l'Académie indique le plan que l'administration désire voir adopter pour la rédaction des monographies.

La première partie concerne la géographie physique : orientation, relief du sol, description hydraulique, climat.

En seconde partie, nous trouverons des renseignements concernant la démographie, le chiffre du dernier recensement en date de 1886, l'administration communale ainsi que la valeur du centime.

La troisième partie est consacrée à l'économie : productions, échanges, cultures, élevage, méthodes employées, les industries d'appoint (comme la forêt, la chasse, la pêche, les mines et les carrières), les voies de communications, et enfin le commerce local tels que les foires et les marchés.

La quatrième partie décrit la culture au sens le plus large du terme : traditions, légendes, biographie sommaire des personnages célèbres nés dans la commune, idiomes, chants, mœurs, cultes, costumes, alimentation, monuments.

Une annexe sera consacrée à l'enseignement. Nous y retrouverons parfois la succession des divers instituteurs, le plan de l'école, le logement de l'instituteur (et ou) de l'institutrice, les améliorations à réaliser, la satisfaction ou le mécontentement de l'instituteur et enfin le salaire de l'instituteur et de l'institutrice.

A nous de voir, maintenant, au cours de la lecture de ces diverses monographies si ces instituteurs ont été de bons ethnologues !



Copie du texte : Marie-Pierre MANET



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Chacun peut apporter son aide concernant les monographies des
communes de la Bigorre écrites par les instituteurs en 1887.
© Marie-Pierre MANET




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