Le fabuleux et exceptionnel destin de
Jean-Pierre Cardeillac (Juan-Pedro Cardeillac)
natif de Trébons
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Décidément, le XXI e siècle n'a rien à envier au XIX e et nous rend assez septiques face à l'avenir. Nous vous proposons de faire un retour en arrière au moment où une crise économique européenne vient d'éclater et de partager ensemble le destin fabuleux et exceptionnel de Jean-Pierre Cardeillac, natif de Trébons dans les Hautes-Pyrénées.

Nous sommes vers les années 1840, Jean-Pierre Cardeillac, est ingénieur-architecte, il mène une vie paisible au côté de sa jeune épouse et de ses deux enfants : Paul et Françoise. Mais ce bonheur est malheureusement de courte durée car il se retrouve bien vite veuf. Il éprouve un immense chagrin et en devient inconsolable. La vie, tout autour de lui, semble s'être écroulée. Le moral est au plus bas et rien n'est fait pour le remonter car depuis plusieurs années une météo exécrable a fini par gâter les récoltes. La famine s'est installée : prix des semences prohibitif, apparition du phylloxéra, excédant des naissances par rapport aux décès... La vie est bien cruelle. En tant que père de famille il faut qu'il prenne une décision pour nourrir ses chers enfants qui lui restent.

Il a entendu parlé de l'émigration vers l'Amérique. Au début, c'est un écho lointain qui ne tarde pas à s'amplifier. Comment ne pas y penser tout le monde en parle !

Bien que la décision de partir vers l'Amérique est dure à prendre, Jean-Pierre confie ses chers enfants à des voisins, à Trébons, afin qu'ils se chargent de leur éducation. Ces derniers se montreront, d'ailleurs, à la hauteur de leur tâche.

Laissons place à un article de journal intitulé :

" Tarbes - Avant la conférence de Vendredi par Mme Lansac-Boymier "

... car internet est un outil merveilleux :





(Réf : " © Les cahiers français ")


" La prodigieuse destinée de Jean-Pierre Cardeillac, enfant de Trébons - organisateur de la défense de Montévidéo ".

Vendredi, salle des Fêtes de l'hôtel de ville de Tarbes, Mme Léon Lansac-Boymier, professeur de l'enseignement secondaire uruguayen et des liens amicaux qui unissent nos deux pays. Sujet traité par une conférencière au verbe agréable en même temps que fort documenté. Sujet qui, sans aucun doute, intéressera un nombreux auditoire. D'autant plus que sera prononcé un nom familier à nos oreilles bigourdanes : celui des Cardeillac.

En effet, il y a des Cardeillac très estimés à Tarbes et en Bigorre. Et aussi en Uruguay ??? comme nous l'avons dit en annonçant la conférence, de nom est fort particulièrement honoré. Cela depuis la venue de J.-P Cardeillac. Comme vous allez voir ce n'est pas sans raison.

Jean-Pierre Cardeillac naquit à Trébons le 15 Messidor An X (15/07/1803). Et quand, en 1843, le Maire d'alors Jean-Marie Duval dut attester des bons antécédents, il n'hésita pas à certifier :

" ... S'est constamment comporté en honnête homme. Il a par sa conduite régulière et la probité de ses moeurs mérité l'estime des gens de bien... Il n'existe contre lui aucune espèce de reproche. "

Ce que l'on dira plus tard de lui, en Uruguay, sera encore plus élogieux.

Le 1 janvier 1843, Jean-Pierre Cardeillac, jeune ingénieur-géomètre-arpenteur, entrait au service du Gouvernement de Montévidéo qui lui confiait la direction des ouvriers recrutés pour établir une ligne de fortification devant la capitale.

Il avait émigré au cours de l'année 1842, laissant à Trébons deux enfants, un garçon et une fille en bas âge. Profondément affecté par la mort de sa femme, sans doute voulait-il fuir le souvenir des jours heureux.

A Montévidéo, il se distingua aussitôt par sa conscience et sa valeur professionnelle. Et le certificat du Maire de Trébons ne fit qu'accroître la confiance dont il bénéficiait.

L'Uruguay est alors en guerre avec sa voisine, Argentine. Et le 18 février 1843, les troupes ennemies arrivaient aux portes de Montévidéo et assiégeaient la ville. La défense s'organisa dans l'enthousiasme. Ce fut le prélude d'une indomptable résistance qui devait durer neuf ans et forcer la victoire.

Neuf ans durant lesquels Cardeillac allait lui-même jouer un rôle de tout premier plan. Groupés autour du colonel Thiébaut les Français participaient activement à la défense de la capitale. Sacrifiant une situation officielle, avec toutes les garanties légales qu'elle lui conférait, Cardeillac partagea le sort de ses compatriotes qui, à leurs risques et périls, avaient pris les armes.

