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Une petite page d'Histoire locale :
La commune de Tournay
[1]

(ADHP - Monographie établie en 1887)



Sceau
00036426
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Livre écrit à la plume

[1]Tournay, d'après A. Curie-Seimbres, tirerait son nom des "Tornates" mentionnés dans Pline, et qui durent se fixer en ce lieu. Disons plutôt, avec G. Balencie, que Tournay est un nom récent, emprunté à la ville de Tournai, sur les bords de l'Escaut. Il fut donné en 1307, à la bastide élevée sur les territoires de la Brossa et de Rensou, cédés par un puiné d'Astarac, Boémond.

Tournay était une ville royale, enclavée dans la Bigorre, du pays des Fittes et Refittes, dans la Juridicature de Rivière et Élection d'Astarac.

La justice royale de Tournay servait pour cette ville seule avec un juge, un procureur du roi et un greffier. Ce siège royal s'était soustrait à la Juridiction du sénéchal d'Auch et ressortissait, en 1776, au sénéchal de Toulouse.

Faisant partie de l'archidiaconé de Rustan, l'archiprêtré de Tournay avait dans sa suffragance dix paroisses, savoir : Bernadets-dessus et son annexe d'Orieux, Bordes, Clarac et son annexe de Peyraube, Goudon et son annexe de Peyriguère, Gourgue et son annexe de Péré, Lanespède avec son annexe de Ricaud, Moulédous et son annnexe de Gonez, Ozon, Sinzos et son annexe de Lhez et Tournay.

En 1790, cette ville devint un chef-lieu de canton avec 25 communes, puis avec 19 et enfin quelques années plus tard avec 27.

Tournay, sis au centre d'un magnifique bassin dont les sites sont variés et enchanteurs, a un climat qui rivaliserait avec celui de Pau ; il possède un terrain fertile en fruits, en céréales et en grasses prairies.

Ce charmant petit pays dut, dans tous les temps, arrêter les pas vagabonds des peuples qui se jetèrent sur la Bigorre, et subir les calamités désastreuses qui étaient à toutes cités.

Les Sarrazins ne durent pas l'épargner ; le souvenir de leur séjour semble y être rappelé par le nom du quartier Lemoura (de Maures).

Les capitaines anglais du château de Lourdes la respectèrent pendant quelques temps, et en firent un pied-à-terre pour leurs hasardeuses expéditions ; mais comme ils s'adonnèrent au pillage, les habitants de Tournay se liguèrent avec ceux de Bordes et passèrent un compromis en 1373, au termes duquel des deux communautés devaient se prêter mutuellement assistance contre eux.

Elle eut à subir aussi tous les malheurs des guerres religieuses ; l'église fut brûlée au mois d'août 1569, lors du passage des troupes du comte de Montgomery venant de la région de St-Gaudens "pour aller faire lever le camp du Roy qui estoit devant la ville de Navarrens, au pays de Bearn". Elle tomba au pouvoir de Réformés de Joseph-François de Montesquiou, seigneur de Sainte-Colomne et du Pérer, en mai 1587. Le 1er septembre suivant, noble Gaston de Baretge, seigneur de Bulan, fait acte de remise de la ville de Tournay entre les mains des consuls "requérant qu'ils le tiegnent en bonne et sure garde sous l'obéissance du Roi souverain suivant les ordonnances royaux et arrets de la Cour ; autrement proteste contre eux de tous dépens, intérêts et dommages qui s'en ensuivront, et où de rechef la dite ville seroit reprise.".

En 1592, Raymond de Cardaillac y fonda un couvent de Minimes.

Au siècle dernier, la peste ravagea la ville de Tournay. En 1632, le fléau s'y développa avec une telle intensité, la panique y fut si grande qu'il y eut comme un arrêt de la vie sociale. Les notaires, n'osant approcher les pestiférés, les interrogent au seuil des maisons, et puis, en toute hâte, rédigent les testaments dans les jardins, sur les bords des rues, à l'angle de la place ; souvent il n'y a pas de témoins pour les signer. Parmi les apothicaires appelés pour désinfecter les maisons, quelques-uns cèdent à la panique et se retirent de la ville. Les consuls, de leur côté, prennent la fuite, et un arrêt du parlement de Toulouse, en date du mois de mars 1632, leur enjoint de rentrer à Tournay et de pourvoir à l'entretien des pauvres atteints de la maladie.

Le 22 février de la dite année, un consul de Bagnères fut chargé par le Conseil de s'informer des progrès de la peste à Tournay et d'offrir aux habitants de cette ville les secours dont ils pourraient avoir besoin. Il est à présumer qu'un nouveau fléau s'y abattit 21 ans plus tard. Le 6 août 1653, les consuls de Tournay écrivent à ceux de Bagnères. Ils leur font savoir que la peste fait son apparition dans certaines localités voisines de leur ville, que par précaution ils ont interdit leurs marchés jusqu'au premier mardi de septembre. Les consuls de Bagnères répondent "nous apprenons que par un bruit confus qu'il y a quelque maladie contagieuse dans cette ville... Quand Dieu nous affligerait de ce fléau, nous vous supplions de vouloir recevoir à gré l'offre que nous vous faisons de nos assistances, de nos personnes ou de nos commodités/"

En 1774, il y eut aussi une grande mortalité d'enfants à Tournay.

Cette ville a donné le jour au docteur Lordat (1775-1870), professeur et doyen de la Faculté de Montpellier, auteur de plusieurs ouvrages classiques, et au Général Dupouey, Chevalier des ordres de Saint-Louis et de Saint-Ferdinand et Commandeur de la Légion d'Honneur, qui fut dans ses débuts aide-de-camp du Général de Béthisy et prit part aux guerres et batailles du Premier Empire ; devenu officier supérieur, il remplit pendant plusieurs années comme lieutenant-colonel, puis comme colonel, les fonctions de Chef d'État-Major de la 20e division militaire à Périgueux, de la 7e division à Lyon et de la 1e division à Paris ; nommé maréchal-de-camp peu de jours avant les journées de 1848, il fut chargé le 21 février, la veille du banquet, du commandement d'une des brigades organisées pour la défense de la capitale et du trône de Louis-Philippe ; il reçut, quelques jours plus tard, celui de la subdivision du Jura ; appelé à l'École Militaire, il prit le commandement, il eut un instant sous ses ordres, notamment au 15 mai, toutes les troupes de Paris réunies au Champ-de-Mars, à Saint-Denis et à Vincennes, et fut enfin élevé au poste éminant de Commandant du département de la Seine et de la Place de Paris.





Notes

[1] Sources : Gallica.bnf.fr
Bibliothèque Nationale de France
En cournè det houéc
Journal des cours d'adultes
du département des Hautes-Pyrénées
Édité par la Société bigourdane d'entr'aide pédagogique
Auteur du texte - 1925.



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© Marie-Pierre MANET








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