Les routiers pyrénéens
Hautes-Pyrénées
département 65.

(Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)



00036426
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Par les dimensions qu'elle prit, aussi bien dans l'espace que dans le temps, la Guerre de Cent Ans révéla très rapidement les lacunes du système militaire féodal. L'ost n'était en rien une formation durable et il était difficile de l'entraîner dans de lointaines expéditions. L'extension du conflit fit sentir la nécessité d'un corps de soldats de métier ; d'autre part, en s'éternisant, la guerre jetait hors de chez eux des masses d'hommes disponibles pour l'aventure.

Formés en Compagnies, ou Routes, ces professionnels de la guerre furent bientôt tristement connus sous le nom de "Routiers". Avec les pestes endémiques, les routiers furent les fléaux de la première moitié du conflit franco-anglais. L'étude que nous proposons pour le Piémont pyrénéen (entre Foix et Bayonne) repose exclusivement sur le texte des Chroniques de Froissart. Le voyage qu'il accomplit en 1388, à la Cour d'Orthez, lui permit d'appréhender directement le pays et les hommes. Amoureux des belles "apertises d'armes", comment Froissart aurait-il pu rester insensible au train de grand seigneur que menait le Bascot de Mauléon à l'hôtel de la lune ? On ne raconte guère dans les Chroniques l'écho des malédictions des vilains ni celui de la détresse des villes et des campagnes.

Malgré toutes ces lacunes, celles de la Chronique ne sont pas les moindres ; Froissart a bien montré ce qui caractérise au fond "ce siècle sous les armes" ; l'insécurité matérielle permanente, le désarroi des consciences et de la société. De ces traits fondamentaux, les routiers pyrénéens sont peut-être la meilleure illustration.

Théâtre de guerre secondaire, pays aux ressources médiocres, le piémont loin des fracas des grandes batailles put se croire longtemps à l'abri de la guerre et de ses maux. De fait, cette zone fut, avant tout, un lieu de passage, une frontière pressée de toute part par d'inquiétants voisins : Castillans et Navarrais, Anglais d'Aquitaine, Français du Languedoc. Tant que la puissance anglaise en Aquitaine demeura incontestée, le piémont fut à l'abri des routiers jusqu'au 23 septembre 1366, on peut admettre que la Garonne servit de frontières aux exploits des routiers. Froissart témoigne de cette immunité : "...toutefois ils n'osoient conserver en Acquitainnes, la terre dou prince, ne on ne les y revist mies souffers".




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© Marie-Pierre MANET








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