24. Noms Aquitains : Le suffixe -st au vocalisme variable, apparaît dans :
Adast, Andrest, Generest, Antist,
Ansos, Arbeost, Ardengost, Berberust, Cheust ou
Grust.
Le plus connu de ces suffixes, mis en évidence par les travaux de G. Rohlfs et de J.
Seguy, est le suffixe -os et son équivalent
aragonais -ués :
Peut-être faudrait-il en rapprocher d'autres suffixes : Certains de ces suffixes semblent avoir été
accolés à des noms latins comme : Vient ensuite une couche de noms latins (de
la conquête romaine au V ème siècle),
composés d'un gentilice classique ou de noms
nouveaux, dérivés ou indigènes,
Et la grande famille des Antistii : Le suffixe -anum a pu servir encore, mais
rarement à caractériser des noms
d'origine celtique : Artanius serait ainsi à
l'origine d'Artagnan et "Arepaius" d'Arpajan
(Monléon, Magnoac)
Ou encore peut-être ce riche propriétaire
nommé "Cantilius" qui aurait possédé les
exploitations rurales nommés Cantillac à Maubourguet, Bazet, Ousbelille et
Bordères.
Dans un second temps, le suffixe a affecté
des noms de personne aquitains attestés
dans les inscriptions : Et on le rencontre dans des noms qui nous demeurent mystérieux comme : Il a enfin été appliqué
aux noms d'origine latine, classiques ou dérivés, comme :
- Serenius (Sarriac et Sariac). Des appellations botaniques, d'origine celtique ou latine ont pu encore en être
formés, ainsi :
- Verna "aulne" a donné Bernac. C. Les noms des cours d'eau déterminent trois principaux ensembles de
vallées pyrénéennes :
X. Ravier a étudié les suffixes -un, -on et -en qui
affectent des formes comme :
Ossen et Ossun.
Buzon et Buzun.
Beaucen(s) , Bertren, Grailhen,
Aulon, Caixon, Ozon, Aucun, Bun, Mun.
il précise un très grand
nombre de toponymes de l'extrême Sud-Ouest et apparaît dans :
Agos, Nistos, Genos, Esparros,
Banios, Cinos, Sabarros, Sinzos, Angos, Tuzos,
etc...
en -s comme -ès (Bartrès).
-is (Sassis, Ris).
-us (Ségus, Bazus).
-as (Nestalas, Arras).
Vitalis (Vidalos).
Barbatius (Barbachen).
Bellicius (Vieuzos).
D'autres paraissent avoir été
utilisés jusqu'au Haut Moyen-Âge :
(Gaillagos, Saligos).
25. Noms Aquitano-Romains :
modifiés par le suffixe
-anum, leur présence constitué
une présomption en faveur de l'existence d'un
domaine créé entre le Ier et le IV ème siècle.
Ainsi :
- le "fundus aurelianus" : "le domaine d'Aurélien" aurait
été à l'origine d'Aureilhan.
- tandis que "Orentius" aurait donné "Aurensan".
- Aventinus, Aventignan.
- Barbatius, Barbazan.
- Catilius, Cadeilhan.
- Siradus, Siradan.
aurait donné son nom à son ancien domaine d'Antichan, en Barousse.
De cette époque, pourraient dater des noms de lieux
venant d'un anthroponyme non suffixé :
(Saturnius, Sadournin),
ou d'un simple appellatif :
(terras colonicas, "terres confiées à
des colons défricheurs", Collongues).
et des anthroponymes
aquitains comme Arcisus qui serait à
l'origine d'Arcizans. Sensiblement contemporaine
de la précédente est la couche
toponymique
que caractérise l'emploi du suffixe
celtique latinisé -acum dont la
signification est moins précise que -anum,
mais qui fut particulièrement utilisé dans
la désignation des domaines. Paraissant
être resté en service jusqu'au Haut Moyen-
Âge,
il a dû, en premier lieu, servir à
préciser des noms d'hommes d'origine celtique
ou celtisés fondateurs de domaine comme :
- Benus (Bénac)
- Cavannus (Cabanac)
- Gennitius (Gensac)
- Talasius (Talazac)
- Arcisus (Arcizac)
- Sembedo (Séméac).
- Sendus (Sénac).
- Catilius (Cadéac).
- Ayrac.
- Bourréac.
- Laméac.
- Lansac.
- Oléac.
- Tuzac connu par son diminutif Tuzaguet, etc...
- Avitus (Avezac).
- Sylvanius ( Soubagnac, à Labatut-Rivière).
- Basilius (Bazillac).
- Potitus ( Pouzac).
- Priscius ( Préchac).
- Bellicius (Vieuzac).
- Tilia "tilleul" le Tilhac de Vic-Bigorre.
26. Noms germaniques.
A. Nom d'apparence ou de constructions germaniques :
Ainsi que noms de petits groupes barbares, isolés au milieu de la population
indigène en voie de romanisation, auraient
attribués ou fait attribuer à des
établissements fondés à partir de V ème siècle.
Goudon pourrait ainsi provenir d'un (fundus) Gothorum Gouts en Rivière-Basse de
"Gothos" «les Goths».
Clarens d'un nom de personne , du latin "Clarus".
B. Dans la vallée de Louron, toponymes germaniques :
- Adervielle.
- Aquitaine.
- Loudenvielle.
- Viella.
- Aranvielle.
- Estarvielle.
Probablement composés d'un terme suffixé et d'apparence
(basque "aran" «vallée») et du
produit gascon du latin "villa"
«ferme» puis «agglomération rurale».
La toponymie:
Met en évidence des régions qui, par l'emploi de certains types de
noms se distinguent des pays voisins, ce qui permet de supposer chez elles une
certaine homogénéité de peuplement et de culture.
A l'Est :
La région des Nestes, englobant la vallée de la Pique (ancienne Neste),
celles des Nestes de Louron et l'Aure.
Au Centre :
Les vallées du haut bassin de l'Adour creusées par l'Adour de Paillole.
- L'Adour du Tourmalet.
- L'Adour de Lesponne.
A l'Ouest :
Jusqu'à la vallée d'Aspe, les Gaves.
Gave, Adour, Neste ont dû être à
l'origine le principal terme de référence permettant
de désigner un cours d'eau
dans chacune de ces trois régions qui connaissait
certainement les autres termes comme le prouve l'existence de Nest, ancien nom du
Gave de Cauterets,
confluent à Nestalas avec le Gave, et du ruisseau de Gavarnie
dans celui de l'Adour.
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