Notre-Dame de Garaison et le Protestantisme. [1]



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Ruines que le Protestantisme entasse dans le Midi [1]


[...] Le Midi supporta sa large part dans toutes ces horreurs, et le nom de la reine Jeanne conserve encore sa légendaire terreur parmi nous.

A force d'appeler de Genève tous les ministres calvinistes, de s'entourer de tous ces exotiques, de n'agir que par leurs conseils et de violer contre les catholiques tous les fors du Béarn, le reine Jeanne d'Albret attira sur son pays les censures du Souverain Pontife et les armes du roi de France. Pour replacer le Béarn sous le joug, elle fit choix d'un véritable homme de guerre, Gabriel de Lorges, comte de Montgomery [...]

Montgomery part de Castres le 27 juillet 1569 [...] saccage Montréal de Rivière (Montréjeau), se jette brusquement dans la lande comtale où il échappe à la surveillance dont il était l'objet, pille et brûle Lannemezan, met tout sur son passage à feu et à sang, tombe sur le Béarn quand on le croyait encore en Languedoc, remet le pays sous le joug, revient en Bigorre qu'il brûle, pille et saccage de nouveau, et laisse tous les chemins qu'il parcourt rouge de sang français, sous la fumée des décombres.

Montgomery sema le trouble et s'illustra par une grande cruauté : massacre des prêtres et des religieux d'Orthez qu'il mit mener sur le pont de cette ville et précipiter dans le Gave par une ouverture qui a longtemps gardé le nom de fenêtre des curés ; par l'incendie de cent dix églises, des reliquaires, des statues et des tableaux, des documents les plus précieux. Ses soldats renversaient les autels, emportaient les calices, les ornements, les objets d'art et dégradaient ce qu'ils m'emportaient pas.

Le mal que Montgomery n'avait pas eu le temps de commettre, les chefs de bande le multiplièrent après lui.

" Le 10 Mars 1573, avant le lever du soleil, le capitaine Lafont se présente devant les murs de l'Abbaye et de la ville de St-Sever de Rustan et demande de traverser la ville, sous prétexte d'aller rejoindre les armées royales. les gardes, qui le connaissaient, ouvrent la porte sans défiance : ils sont aussitôt tués à coups de pistolet. A ce signal, Lizier, caché dans un bois voisin avec ses troupes, accourt et se précipite dans les rues, en criant : " Tuez tout ! tuez tout ! " Les habitants, surpris dans leur sommeil, sont massacrés avec les Religieux ; l'Abbaye et toutes les maisons sont pillées et puis livrées aux flammes. "

Tournay était de nouveau pris, pillé, ruiné en mai 1587, par le sieur de Ste Colombe, et obligé de se racheter, le 1er septembre suivant, pour huit mille livres.

[...] Maîtres du Béarn et du comté de Foix, ils s'emparèrent du château de Mauvezin qui assurait les communications entre les deux pays, et y mirent comme gouverneur un homme sûr et hardi, le baron de Sus.

" [...]Les compagnies se croisent, se combattent. Il est difficile de discerner celles qui viennent en ennemies, et celles qui arrivent en amies, mais toutes pressurent le pays les unes après les autres ; et les incendies sont le couronnement de ces guerres... Il ne reste aux pauvres gens que prendre le chemin et baston et s'en aller au pain quérant. "

[...] Notre-Dame de Garaison n'avait encore reçu aucune atteinte, et néanmoins bien des abus qui se commettaient dans sa chapelle et dont nous aurons à parler bientôt, semblaient devoir attirer le châtiment.

Le châtiment arriva.

Le capitaine Antoine-Gabriel de Sus, calviniste et zélé partisan d'Henri de Navarre, fut un des chefs de bande les plus actifs et les plus redoutables de cette malheureuse époque. [...] Le 22 avril 1586, il paraissait à l'improviste devant Saint-bertrand de Comminges et s'en emparait ; assiégé les catholiques que l'évêque Urbain de St Gélas menait à l'assaut, il ne rendit sa conquête qu'après une résistance de quarante huit jours.... Un autre jour, iil se rend maître de Puymaurin.[...]

" La chapelle fut abandonnée après le premiers troubles... "

Molinier explique " Du temps des troubles de la Ligue, un hérétique de la maison de Sus, en Biscaye, ayant fait mille ravages en Coaserans, en Comminges, dans le Magnoac, et dans toute la Gascogne, vint à Garaison et surprit la chapelle avec une compagnie de soldats. Il pilla tout ce qu'il put rencontrer et se saisit de l'image de la Vierge, croyant qu'elle fût d'argent ou de quelque matière précieuse ; mais voyant qu'elle était en bois, il s'avisa d'en faire le jouet de son impiété et de la profaner avec scandale. Il crut ne pouvoir mieux réussir qu'en la jetant au milieu d'un grand feu, capable de fondre le métal. Ô merveille qu'on ne saurait assez admirer ! Le bois de cette statue, devenu plus dur que le fer et le marbre, ne reçut aucun dommage de l'action des flammes. On eût dit que le feu, devenu intelligent, respectait la sacrée relique et oubliait sa propriété essentielle, pour ne pas seconder le dessein sacrilège de l'ennemi de Dieu... L'hérétique, aidé par les ministres de sa fureur, employa, pendant deux heures et davantage, tous ses soins et toute son industrie à réduire en cendres la sainte image ; Dieu voulut que tous ses efforts demeurassent impuissants : il fut obligé de se retirer, couvert de honte et de confusion. Les catholiques s'approchèrent aussitôt du feu et trouvèrent la statue intacte au milieu d'un grand brasier. Ils l'en tirèrent avec respect et glorifièrent la Sainte Vierge, par une joie publique et universelle, de la victoire qu'elle venait de remporter sur ce suppôt de Satan... " [...]




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Notes

[1] Sources : Gallica.bnf.fr - Bibliothèque Nationale de France
Note-Dame de Garaison depuis les apparitions jusqu'à la révolution française (1500-1792) - P. Bordedebat - Imprimerie de la Grotte - 1901 - Lourdes.

[2] On a retrouvé les fondations de cette première chapelle dans la cour du Nord, dite des acacias ou de Sainte Germaine.



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© Marie-Pierre MANET








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