En sa qualité d'ingénieur de la Légion Française on lui confia d'abord l'aménagement d'un immeuble non achevé destiné à servir d'hôpital. Ce qu'il fit, comme le déclara l'administrateur directeur avec " le plus d'honneur ", économie et activité si précieuse dans les circonstances. Le successeur de la direction, Paul Cousin, devait, lui aussi, témoigner du zèle du technicien et des sentiments altruiste du légionnaire.

L'armée constituant la garnison de Montévidéo était dépourvue de soldats du génie. Un petit groupe d'officiers allait suppléer à cette carence et le commandant, José Maria Echéaudia, fit appel à Cardeillac qui se distingua si bien qu'il fut nommé second architecte des fortifications. Tant bien que mal, les vieilles défenses de l'époque coloniale furent remises en état et les nouvelles lignes établies. Grands travaux effectués dans le feu de l'ennemi qui ne furent terminés qu'en 1847.

En 1844, Cardeillac étudia et construisit sur la ligne avancée une batterie solidement fortifiée qui prit le nom de " Batterie de la 2 e Légion de la Garde Nationale " en hommages aux volontaires français qui l'occupèrent immédiatement. Remarquable ouvrage, en vérité, dont le rôle fut essentiel dans la défense de la capitale. En 1932 (?), le capitaine du génie Mariano Cortès Arteaga a publié un ouvrage sur " l'Organisation de la Défense de Montévidéo durant la Grande Guerre " et on peut y lire les éloges répétées de Cardeillac. L'auteur affirme qu'il contribua pour beaucoup à rendre la capitale imprenable.

Le dévouement et la valeur professionnelle de J-P Cardeillac (Juan-Pedro Cardeillac) fut d'ailleurs, à l'époque unanimement reconnu et loué par les personnalités civiles et militaires. C'est notamment, Manuel Correa, chef d'Etat-Major des Armées de la République qui parle " du bon accomplissement de tout ce qui concernait sa profession et de sa conduite irréprochable... ". Nicolas de Vedia y Ramalla, Général, reconnaît qu'il a toujours donné des preuves de son intellignece et de sa loyauté, " s'exposant souvent aux balles ennemies... ".

"... Il se montra bon serviteur de la République et fut digne de toutes les éloges " écrit de son côté le ministre de la Guerre, commandant général des Armées.

Le plan topographique de la ville de Montévidéo, avec ses lignes de défense, beau et précieux travaux de Jean-Pierre Cardeillac, fut d'ailleurs édifié à l'époque. Ce qui ne fit qu'accroître ce concert de louange.

Et le 2 août 1850, Félix Coffinte lui écrivait :

" Je désire vivement que votre position matérielle améliorée et qu'aux récompenses honorifiques le Gouvernement puisse ajouter le traitement et rapport avec l'importance de vos services. "

A sa mort, le 16 décembre 1864, Jean-Pierre Cardeillac laisse une situation difficile.

Il s'était remarié en Uruguay avec Ana Melinton, d'origine brésilienne, dont il eut deux enfants : une fille qui devint Madame Cardeillac de los Campos, et un fils, Pierre Cardeillac.

Ses deux enfants du premier mariage étaient restés à Trébons. Sa fille Françoise sut par Maillefer, chargé en Uruguay des Affaires de France, " qu'à l'exception d'une maison de campagne, ce que laissait son père était en litige ". Il s'agissait de terre promises en paiement d'arpentage mais qui faisaient l'objet de procès. Il toucha en deux fois un peu plus de 7,000 piastres et autre indemnités. Et M. Maillefer conseillait à Mlle Cardeillac de confier ses intérêts à Me Dupierris, avocat, à Siarrouy, grand ami de son père.

Paul, son fils, se rendit en Uruguay. De découvrir non sans joie et émotion que son père y faisait figure de héros national de Montévidéo où il est d'ailleurs toujours. Comme Paul avait la peinture comme violon d'Ingres, il fit une copie qu'il rapporte en France.

Au cours de ce voyage et en droit à toutes sorte d'honneurs. Mais une Révolution ne tardait pas à éclater. Et on lui conseilla de partir promptement. Avant de " perdre la tête !" Chose courante dans les Révolutions.

Dès lors ce fut le silence. Les Cardeillac de Bigorre ne surent plus rien des Cardeillac uruguayens jusqu'en 1952 où Mrs Maurice et Jean Cardeillac ayant tous deux succédés à leur père Joseph, petit-fils de Jean-Pierre à la tête d'un cabinet d'assurances, reçut un télégramme lui donnant rendez-vous à Biarritz. Et c'est ainsi que les deux branches de la famille Cardeillac, qui compte en Uruguay, cinquante-deux représentants, ont renoué leurs relations.




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de la Bigorre devenue Hautes-Pyrénées
département 65.

Entraide apportée par :

- M. Claude CARDEILLAC
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© Marie-Pierre MANET







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