L'histoire de la Bigorre
dans le département 65
ou Hautes-Pyrénées


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La Bigorre...

On assimile improprement la Bigorre (en gascon Bigorra) au département des Hautes-Pyrénées alors que celle-ci ne représente que 70% de son territoire soit une vaste partie Ouest du territoire. Ses frontières sont définies à l'époque de Charlemagne. Elle est alors un comté constitutif du duché de Gascogne.


Ses limites :

L'historien Guillaume Mauran nous en décrit les limites :

"Sa plus grande étendue est depuis le lieu de la Réole (1) jusques à l'hopital de Gavarnie, sur le sommet des montagnes, et dans cet intervalle sa longueur est de 14 lieues. La largeur peut-être prise de Montrastruc (2) jusqu'au lieu de Luquet (3) contenant six grandes lieues. Ailleurs, elle est plus serrée, principalement du côté du septentrion où à peine se trouve qu'elle aye deux lieues de large. Ses limites sont du côté d'orient : la vallée d'Aure, le vicomté de Nébouzan, la terre de Rivière-Verdun et le comté de Pardiac ; du midi, elle tient aux montagnes d'Aragon ; d'occident, à la province de Béarn et, de septentrion, à la terre de Rivière-Basse".

La Bigorre s'étend à partir de la partie centrale de la chaîne des Pyrénées et au Nord dans l'axe des cours supérieurs du Gave de Pau et de l' Adour. C'est une région montagneuse ayant pour frontière l'Espagne et dont le plus haut point culmine au pic du Vignemale à 3298 mètres.


Les invasions :

Selon Pline, la Bigorre doit son nom au peuple antique des Bigorrais, Bigerri ou Bigerrones qui, à l'époque de la conquête romaine, habitait Tarbes et sa région. Ce peuple avait alors un château-fort désigné sous l'appellation de Bigorre (" Turba ubi castrum Bigorre") par les notices de l'empire. Les Bigorrais font partie de l'un de ces peuples d'aquitaine qui ont été soumis par Crassus, lieutenant de César.

On retrouve certaines traces militaires romaines dans certains noms de villes telles que : Juillan dont le nom viendrait de Campus Juillanus, lieutenant qui aurait servi la légion romaine où la piste nous dirige vers Pouzac à travers ce que l'on décrit comme le camp de César. Les Romains tirent un grand profit des sources minérales qu'ils rencontrent en abondance et des eaux thermales qu'ils appréciaient particulièrement ; Bagnères-de-Bigorre dont le nom romain était "vicus aquensis".

Certains auteurs situent la capitale Bigarra, à vingt-cinq kilomètres au sud-ouest de Tarbes, à probablement Cieutat, appelé autrefois Cieutat de Navarest. C'est vers l'an 407 que la siège épiscopal est transféré à Tarbes après la ruine de Cieutat par les Vandales (Saint Faust, premier évêque de Tarbes).

Les Romains font place aux Wisigoths,venus d'Italie, qui ne restent que seulement durant un siècle, et sont refoulés en Espagne à la bataille de Vouillé en 507 (le canal de L'Alaric arrosant la plaine de l' Adour de Pouzac à Riscle, du nom d'Alaric II roi des Wisigoths 484-507, atteste de leur présence).... puis leur succède les Francs.


Le comté de Bigorre :

Au début du IX ème siècle, le comté de Bigorre est constitué par le duc de Gascogne, Loup Centulle, pour son fils, Donat Loup (+ v.820) qui épouse Faquilène laquelle est supposée lui avoir apportée la plus grande partie de ses terres.

Cependant cette principauté est amoindrie par les générosités de ses premiers comtes : le comté de Bigorre qui revient à Raymond Dat (+ v. 947) passe successivement au XI dans la maison de Foix puis dans celle du Béarn, de Marsan au XII ème siècle, du Comminges et de Montfort au XIII ème siècle. Puis le roi d'Aragon force le comte de Comminges à y renoncer pour le donner au vicomte de Béarn. Plus tard, Simon IV de Montfort fait annuler le mariage de Nuno Sanchez avec la comtesse Pétronille pour la donner en mariage à son fils Guy. A partir de ce moment-là va s'en suivre une crise de succession dont Pétronille de Comminges, héritière de la Bigorre par sa mère, en est le principal acteur.

Pétronille de Comminges, mariée à Guy de Montfort, frère de Simon de Montfort, comte de Leicester, qui prétend à l'héritage de son frère Guy et à qui Pétronille a confié la garde de la Bigorre pendant la minorité de son petit-fils Esquivat. La maison de Montfort se divise donc à la mort de Pétronille entre les partisans d'Esquivat, et ceux du roi de Navarre Thibaut II.

Esquivat l'emporte, mais à sa mort en 1283 le roi d'Angleterre assume la garde du comté en tant que suzerain. La sœur d'Esquivat, Loré, mariée à Raymond VI de Turenne, fait alors un procès dont le principal résultat est que le roi de France séquestre le comté et l'attribue à sa femme, la reine Jeanne de Navarre, héritière de Thibaut II. Jeanne donne la Bigorre à son troisième fils, le futur Charles IV, qui l'unit au domaine royal à son avènement en 1322.

Donnée un temps au comte d'Armagnac Jean 1 er, la Bigorre est cédée par le roi de France à Édouard III par le traité de Brétigny le 8 mai 1360.

