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Le fleuve Adour
Hautes-Pyrénées
département 65
.



Sceau
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L'Adour à Bagnères-de-Bigorre

L'Adour à Bagnères-de-Bigorre.



La France possède quatre grands fleuves :

- Le Loire (1.010 km).

- Le Rhône (812 km).

- La Seine ( 776 km).

- La Garonne (647 km).

Puis :

- La Charente (355 km).

- L'Adour (cours actuel 335 km).


En 1964, La loi sur l'Eau désigna le Sud-Ouest hydraulique : Bassin Adour-Garonne.

L'Adour prend sa source vers 2.600 mètres au pied du pic de l'Arbizon, non loin du Tourmalet. Tout en dessinant un large demi-cercle, elle coule vers le Nord, arrosant successivement Bagnères-de-Bigorre, Tarbes (voir le pont de l'Adour), Aire, Saint-Sever, Dax et pour finir Bayonne.

étalement du fleuve de l'Adour autrefois

Étalement du fleuve Adour autrefois.
Les berges étaient des champs qui absorbaient l'eau :
très utile lors de la fonte des neiges
.


Plusieurs sources et torrents sont à l'origine du fleuve : Payolle, la Mongie, Lesponne, d'où des données variantes sur la longueur de son cours qui avoisine 315 km à 335 km.

Sur la rive gauche, elle récupère tout le ruissellement du versant français des Pyrénées Occidentales par les deux Luy, les deux gaves - de Pau et d'Oloron - et la Nive.

Sur la rive droite, elle reçoit les eaux du Gerset des Landes par son affluent la Midouze.

 

Affluents rive gauche
Affluents rive droite
- Échez.
- Bahus.
- Gabas.
- Louts.
- Le Luy de France.
- Le Luy du Béarn.
- Le Gave de Pau.
- Le Gave d'Oloron.
- Bidouze.
- Aran.
- Ardanavy.
- Nive.

- Midouze.
(Douze + Midou)

- L'Arros.

- L'Estéous.



Son bassin est de 16.773 km² s'étendant sur deux régions administratives, Aquitaine et Midi-Pyrénées, soient quatre départements : Hautes-Pyrénées, Gers, Landes et Pyrénées Altantiques.

Elle est bordée au sud par une partie de la chaîne pyrénéenne, à l'est par le plateau de Lannemezan, au nord par les coteaux gersois et la forêt des Landes et enfin à l'ouest par l'Océan Atlantique. La pente des cours d'eau du bassin est importante dans la partie montagnarde et plus faible dans les zones de plaine.

Niveau de la crue à Bagnères-de-Bigorre

La crue du 23 juin 1875 à Bagnères-de-Bigorre.


Lors de la fonte des neiges, les torrents de montagne provoquent des crues subites si bien que, depuis toujours, l'Adour connaît un régime assez sauvage. Selon les secteurs, la pluviométrie varie de 3000 mm/an sur les crêtes pyrénéennes à 800 mm/an dans les Landes et le Gers avec une moyenne de 1.400 mm/an environ, ce qui fait du bassin une des régions les plus arrosées de France. L'importance de la marée a également une importance sur l'hydrologie du bassin. L'accroissement de l'urbanisme des trente dernières années n'a fait que renforcer le phénomène des crues. Le fleuve a un aspect torrentiel jusqu'à Tarbes car en 70 km, à peine, passe d'une altitude de 300 mème pour devenir un fleuve de plaine qui alimente les affluents.

L'Adour est navigable sur plus de la moitié de son parcours mais son embouchure sur l'Atlantique, entre Anglet et le Boucau, appelée "la barre de l'Adour", rend difficile et souvent dangereux l'accès au port de Bayonne qui, sans cet obstacle naturel, serait un port de grande navigation.

L'embouchure de l'Adour s'appelle "le Boucau de l'Adour". Elle s'est portée tantôt vers le sud jusqu'à la pointe de Biarritz, et surtout vers le Nord en direction du Bassin d'Arcachon.

A l'époque glaciaire, l'Adour se jetait dans l'Atlantique à la hauteur de Capbreton. Ce fleuve était tellement puissant qu'un profond sillon subsiste dans l'océan sous forme de gouffre marin : le "Gouf de Capbreton" mesurant 35 km de large et pouvant atteindre 1.000 à 1.500 m de profondeur avant de se fondre dans l'océan à 50 km de la côte. A cet endroit, au dessus de ce "Gouf", par temps de grosse tempête, l'océan reste calme et se caractérise par une vraie "mer d'huile" pour les navigateurs au mouillage de Capbreton.

