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Le célèbre chanteur-mime
Léon Cheval
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Sceau
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Portrait de Léon Cheval             Léon Cheval en clown




[1] A Paris, en plein Montmartre, il est un logis dans quoi, si vous y pénétriez, vous seriez sûrement fort surpris de retrouver notre habituelle atmosphère bigourdane.

Vous y verriez aux planches d'un vieux bahut, quelqu'une de ces écuelles de case où la garbure longtemps se conserve chaude, et, aux rayons d'un vasselier vénérable, quelqu'une de ces assiettes de terre rouge, qui, tiédies aux braises du foyer et posées bien douillettement sur le ventre, passent pour être souveraines contre les coliques d'estomac.

Appendues aux murs, d'anciennes estampes représentant les sites fameux des bords du Gave, de la Neste et de l'Adour, et, aussi, une ample collection de ces sonnailles, esquéros et tringolos, dont, certains soirs d'automne, la lente chanson rustitique emplit la grand'rue de nos villages aux toits bleus.

Sur la table de la salle à manger, par façon de "chemin", un couple de moustiquaires à larges franges bariolées avec quoi, au temps des moissons, on protège le museau des bœufs "quand la mouche pique". Sur la hotte de la cheminée, un fuseau et une quenouille floquée de laine brute, qui semblent attendre la fileuse...

C'est là qu'habite Léon Cheval.

Je ne vous raconterai point comment, de Commis des Postes, il devint, - à force de quel persévérant labeur opiniâtre ! - humoriste, mime et grand pontife de la libre République de Montmartre. Ce serait intéressant, certe, mais si long !

Mieux vaut faire immédiatement connaissance.

Léon Cheval est, surtout, artiste dessinateur. [...] Outre le "dessin animé" pour films cinématographiques, la grande spécialité de notre ami est le dessin humoristique de scènes clownesques. "Auguste" et "Pépito" n'ont pas, en effet de meilleur caricaturiste que lui. Souvent, Léon Cheval passe ses après-midi et ses soirées au cirque, proche la piste ou dans les loges, afin de croquer au vol les gestes, les attitudes et les jeux de physionomie des pîtres enfarinés qui y cabriolent ou s'y griment. Puis il recompose sur le chevalet l'atmosphère de l'arène, voire des coulisses ou les pantins grotesques redeviennent des hommes. Et, ces clowns, il les peint en témoin sincère, certes, mais aussi en ami. Car il les aime. Il partage leurs joies et leurs peines. Il est des leurs, et, au besoin, il descend avec eux dans la piste sciurée. N'est-il pas le meilleur "copain" des Fratellini, un trio de clowns fameux, qui, depuis de longues saisons, font, au Cirque d'Hiver, les délices des Parisiens, grands et petits !

C'est peut-être à leur contact que Léon Cheval est devenu mime.

Car notre ami pose de temps à autre le crayon, et, après avoir revêtu le blanc costume de Gilles ou de Pierrot, rien que par gestes et expressions du visage, joue, seulet, le drame ou la comédie.

En cet art difficile, CHEVAL aussi excelle. Écoutez plutôt ce qu'après un gala donné, s'il vous plaît, devant un parterre d'Excellences ministérielles en visite, un journal de Tulle disait récemment de lui :

"La Chanson mimée ! Voici un genre que nous ne connaissions pas à Tulle et qui exige pour être apprécié un public d'une émotivité très subtile. Art apparemment difficile, demandant beaucoup d'études, une perception très nette de toutes les nuances sentimentales de l'âme. M. Cheval nous paraît être l'incarnation du genre. Ses jeux de physionomie d'une extrême mobilité, savant traduire toutes les expressions idéatives. C'est un grand artiste que cet homme qui sait ainsi par une contraction des lèvres, un pli du visage, un froncement du sourcil, une rotation de l'œil, animer un discours ou une chanson et communiquer au spectateur l'émotion puissante qu'il éprouve lui-même. Il a été très goûté du public Tullois, dont le sens esthétique a été ainsi mis à l'épreuve, et dont l'âme collective a su vibrer à l'unisson de la sienne. C'est vraiment un artiste, un grand artiste que M. Cheval" [2] [...]

René Escoula




Notes

[1] Sources : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
En cournè det houéc
Journal des cours d'adultes
du département des Hautes-Pyrénées
Édité par la Société bigourdane d'entr'aide pédagogique
Auteur du texte - 1925.



Notes

[2]
Extrait du "Corrézien".





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© Marie-Pierre MANET







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