Du charivari
dans le droit ancien des pyrénées,
Comte de bigorre
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Issu du latin " caribaria " dans lequel de nombreux musiciens et passants organisés en défilé faisaient du bruit avec toutes sortes d’objets. Était attesté dès le XIVe siècle et tenu lors d’un mariage jugé mal assorti ou d’un remariage. S’ensuivent mention, abus, arrêt et amendes en Comté de Bigorre.

Il était d’usage dans notre comté de Bigorre de punir par charivari les unions mal assorties, mariage d’un homme âgé avec une jeune femme ou remariage d’un veuf ou d’une veuve qui se remariait trop vite après le décès du premier conjoint. Cette parodie populaire n’était pas propre à la Bigorre, elle était attestée à Paris jusqu’au XVIIIe siècle en dépit des inconvénients provoqués, des arrêts du Parlement et de la défense de l’Église à perpétuer ce " rituel ".

Dans le registre des délibérations de la ville de Bagnères, nous lisons en l’an 1634, le 21 février, au " conseil que, la veille au soir fort tard, on avait entendu dans la ville le cri : au callavari ! Qu’on avait enfoncé des portes et qu’il s’était formé des attroupements dangereux. Sur quoi l’assemblée délibéra que les consuls feraient que personne n’eût à marcher la nuit en habit de masque et sans flambeau allumé. L’an 1700 et le 2 juillet, il fut délibéré que le droit de charivari serait remis aux chefs de vingtaine des quatre rues pour être perçu chacun dans son quartier et le revenu employé aux frais de la solennité et réjouissance de la fête de Saint Jean-Baptiste. "

Le droit de percevoir par le seigneur un droit ou une amende sur tout était coutumier au Moyen-âge, mais sous le règne de Louis le XIV, les produits du charivari destiné à la fête d’un saint est quelque peu curieuse. De ces abus s’ensuivirent nécessité d’y remédier. L’article 11 des statuts d’Arrens stipulait : " Seront tenus les consuls de commander les patrouillés pour empêcher les charivaris, les danses publiques et tous autres attroupements et divertissements que les consuls estimeront être contre la religion, contre le repos public, et contre la saine police, qui doit faire la tranquillité et le bien d’une communauté, à peine, contre les consuls et patrouillés, d’être pris à partie, de répondre des dommages et intérêts qui peuvent en résulter et d’être punis comme fauteurs de désordres ".

Le charivari pouvait durer longtemps tant que les personnes en cause refusaient de verser une rançon, offrir à boire aux participants et de " courir l’âne ", " l’assouade " : les conjoints enfourchaient l’âne, la femme dans le bon sens, l’homme à l’envers, tenant en main la queue de l’animal au milieu de la foule. Toutefois les dits incriminés refusant de " courir l’âne " pouvaient se faire remplacer par des comparses au détriment de leur position au sein de la communauté. Un usage de substitution plus discret en Béarn, consistait à unir les domiciles des deux personnes accusées d’adultère par une jonchée de feuillage, de fleurs ou d’objets hétéroclites.


Guy DALBERNY




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© Marie-Pierre MANET







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