A l'époque gallo-romaine, au II ème siècle de notre ère, à partir des cartes de Ptolémée, l'embouchure de l'Aturus (Adour) se situait à 1.800 mètres à l'intérieur des terres actuelles, à 1.500 mètres environ au sud de Capbreton, presque en face du "Gouf" de Capbreton.

Il y a dix siècles de cela, suivant l'hypothèse de Ch. Duffart, en 1897, l'embouchure ressemblait à un vrai delta, le principal bras à l'horizontale de Capbreton, les autres plus au nord, en partant de Dax, en passant par Magescq, la dépression de Soustons et le havre du Vieux Boucau. Les divers étangs qui subsistent encore sur les lieux en sont les témoins avec les lits qui les entourent.

Au Moyen-Âge, l'embouchure aurait été à la pointe des Gahets.

Puis l'embouchure aurait été au nord de Capbreton, en face des étangs de Hardy.

Plus tard, l'embouchure aurait remonté jusqu'au Vieux Boucau (Vieille Bouche) appelé alors Port-Labrit ou le Plech.

On estime que l'océan peut apporter 15 à 18 m3 de sable par an sur chaque mètre du littoral.

Au XIV e siècle, entre 1310 et 1330 environ, un cataclysme a dévasté tout le sud-ouest. C'était la période de la fonte des neiges qui ont grossi les affluents de l'Adour. Le fleuve fut rapidement transformé en une masse torrentielle d'eaux boueuses. En même temps, une tempête sur l'océan devant Capbreton accumulait des masses de sable au point de former une barre devant le "Gouf" faisant brusquement barrage à l'embouchure de l'Adour.

L'Adour s'étendit sur 400 mètres de large, vers le nord, arrachant tout sur son passage, traversant Ondes et le pays de Labenne, engloutissant les étangs voisins, absorbant le lac d'Hossegor, ravageant le territoire de Soustons pour trouver enfin au Plecq l'issue pour se jeter dans l'océan. C'est ainsi que prit naissance le nouveau cours de l'Adour se rallongeant de 28 km de Bayonne au Boucau de Marensin (Vieux Boucau actuellement) et le nouveau port que l'on nommera Port d'Albret.

Une sortie secondaire demeure à Capbreton, navigable pour les navires peu importants.

Bayonne, avec l'embouchure maintenant à 30 km se voit ruinée. C'est la guerre de Cent ans avec la domination des Anglais. C'est une période prospère pour la navigation sur l'Adour. Le fleuve connaît un trafic important : on importe des épices, de la laine, des pipes de cidre, du sel, du blé, des tonneaux de baleine, du minerai de fer, de la morue, des sardines. On exporte la résine, des planches de sapin, de la poix, du liège et des vins du Marensin. Le trafic par la mer s'effectue par des galions.

Pour récompenser les Bayonnais de leur ténacité, les rois successifs leur accordent un droit de taxe sur les marchandises entrant dans les ports voisins de Saint Jean-de-Luz, Capbreton et Port d'Albret.

Charles X, en 1562, ordonne de chercher une solution pour donner au fleuve une embouchure à Bayonne.

Le 8 Février 1571 Maître Louis de Foix est désigné pour effectuer les travaux qui s'exécuteront sous le règne d'Henri III.

Le 25 Octobre 1578, une violente tempête se déchaîne. La Nive, en crue, menace d'engloutir toute la ville de Bayonne mais une formidable chasse d'eau pousse l'Adour qui ouvre le nouveau passage.

Très vite, la nouvelle embouchure fait face au problème de l'Atlantique et donc du sable qui ne tardera pas de s'amonceler à l'intérieur du nouvel estuaire pour former des bancs de sable.

Il faut draguer la passe sans arrêt. Une estimation de 5 millions de m3 d'eau de mer entrent par chaque marée de six heures auquel s'ajoutent les 17 millions de m3 venus de l'amont. Ce qui représente en moyenne un débit de 1.000 m3/s trois fois celui de la Seine à Rouen. Sable et alluvions, dans un mouvement perpétuel demeurent incontrôlables.

La malédiction des Bayonnais persiste pour avoir voulu détourner l'Adour (disent certains).

Peut-être aurait-il mieux valu conserver le passage du "Gouf" qui était un tracé naturel et mieux adapté à l'océan Atlantique !

(© Marie-Pierre Manet)


fleur au bord de l'Adour    autre fleur au bord de l'Adour



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département 65.

© Marie-Pierre MANET






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