Elle est reconquise par Charles V entre 1369 et 1373.

Les Espagnols, en 1374 vinrent ravager le pays de l' Adour.


Les routiers :

Formés en Compagnies, professionnels de la guerre, ils apparaissent et sèment une véritable terreur durant la guerre de cent ans.

Suivant le dictionnaire Jean Larcher - Tome IV :

"A Lourdes, Pierre-Arnaud de Béarn et son frère Jean de Béarn furent reconnus : "Castelain et cappitaine de Lourdes et régent du pays de Bigorre", en 1363 par le Prince Noir ; de cette date, ils prétendront désormais tenir la place au nom du roi d'Angleterre. En fait, ce fut sous la protection de moins en mois déguisée de Gaston Fébus, à partir de 1367-1368 que les brigands terrorisèrent le Toulousain, l'Albigeois et même la Catalogne. Fief de Roger-Bernard de Castelbon, seigneur de Sault de Navailles et cousin de Gaston Fébus, le commandement effectif de Mauvezin fut confié à Raymond l'Aspois (le seul mentionné par Froissart sous le nom de Raymonnet de l'Espée) et à Sansonet de Baleix. Ces deux places contrôlaient étroitement la route Tarbes-Toulouse. Lourdes devint "maison mère" sur laquelle se repliaient les routiers en difficultés. En 1385, les commandants des places de Juillan et d'Ost se replient sur Lourdes. Les Compagnons, pour mieux se rapprocher de leur zone opérationnelle, occupèrent des points d'appui temporaires de plus en plus rapprochés de Lourdes, sous la pression française. Lutilhou et Tuzaguet, aux frontières du Nébouzan, étaient occupés en 1373 ; Juillan, Cieutat, Navarret et Ost étaient aux mains de Lourdais en 1385. Longtemps, ils utilisèrent la petite cité de Tournay comme centre de recel. Ni le Duc d'Anjou, en 1373, ni Gaucher de Passac, en 1385, ne purent venir à bout de Lourdes qui continua à servir de base de repli. Cependant, après 1373, les Compagnons perdirent la majorité de leurs bases avancées : Mauvezin, Tournay, Lutilhous, Tuzaguet ; ils ne tenaient plus que les approches immédiates de la montagne. Tout se passa comme si Gaston Fébus avait pris leur relève et officialisé ainsi la mainmise sur la route Tarbes-Toulouse. Les routiers, avaient frayé la voie au Comte de Foix qui n'en eut, d'ailleurs, pas plus reconnaissance que cela".

C'est en 1425 que la Bigorre passe définitivement au comte de Foix, Jean II d'Armagnac.

Avant la révolution, la Bigorre est un pays d'états bénéficiant de divers privilèges.(voir les droits anciens dans le comté de Bigorre).


Création du département Hautes-Pyrénées :

Le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, le département des Hautes-Pyrénées est créé en englobant les territoires riverains. A ce sujet, Bertrand Barrère ajoute :

"Si ce pays, le Bigorre, est trop petit pour former un département, il convient de l'agrandir. Mais il serait très inique de n'en faire que des districts dépendant d'une ville étrangère ; ce serait un meurtre politique que de faire de tarbes le misérable chef-lieu d'un district".

Ce petit département possède deux enclaves dans le département voisin des Pyrénées-Atlantique qui sont une survivance du Moyen-Âge.


Ses vallées :

Elle est souvent dépeinte par un ensemble de mutiples vallées. Au centre, la vallée de Campan avec ses vallées attenantes, soit la vallée de Payolle, de Gripp et de Lesponne, viennent en prolongement de la vallée de L' Adour s'étendant plus au Nord. Cette dernière parcourt la Bigorre d'Aire-sur-Adour en passant par Tarbes et Bagnères-de-Bigorre. Plus à l'est, au sud du plateau de Lannemezan et sur les piémonts encadrant Bagnères-de-Bigorre, le relief des Baronnies vient s'intercaler entre la vallée de l'Adour et celle de la Neste à laquelle vient d'adjoindre les vallées d'Aure, de Barousse et de Magnoac. L'ensemble de ces quatre vallées jouissent d'une certaine indépendance jusqu'au XVIII ème siècle. Au sud-Ouest de ce territoire, on trouve la réserve du Néouvielle et le massif du même nom. Plus à l'ouest encore, s'établit la vallée du Gave de Pau avec en son sein Lourdes et en amont de celle-ci le Lavedan.


Les principales villes :

La principale ville et capitale historique est Tarbes. La ville mariale, la plus célèbre du monde est Lourdes. Puis viennent les villes connues pour leur thermes et casinos comme Bagnères-de-Bigorre et Argelès-Gazost.


De nos jours :

Le tourisme est la principale source d'économie qui s'est développée autour de Lourdes et des stations de ski telle la station du Tourmalet, le cirque de Gavarnie de réputation mondiale et l'observatoire du Pic du Midi, haut lieu de l'astronomie et de la cosmologie.




(© Marie-Pierre Manet)






[La Bigorre]
[Les épidémies en Bigorre]
[Les droits anciens dans le comté de Bigorre]
[Généralités sur les Communes]
[Sommaire]



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devenue Hautes-Pyrénées
département 65.
© Marie-Pierre MANET





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