Des processions,
dans le droit ancien des Pyrénées,
Comté de Bigorre
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En vallée de Bigorre, les processions se voulaient pour honorer la mémoire d’un saint, pour implorer le ciel des calamités publiques, pour le remercier d’avoir écarté le fléau de la peste, et célébrer l’anniversaire d’un événement. S’ensuivaient obligations d’assistance et condamnations pour les défaillants dans le droit ancien des Pyrénées.

Il serait trop long d’énumérer toutes les processions instituées dans les chapelles de dévotion, ou commémoratives de faits historiques, retenons pour mémoire Saint Ezelin, évêque de Sutri en Toscane, mort en revenant d’Espagne à Larreule, Saint Misselin qui avait sauvé la cité de Bigorre de l’invasion des Barbares, et les commémorations de la cessation de la Peste de Bagnères (1588) à Médous ; de Bernac-Debat (1588) et de Soues (1625) à Piétat.

L’absence à ces cérémonies était punie comme un vrai délit. Les statuts de Luz obligeaient maîtres et maîtresses de maison d’assister à la procession de Saint-Clément, sous peine pour les défaillants de payer une demi-livre de cire et un quart de vin avec obligation de dire cinq Pater et sept Ave, " afin que monsieur Saint-Clément voulût intercéder pour eux dans toutes les nécessités. " Pour ceux qui manquaient à la procession de la Saint-Pierre la peine était d’une demi-livre de cire et de deux quart de vin, " qui sont quatre pots applicables à toute la communauté. " Dans les dits statuts de Luz les processions se nommaient " litanies " et obligeaient tous les maîtres et maîtresses à suivre la procession " le mieux habillés qu’il sera possible pour honorer Dieu et toute la cour céleste du paradis " Les consuls invitaient ceux qui avaient suivi les offices à une réfection aux dépens de la vallée, " jusqu’à la somme de trente-cinq sous, ou plus si besoin est en pain, vin et fromage " Les consuls qui ne respectaient pas ce devoir étaient obligés de donner chacun une livre de cire pour le luminaire et deux quarts de vin pour le peuple. De même tous ceux qui ne suivaient pas la procession jusqu’au bout étaient condamnés à la même peine et perdaient leurs droits à la réfection. Si les processions étaient trop nombreuses les règlements défendaient à ceux qui accompagnaient le saint-sacrement d’entrer dans la maison des malades auxquels le saint viatique était apporté, " parce que, la foule a tellement surchargé le poids des planchers vieux et caducs qu’ils ont été enfoncés, et les personnes exposées à être blessées " Dans certaines délibérations sur les processions de la ville de Bagnères (1634), le conseil décidait que les consuls exigeraient de l’archiprêtre et des prébendiers " de dire vêpres et faire procession accoutumée tous les vendredis, et leur annonceraient que, faute de ce faire, on les obligerait en justice. "

Au mois de mai 1790, la commune de Bagnères adressait une pétition à l’évêque pour le prier d’ordonner à l’archiprêtre de " faire processions suivant l’ancien usage " De fait le " droit de procession " était un droit usurpé par les simples seigneurs, l’usage de recevoir au seuil de l’église et d’être conduit processionnellement au choeur, était réservé au souverain. La noblesse revendiquait ce droit ce qui donna lieu à discussions par les feudistes.

Guy DALBERNY



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© Marie-Pierre MANET







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