La guerre de Cent ans




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Situons les évênements avant la naissance d'Arnault-Guilhem de Barbazan ainsi que durant sa vie afin de mieux comprendre le contexte de son époque.

En France, Charles IV Le Bel, fils de Philippe IV Le Bel et de Jeanne de Navarre, époux de Blanche de Bourgogne-Comté (répudiée), de Marie de Luxembourg et de Jeanne d'Evreux, meurt en 1328, sans frère vivant et sans descendance mâle. La couronne passe à son cousin Philippe VI de Valois, fils de Charles de Valois, frère de Philippe IV Le Bel.

En Angleterre, Édouard II devient souverain en 1307. Il épouse, en 1308, Isabelle de France, fille de Philippe Le Bel et de Jeanne de Navarre. Il ne peut établir un pouvoir fort car le gouvernement souffre d'une politique intérieure et é,;trangère déficiente. De plus, il devient un roi affaibli par ses perversions, notamment sa passion pour le chevalier gascon Piers Gaveston. Il fut renversé par sa femme, Isabelle de France accompagnée de son amant Roger de Mortiner. Elle prend la tête du soulèvement qui l'oblige à abdiquer en janvier 1327. En cette même année 1327, son fils Edouard III devient, donc, Roi d'Angleterre. Elle assure sa régence de jusqu'en 1330.

En 1328, la nomination de Philippe VI de Valois comme Roi de France (postulant à la Couronne par les hommes) par les barons qui avaient écartés du trône Édouard III, Roi d'Angleterre, petit-fils de Philippe IV le Bel (postulant à la Couronne par les femmes) fut le point de départ de la "Guerre de Cent ans" (1337-1475). Cette rivalité déchira la France avec son lot de massacres et de drames. Édouard III voulait assurer l'indépendance de ses possessions de Guyenne, commerce des vins de Bordeaux, et il choisit l'occasion de la succession au trône de France, en 1328, pour faire valoir ses prétentions. Durant cette guerre, Philippe VI y subit de nombreuses défaites : batailles de Crécy en 1346. Son règne fut marqué par la peste noire qui ravagea l'Europe de 1347 à 1350 avec la perte d'un tiers de sa population, soit vingt cinq millions de personnes, et qui entraîna une grave crise économique et empêche la poursuite de la guerre. Philippe VI achète le Dauphiné et Monpellier en 1349.

A la mort de Philippe VI de Valois, lui succède son fils Jean II dit Le Bon. Il est confronté, au début de son règne à des difficultés financières et doit dévaluer la livre tournoi. Il marie sa fille au roi de Navarre. Charles II le Mauvais, petit-fils de Louis X, à ce titre lui aussi va prétendre au royaume de France. Celui-ci assassine le connétable Charles d'Espagne, favori du roi. Emprisonné, Charles Le Mauvais va se rallier au Roi d'Angleterre, privant Jean d'un précieux soutien. En 1355, pour répondre aux difficultés financières du royaume et à la reprise des hostilités contre les Anglais, il convoque les États-Généraux. Jean II Le Bon est fait prisonnier lors de la bataille de Poitiers, en 1356, par le Prince Noir, fils d'Édouard III. Lors de cette bataille, Philippe VI de Valois y reçoit le surnom de Philippe II Le Hardi pour s'y être distingué par son comportement. Après cette bataille sanglante, il accompagne son père en captivité en Angleterre. En 1363, il reçoit le duché de Bourgogne. En 1369, Il épouse Marguerite, héritière des Flandres et gagne ainsi l'Artois.

Pendant la captivité à Londres du roi Jean II le Bon, son fils aîné, le futur Charles V, duc de Normandie et dauphin de Viennois, à peine âgé de dix-huit ans, sans expérience politique assure la régence à partir du 14 mars 1358. Il va devoir affronter les mécontentements de tous ordres.

L'Assemblée des trois États convoquée par lui en octobre 1356 au palais de la Cité pour régler les problèmes du gouvernement et de la sécurité du royaume, tourne rapidement au procès des conseillers du roi et à l'exigence des réformes. Le parti des contestataires est mené par l'évêque de Laon, Robert le Coq, partisan du roi de Navarre, Charles le Mauvais, beau-frère du Dauphin, emprisonné pour ses intrigues et dont la libération est exigée. Énergique et entreprenant, le prévôt des marchands, Étienne Marcel, grand drapier, issu d'une ancienne lignée bourgeoise parisienne, prend en main la défense de la ville, et son influence grandissant, fait échouer un projet de réforme monétaire projeté par le Dauphin. C'est sous l'influence, également, qu'est promulguée l'ordonnance de Mars 1357 introduisant un certain contrôle du gouvernement royal par les États. La lutte pour le pouvoir tourne bientôt à l'affrontement direct et de plus en plus violent entre le Dauphin et le prévôt des marchands. Soutenu d'abord par la population parisienne, celui-ci organise Paris sur le modèle des villes flamandes et donne à ses partisans en signe de ralliement , le chaperon rouge et bleu. Il est introduit au Conseil en mars 1358, mais le Dauphin s'enfuit peu après de la capitale dont il entreprend le blocus tout en convoquant de nouveaux États de Compiègne. Aux abois, Étienne Marcel fait d'abord appel aux paysans révoltés du Beauvaisis, les Jacques, qui sont finalement écrasés, puis au Roi de Navarre qu'il introduit à Paris et fait nommer capitaine général. L'entrée de troupes anglo-navarraises dans la ville suscite des mécontements et renforce le parti du Dauphin : le prévôt est assassiné à la porte Saint-Martin le 31 juillet 1358. La reprise en main de Paris qui s'ensuivit mit un terme à cette tentative d'affirmation de l'administration communale face à la toute puissance du pouvoir royal.

Enfin, Charles V négocie le traité de Brétigny qui devait apporter la paix et la libération du roi.

En 1359, une expédition du duc de Lancaster sur les côtes françaises abouti à un échec : les négociations reprennent.

Le traité de Brétigny est conclu entre les deux parties, la France et l'Angleterre, à Calais, le 8 Mai 1360, puis définitivement ratifié le 24 Octobre 1360. Pour libérer Jean II, des négociations sont immédiatement entamées, mais elles échouent. Le Roi de France doit renoncer à l'Aquitaine tandis que le Roi d'Angleterre à la couronne de France. Mais la remise des terres doit s'accompagner d'une estimation précise des biens des deux parties, selon le traité, le terme de l'enquête en 1361. Or, le régent du royaume, le futur Charles V, la fait traîner en longueur, jusqu'en 1362.

De plus, les prétentions du Roi d'Angleterre sont beaucoup trop grandes : la rançon du Roi Jean II est fixée à trois millions d'écus, payable en six annuités. Le Roi d'Angleterre retrouve sa souveraineté sur le duché d'Aquitaine, le Ponthieu et la ville de Calais. Les descendants d'Édouard III ne sont toutefois pas explicitement exemptés de l'hommage au Roi de France pour ces terres... Le futur Charles V met, ensuite, à profit, les années suivantes pour organiser la confiscation de l'Aquitaine.


(© Marie-Pierre Manet)



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